Le régime iranien a exécuté mardi 22 avril 2026 un opposant politique, Amirali Mirjafari, accusé d’avoir incendié une mosquée de Téhéran et d’avoir collaboré avec Israël et les États-Unis, comme l’a confirmé le pouvoir judiciaire iranien via son agence de presse Mizan.

Mirjafari, présenté comme « l’un des éléments armés collaborant avec l’ennemi qui avait tenté d’incendier la grande mosquée de Gholhak et qui était le chef de l’anti-sécurité du réseau Mossad », a été pendu à l’aube, selon les déclarations officielles rapportées par Mizan.

Ce qu'il faut retenir

  • Un opposant exécuté : Amirali Mirjafari, reconnu coupable d’avoir incendié une mosquée et collaboré avec Israël et les États-Unis, a été pendu le 22 avril 2026.
  • Accusations précises : Il aurait participé aux manifestations de janvier 2026, endommagé des biens publics et provoqué des incendies à l’aide de bouteilles incendiaires.
  • Contexte explosif : Son exécution intervient dans un contexte de guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, déclenchée le 28 février 2026.
  • Vague d’exécutions : En janvier 2026, au moins 100 personnes ont été exécutées, selon un rapport de l’ONU publié le 9 mars 2026.
  • Cessez-le-feu fragile : Un fragile accord de deux semaines, entré en vigueur le 8 avril, doit expirer dans la nuit du 23 avril 2026.

Un procès et une condamnation rapides

Mirjafari a été arrêté après les manifestations de janvier 2026, qui ont débuté fin décembre 2025 contre la hausse du coût de la vie avant de se transformer en un mouvement de contestation national. Selon les autorités, il a reconnu sa participation aux troubles, notamment en incendiant des biens publics avec des cocktails Molotov.

Sa condamnation a été confirmée par la Cour suprême, et il a été exécuté dès que la sentence a été prononcée, sans délai. Les groupes de défense des droits de l’homme contestent cependant la légitimité de ces aveux, souvent obtenus sous la contrainte, une pratique régulièrement dénoncée par des organisations comme Amnesty International.

Une répression judiciaire qui s’accélère

Les exécutions se multiplient en Iran depuis le début de la guerre. D’après la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran, Mai Sato, au moins 100 exécutions ont été recensées en janvier 2026, un chiffre qui illustre l’intensification des peines capitales.

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à une application plus rapide des sentences, qualifiant la situation de « guerre à grande échelle » contre le pays. Il a notamment insisté sur la nécessité d’appliquer des peines comme la confiscation des biens ou l’exécution pour les opposants et les personnes accusées de collaboration avec des puissances étrangères.

Ces déclarations interviennent alors que l’Iran est engagé dans un conflit ouvert avec Israël et les États-Unis, un conflit qui a débuté fin février 2026 et qui connaît une pause temporaire depuis le 8 avril, avec un cessez-le-feu de deux semaines expirant dans la nuit du 23 avril.

Les contradictions des annonces officielles

Les autorités iraniennes ont affirmé que des centaines d’exécutions avaient été annulées ou reportées en janvier 2026, un chiffre repris par le président américain Donald Trump et l’administration de la Maison-Blanche. Cependant, ces allégations n’ont pas été corroborées par des sources indépendantes.

Les organisations de défense des droits de l’homme, comme Amnesty International, ont également signalé une accélération des exécutions de prisonniers politiques depuis le début du conflit. Elles craignent que d’autres condamnations à mort ne soient exécutées rapidement, notamment celle de Bita Hemmati, une manifestante accusée d’avoir participé aux troubles de janvier et qui serait la première femme condamnée à la peine capitale dans ce contexte.

Un climat de surveillance et de répression renforcée

La répression s’accompagne d’une restriction accrue des libertés. Depuis le début des manifestations, les autorités iraniennes ont maintenu une fermeture quasi permanente d’Internet, limitant drastiquement les communications et l’accès à l’information. Cette mesure a été utilisée pour justifier une accélération des procédures judiciaires et des exécutions.

Les groupes de défense des droits de l’homme redoutent une escalade de la violence d’État, alors que le cessez-le-feu entre l’Iran et ses adversaires est menacé d’expiration. Les observateurs s’attendent à une intensification des tensions dans les prochains jours, surtout si aucun accord durable n’est trouvé pour prolonger la trêve.

Et maintenant ?

Si le cessez-le-feu expire dans la nuit du 23 avril 2026 sans renouvellement, les combats pourraient reprendre, risquant d’aggraver la crise humanitaire et d’accélérer encore les exécutions politiques. Les organisations de défense des droits de l’homme appellent à une pression internationale pour faire cesser ces pratiques, tandis que les autorités iraniennes maintiennent leur ligne répressive. La situation reste donc extrêmement volatile, avec des conséquences potentielles sur l’ensemble de la région.

Dans ce contexte, les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’évolution de la répression en Iran et l’impact du conflit sur les droits humains.

Selon les autorités iraniennes, Mirjafari a avoué avoir participé aux incendies criminels et aux destructions lors des manifestations de janvier 2026. Cependant, ces aveux sont contestés par les organisations de défense des droits de l’homme, qui estiment qu’ils pourraient avoir été obtenus sous la contrainte.

Le régime iranien justifie cette accélération par la nécessité de lutter contre ce qu’il qualifie de « guerre à grande échelle » menée par Israël et les États-Unis. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à une application plus rapide des peines capitales et autres sanctions.