Depuis une semaine, l'accès à Internet a été rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois. Pourtant, selon Libération, la situation reste loin d'une normalisation : le débit est extrêmement faible, les connexions instables et de nombreuses plateformes restent inaccessibles. Cette période de restriction prolongée a laissé des traces profondes, tant sur le plan technologique qu'économique, social et psychologique.

Ce qu'il faut retenir

  • L'accès à Internet en Iran reste instable et fortement restreint malgré la fin officielle du blocus numérique
  • Le débit est très faible, rendant toute utilisation professionnelle ou quotidienne difficile
  • Les limitations techniques persistent : filtres et restrictions bloquent toujours une grande partie des contenus
  • Les conséquences de cette coupure s'étendent à l'économie, la société et la santé mentale des Iraniens
  • Cette situation survient dans un contexte où la population était déjà fortement dépendante des outils numériques

Un retour à la normale qui n'en est pas un

Les autorités iraniennes avaient annoncé la levée du blocus numérique il y a sept jours. Pourtant, Libération constate que la réalité est bien différente : les utilisateurs font face à des connexions erratiques, avec des vitesses de téléchargement réduites à quelques kilobits par seconde. « Presque tout ce qui est utile reste filtré », déplorent de nombreux internautes. Les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie et certains sites d'information restent inaccessibles ou se chargent avec une lenteur extrême. D'après des témoignages recueillis par Libération, il est devenu courant de devoir recourir à des outils de contournement comme les VPN, malgré leur caractère illégal en Iran.

Des répercussions économiques et sociales majeures

Cette situation a paralysé une partie de l'économie iranienne, largement dépendante du numérique. Les entreprises, notamment les start-up et les commerces en ligne, ont subi des pertes colossales. Les banques et les services administratifs, qui avaient basculé vers le tout-digital pendant le blocus, peinent à rétablir un fonctionnement normal. Les particuliers, eux, subissent des difficultés quotidiennes : impossible pour beaucoup de travailler à distance, de suivre des cours en ligne ou simplement de communiquer avec l'étranger. « On a l'impression d'être dans un état de semi-liberté, où tout est possible mais rien ne fonctionne correctement », a témoigné un Tehranien sous couvert d'anonymat.

Un impact psychologique sous-estimé

Au-delà des aspects techniques et économiques, la coupure prolongée a laissé des séquelles psychologiques. Selon des psychologues iraniens interrogés par Libération, une partie de la population souffre d'un sentiment d'isolement et d'une anxiété accrue. L'incapacité à accéder à des informations fiables ou à communiquer librement a exacerbé le stress, notamment chez les jeunes et les professionnels. Certains spécialistes évoquent même des cas de dépression liés à cette privation numérique prolongée. « La santé mentale des Iraniens a été gravement affectée par cette période », a confirmé le Dr. Reza Mohammadi, psychiatre à Téhéran.

« On a l'impression d'être dans un état de semi-liberté, où tout est possible mais rien ne fonctionne correctement. »

Un Tehranien anonyme

Et maintenant ?

La situation pourrait évoluer dans les prochaines semaines, à condition que les autorités iraniennes assouplissent les restrictions techniques. Pour l'instant, aucun calendrier précis n'a été communiqué par le gouvernement. Les observateurs s'interrogent : cette « vraie-fausse liberté » est-elle une stratégie délibérée pour maintenir une forme de contrôle, ou une simple incapacité à rétablir pleinement les infrastructures ? Une chose est sûre : la population iranienne, habituée à une connectivité quasi permanente, attend des garanties concrètes sur la stabilité et l'ouverture du réseau.

Reste à voir si cette période de transition, marquée par des promesses non tenues, ne laissera pas place à une nouvelle forme de censure, plus insidieuse encore que le blocus total.

D'après Libération, les autorités iraniennes maintiennent des restrictions techniques et des filtres, malgré l'annonce de la levée du blocus. Les infrastructures, fragilisées par trois mois de coupure, peinent à supporter le trafic actuel. Certains observateurs évoquent aussi une stratégie délibérée pour limiter l'accès à certains contenus.