Depuis le début de l’année 2026, la République islamique d’Iran multiplie les exécutions de masse à l’encontre des contestataires, selon les données compilées par des ONG et relayées par des médias internationaux. Chaque jour, les noms de plusieurs détenus exécutés sont dévoilés sur les réseaux sociaux, confirmant une intensification sans précédent de la répression politique. D’après le Centre Abdorrahman Boroumand, spécialisé dans la documentation des violations des droits humains en Iran, plus de 1 000 exécutions auraient été recensées depuis le 1er janvier 2026. Un bilan qui, selon l’organisation, est probablement sous-estimé en raison de la coupure prolongée d’Internet imposée par les autorités, laquelle a duré près de trois mois.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 1 000 exécutions recensées depuis janvier 2026, selon le Centre Abdorrahman Boroumand.
  • La répression s’accompagne d’une coupure d’Internet de près de trois mois, limitant la diffusion des informations.
  • Les avocats défendant les droits humains sont de plus en plus ciblés par le régime iranien.
  • Les condamnations à mort concernent majoritairement des contestataires arrêtés lors des manifestations récentes.
  • Les ONG dénoncent une escalade de la violence d’État pour étouffer toute opposition.

Une répression systématique contre les opposants

Les chiffres révélés par le Centre Abdorrahman Boroumand — une organisation non gouvernementale basée aux États-Unis — dessinent le visage d’une répression d’une ampleur inédite. Depuis le début de l’année, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions massives, ciblant principalement les manifestants arrêtés lors des vagues de contestation qui secouent le pays depuis 2022. Les condamnations à mort sont souvent prononcées après des procès expéditifs, où les droits de la défense sont systématiquement bafoués. «

Les exécutions se multiplient, et les familles des victimes sont réduites au silence par la peur et l’isolement forcé,
» a déclaré un porte-parole de l’ONG, cité par RFI.

Les avocats des droits humains dans le viseur du régime

Parallèlement à cette vague d’exécutions, le régime iranien durcit son offensive contre les défenseurs des droits humains, notamment les avocats. Ces derniers, qui tentent de représenter les contestataires devant les tribunaux, sont de plus en plus exposés à des pressions, des arrestations arbitraires, voire des condamnations. Certains ont été contraints à l’exil, tandis que d’autres continuent de travailler dans la clandestinité, malgré les risques encourus. «

Chaque jour, nous recevons des appels à l’aide de collègues qui craignent pour leur sécurité,
» a expliqué un avocat iranien sous couvert d’anonymat. «
Le régime veut nous réduire au silence pour empêcher toute défense des droits fondamentaux.
»

Un contexte de censure et d’isolement

La coupure prolongée d’Internet, qui a duré près de trois mois en 2026, a joué un rôle clé dans l’étouffement des informations. Sans accès au réseau, les familles des victimes et les militants n’ont pu alerter l’opinion publique ou documenter les exactions commises par les forces de sécurité. Selon des observateurs, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à empêcher toute coordination entre les opposants et à limiter la couverture médiatique des événements. RFI rappelle que l’Iran figure régulièrement parmi les pays les plus répressifs au monde en matière de libertés numériques, selon les rapports annuels de Reporters sans frontières.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle de la répression. Plusieurs ONG internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont appelé à une mobilisation urgente de la communauté internationale pour faire pression sur Téhéran. Une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est prévue en septembre 2026, où la situation en Iran devrait figurer à l’ordre du jour. Par ailleurs, les réseaux sociaux, malgré la censure, restent un espace de résistance où des informations continuent de circuler, bien que de manière fragmentée. La capacité des avocats à poursuivre leur travail dans la clandestinité pourrait, à moyen terme, influencer l’évolution de la crise.

Dans l’immédiat, la question reste entière : jusqu’où le régime iranien est-il prêt à aller pour écraser toute velléité de contestation ? Et comment la communauté internationale compte-t-elle réagir face à cette escalade de violence d’État ? Autant de réponses qui, pour l’heure, restent incertaines.

Selon l’organisation, la coupure prolongée d’Internet en Iran a empêché la diffusion de nombreuses informations. Les exécutions et arrestations, non relayées en temps réel, rendent le décompte exact des victimes difficile, voire impossible dans certaines régions.

Plusieurs organisations, dont Amnesty International et Human Rights Watch, préparent des rapports détaillés pour la session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en septembre 2026. Elles appellent également à des sanctions ciblées contre les responsables des violations des droits humains en Iran.