L’Irlande envisage de renforcer son arsenal législatif pour lutter contre le blanchiment d’argent via les cryptomonnaies. Selon Journal du Coin, Dublin souhaite aligner sa réglementation sur les standards européens les plus stricts, afin de combler les lacunes actuelles et de renforcer la transparence du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Irlande prépare un projet de loi pour durcir les règles anti-blanchiment dans le secteur des cryptomonnaies.
  • Cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives européennes, notamment la 6e directive LCB-FT (Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme).
  • Les plateformes d’échange et les prestataires de services en actifs numériques seront soumis à des obligations accrues de vigilance.
  • Les sanctions en cas de non-respect pourraient atteindre 5 millions d’euros ou 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise concernée.
  • Le texte devrait être présenté au Parlement irlandais d’ici la fin de l’année 2026.

Un cadre législatif en mutation face aux risques du secteur

Depuis plusieurs années, les autorités irlandaises surveillent de près l’évolution des cryptomonnaies. Avec l’essor des plateformes d’échange et l’augmentation des flux financiers en actifs numériques, les risques de blanchiment et de financement illicite se sont multipliés. Selon Journal du Coin, Dublin a identifié des failles dans son dispositif actuel, notamment en matière de traçabilité des transactions et d’identification des bénéficiaires effectifs.

La future loi s’inspire directement des recommandations du GAFI (Groupe d’action financière), qui insiste sur la nécessité d’une supervision renforcée des acteurs du secteur. Les prestataires devront notamment mettre en place des mécanismes de contrôle interne plus stricts et déclarer systématiquement les transactions suspectes aux autorités compétentes.

Des obligations élargies pour les acteurs du marché

Le projet de texte, encore en cours de finalisation, prévoit d’étendre les obligations de vigilance à l’ensemble des acteurs du marché irlandais. Cela inclut non seulement les plateformes d’échange, mais aussi les wallets custodial, les services de mixers et les émetteurs de stablecoins. Selon les informations rapportées par Journal du Coin, les entreprises devront également conserver les données des utilisateurs pendant une période minimale de cinq ans, afin de faciliter les enquêtes en cas de suspicion de blanchiment.

Une source proche du dossier, ayant requis l’anonymat, a précisé que « ces mesures visent à éviter que l’Irlande ne devienne une place de repli pour les acteurs malveillants ». Le gouvernement irlandais souhaite ainsi envoyer un signal fort aux investisseurs et aux régulateurs européens, en confirmant son engagement dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Des sanctions dissuasives pour garantir l’efficacité du dispositif

Pour garantir le respect des nouvelles règles, les autorités irlandaises ont prévu des sanctions financières lourdes. Les entreprises qui ne se conformeraient pas aux obligations de vigilance pourraient écoper d’amendes pouvant atteindre 5 millions d’euros, ou 10 % de leur chiffre d’affaires annuel, selon le montant le plus élevé. En cas de récidive ou de fraude avérée, les dirigeants pourraient également faire l’objet de poursuites pénales.

Ces dispositions s’alignent sur celles en vigueur dans d’autres pays européens, comme la France avec son régime de sanctions sous l’autorité de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Selon Journal du Coin, cette harmonisation des pratiques vise à éviter les distorsions de concurrence entre États membres et à renforcer l’efficacité globale de la lutte contre le blanchiment.

Et maintenant ?

Le projet de loi devrait être présenté au Parlement irlandais d’ici la fin de l’année 2026, avec une entrée en vigueur progressive prévue pour 2027. Les acteurs du secteur ont jusqu’à cette date pour se préparer aux nouvelles obligations, notamment en adaptant leurs infrastructures techniques et en renforçant leurs équipes de conformité. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer les risques liés aux cryptomonnaies, alors que le marché continue de se digitaliser rapidement.

Quoi qu’il en soit, cette initiative illustre la volonté de l’Irlande de jouer un rôle actif dans la régulation des actifs numériques en Europe, alors que les négociations sur le règlement MiCA II (Markets in Crypto-Assets) battent leur plein à Bruxelles.

Le projet de loi vise l’ensemble des prestataires de services en actifs numériques, incluant les plateformes d’échange, les wallets custodial, les services de mixers, les émetteurs de stablecoins et tout acteur facilitant des transactions en cryptomonnaies.

Le projet de loi devrait être présenté au Parlement irlandais d’ici la fin 2026, avec une mise en œuvre progressive prévue pour 2027.