Un responsable iranien des Gardiens de la révolution a prévenu mercredi que son pays « transformerait la zone allant de Chabahar à Mahshahr en cimetière pour les agresseurs » si les États-Unis reprenaient leurs opérations militaires dans la région. Cette déclaration, rapportée par Euronews FR, intervient alors que les négociations entre Téhéran et Washington sur un accord préliminaire semblent plus proches d’aboutir que jamais depuis le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Un haut responsable des Gardiens de la révolution iranienne a menacé, mercredi 27 mai 2026, de faire de la côte iranienne « un cimetière » en cas de reprise des frappes américaines.
  • Mohammad Akbarzadeh, responsable politique de la marine des CGRI, a affirmé que les forces armées étaient en état de préparation maximale et que les États-Unis avaient subi une « défaite stratégique » autour du détroit d’Ormuz.
  • Les négociations entre l’Iran et les États-Unis sur un accord préliminaire progressent, mais les questions du contrôle du détroit et du programme nucléaire restent bloquées.
  • Un responsable du Pentagone a estimé que le blocus naval américain avait privé l’Iran d’environ 5 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis son entrée en vigueur.
  • Téhéran et Oman mènent des discussions séparées sur une nouvelle procédure de passage des navires dans le détroit d’Ormuz.

Une menace claire en cas de reprise des hostilités

Dans un discours rapporté par l’agence Tasnim, Mohammad Akbarzadeh, responsable politique de la marine des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), a livré un avertissement sans ambiguïté. « Aujourd’hui, nos combattants portent au fond d’eux le désir d’en découdre au corps à corps avec l’ennemi », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si les États-Unis reprennent leurs frappes, la zone allant de Chabahar à Mahshahr deviendra un cimetière pour les agresseurs. » Ces deux ports, situés aux extrémités de la façade maritime iranienne longue de quelque 1 500 kilomètres, encadrent le détroit d’Ormuz, une artère stratégique pour le commerce mondial.

Akbarzadeh a également assuré que les forces armées iraniennes étaient « en état de préparation maximale », tout en minimisant le risque d’une reprise du conflit. Selon lui, cette hypothèse est peu probable en raison de ce qu’il qualifie de « faiblesse » du camp adverse. « Les Américains pensent pouvoir parler à la République islamique sur le registre de la force, mais il semble qu’ils n’aient toujours pas compris qu’on ne parle pas aux Iraniens sur le registre des menaces », a-t-il souligné.

Le détroit d’Ormuz, symbole d’une défaite stratégique américaine ?

Le responsable iranien n’a pas manqué de rappeler, dans ses déclarations, la capacité de Téhéran à fermer le détroit d’Ormuz, une menace qu’il présente comme une réalité. « Ils prétendaient pouvoir rouvrir le détroit d’Ormuz, mais après la fermeture de cette voie maritime, même avec toute leur puissance, ils n’ont rien pu accomplir », a-t-il affirmé. Cette fermeture, effective depuis plusieurs mois, a eu des répercussions économiques majeures pour l’Iran, dont les exportations pétrolières ont été fortement affectées.

Un responsable du Pentagone, cité par Euronews FR, a d’ailleurs confirmé l’impact du blocus naval américain. Selon lui, cette mesure a amputé les revenus pétroliers de l’Iran d’environ 5 milliards de dollars (soit 4,3 milliards d’euros) depuis son instauration. Une estimation qui illustre l’efficacité des sanctions imposées par Washington pour contraindre Téhéran à négocier.

Négociations en cours : des avancées, mais des blocages persistants

Malgré ces tensions persistantes, les discussions entre l’Iran et les États-Unis sur un accord préliminaire ont connu une accélération ces dernières semaines. Ali Bagheri Kani, secrétaire adjoint du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, a indiqué depuis Moscou, où il participait à une conférence sur la sécurité, que les deux camps n’étaient « pas encore parvenus à un accord sur la levée du blocus ». Il a précisé, lors d’une conférence de presse, que les stocks d’uranium enrichi de Téhéran ne figuraient pas à l’ordre du jour des pourparlers.

Parallèlement, l’Iran et Oman mènent des négociations séparées pour établir une nouvelle procédure de passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Ces discussions, encore en cours, pourraient permettre de désamorcer une partie des tensions autour de cette zone hautement stratégique. Cependant, aucun calendrier précis n’a été dévoilé à ce stade, et les deux parties maintiennent des positions fermes sur les questions en suspens.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement de la capacité des deux camps à trouver un compromis sur les dossiers épineux que sont le contrôle du détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien. Une réunion technique est prévue d’ici la fin du mois de juin à Vienne, où les délégations iranienne et américaine pourraient tenter de finaliser les termes d’un accord préliminaire. Si aucun compromis n’est trouvé, le risque d’une reprise des hostilités, bien que jugé faible par Téhéran, ne pourra être écarté. En coulisses, Oman continue de jouer un rôle de médiateur discret, mais essentiel, pour faciliter un éventuel accord.

Pour l’heure, les observateurs internationaux restent prudents. La situation, bien que moins explosive qu’au printemps 2025, reste sous haute tension. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les mots de menace échangés mercredi par les Gardiens de la révolution resteront sans suite, ou s’ils annoncent une nouvelle escalade.