Une étude récente menée par l’Université du Nouveau-Mexique met en lumière un risque potentiel associé à l’injection d’un produit avant certaines IRM. Selon Top Santé, ce produit pourrait, en présence d’une vitamine très répandue, générer des nanoparticules toxiques. Une découverte qui interroge sur la prise en charge des patients en France, alors que les radiologues français adaptent déjà leurs protocoles.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude de l’Université du Nouveau-Mexique révèle qu’un produit injecté avant certaines IRM pourrait se transformer en nanoparticules toxiques en présence d’une vitamine courante.
  • Les patients concernés en France sont ceux devant subir une IRM avec injection de gadolinium, un produit de contraste.
  • En France, l’ANSM et la Société française de radiologie ont déjà pris des mesures pour limiter l’exposition à ce risque.
  • Les nanoparticules en question pourraient, selon les chercheurs, endommager les cellules ou les tissus.

Une découverte issue d’une étude américaine

Publiée dans la revue scientifique ACS Nano, l’étude de l’Université du Nouveau-Mexique s’est penchée sur les interactions entre un produit de contraste à base de gadolinium et une vitamine très présente dans l’alimentation, la vitamine C. Les chercheurs ont observé que, dans certaines conditions, cette combinaison pouvait générer des nanoparticules toxiques. « Ces particules pourraient, en théorie, traverser les membranes cellulaires et provoquer des dommages », a expliqué le Dr Xiaojiang Tang, coauteur de l’étude, selon Top Santé.

Quels patients sont concernés en France ?

En France, ce sont principalement les patients devant subir une IRM avec injection de gadolinium qui pourraient être exposés à ce risque. Le gadolinium est un produit de contraste utilisé pour améliorer la qualité des images obtenues lors de certains examens d’imagerie médicale. Environ 1,5 million d’IRM avec gadolinium sont réalisées chaque année en France, selon les dernières estimations de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Ces examens concernent des pathologies variées, allant des troubles neurologiques aux cancers.

— Les patients souffrant de maladies rénales chroniques sont particulièrement surveillés, car leur organisme métabolise moins bien le gadolinium, ce qui pourrait augmenter le risque d’accumulation de nanoparticules.

Comment les radiologues français gèrent-ils ce risque ?

Dès la publication des premiers résultats de l’étude, les autorités sanitaires françaises ont réagi. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé que le gadolinium reste un produit de contraste autorisé et encadré. « Son utilisation est justifiée lorsque le bénéfice pour le patient dépasse les risques potentiels », a indiqué un porte-parole de l’ANSM à Top Santé. Par ailleurs, la Société française de radiologie (SFR) a adapté ses recommandations pour limiter l’exposition des patients.

Parmi les mesures mises en place :

  • La réduction systématique des doses de gadolinium injectées, en utilisant uniquement la quantité nécessaire à l’obtention d’images de qualité.
  • Le recours à des alternatives comme l’IRM sans contraste lorsque cela est possible, notamment pour les examens cérébraux ou musculo-squelettiques.
  • Un suivi plus strict des patients à risque, comme ceux souffrant d’insuffisance rénale.

Un risque réel ou une hypothèse à confirmer ?

Si l’étude américaine soulève des questions légitimes, les experts français appellent à la prudence. Le Pr Jean-François Meder, radiologue et membre de la SFR, a souligné que « les nanoparticules toxiques ne sont pas encore observées en pratique clinique ». Il ajoute : « Les mécanismes décrits dans l’étude sont théoriques, et leur traduction en risques réels pour les patients reste à démontrer. » Pour autant, les professionnels de santé s’accordent sur un point : la vigilance est de mise, d’autant que les nanoparticules sont un sujet de recherche en plein essor.

Et maintenant ?

L’ANSM et la SFR ont annoncé qu’elles suivraient de près les avancées scientifiques sur ce sujet. Une réunion de concertation est prévue pour le 15 mai 2026 afin d’évaluer l’opportunité de réviser les recommandations en vigueur. En attendant, les patients doivent continuer à suivre les conseils de leur médecin traitant ou radiologue, et ne pas reporter un examen d’IRM prescrit si celui-ci est jugé nécessaire. Le risque, s’il existe, reste très faible, et les bénéfices de l’IRM avec gadolinium en termes de diagnostic médical sont largement documentés.

Cette découverte rappelle une fois de plus l’importance de la recherche en imagerie médicale, où l’innovation doit toujours rimer avec sécurité. Elle interroge aussi sur la manière dont les risques émergents sont identifiés et gérés dans un système de santé en constante évolution.