Près d’une semaine après l’annonce d’un accord « historique » par le président américain Donald Trump concernant le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, les relations entre Washington et Jérusalem restent marquées par des divergences persistantes. Selon Courrier International, Israël a d’ores et déjà montré son désaccord en poursuivant des opérations militaires dans l’enclave palestinienne, en dépit des engagements pris dans le cadre du plan de paix américain.
Ce qu'il faut retenir
- L’accord du 30 juillet 2026 prévoit un arrêt des frappes israéliennes et un retrait progressif de Tsahal, qui occupe aujourd’hui près des deux tiers de Gaza, contre un peu plus de la moitié lors du cessez-le-feu d’octobre 2025.
- Malgré l’accord, Tsahal a mené une série de frappes deux jours après son annonce, faisant 19 morts.
- Benyamin Nétanyahou a publiquement critiqué le projet américain, affirmant qu’« Israël n’a pas accepté leur proposition » et que les forces israéliennes continueraient à agir pour se protéger.
- Le plan américain envisageait le déploiement d’une force de stabilisation internationale, une idée rejetée par Israël dès janvier 2026.
Un accord en demi-teinte après l’intervention de Donald Trump
Le 30 juillet 2026, Donald Trump a présenté un accord présenté comme « historique » pour le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza. Cet accord, accepté par le Hamas, prévoyait notamment un arrêt total des hostilités de la part d’Israël, ainsi qu’un retrait progressif des forces israéliennes de l’enclave. Pourtant, dès le 1er août, Tsahal a mené une série de frappes aériennes dans la bande de Gaza, faisant 19 morts selon les autorités locales. Ces opérations militaires ont immédiatement jeté une ombre sur l’application concrète de l’accord.
Le haut représentant pour Gaza du « Conseil de la paix », Nikolaï Mladenov, a tenté de clarifier la situation lors d’une rencontre avec Benyamin Nétanyahou le 3 août. Il a assuré que le retrait israélien au-delà de la « ligne jaune » – une frontière symbolique tracée lors des accords d’armistice – ne serait effectif qu’une fois le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza achevés. Une déclaration qui n’a pas suffi à apaiser les tensions.
Nétanyahou rejette le projet américain et maintient la pression militaire
Le 4 août 2026, Benyamin Nétanyahou a pris la parole dans une vidéo diffusée par plusieurs médias pour exprimer publiquement ses désaccords avec l’administration Trump. Il a notamment critiqué le projet américain, estimant que Washington « sous-estimait la difficulté » à obtenir le désarmement du Hamas. « Ils nous ont envoyé un projet que nous n’avons pas accepté », a-t-il déclaré, cité par Arab News. Israël a donc transmis ses propres propositions à Washington, sans préciser quand une réponse pourrait intervenir.
Dans son intervention, le Premier ministre israélien a réaffirmé que les forces israéliennes continueraient à mener des opérations militaires « pour se protéger, ainsi que pour protéger notre territoire et nos citoyens ». Une posture qui contredit directement les termes de l’accord de Trump, lequel exigeait un arrêt total des hostilités. Pour Israël, la sécurité reste une priorité absolue, au point de reléguer au second plan les engagements pris dans le cadre du plan de paix.
Des divergences persistantes depuis le début de l’année
Les tensions entre Israël et les États-Unis ne datent pas d’hier. Dès janvier 2026, Benyamin Nétanyahou avait déjà exprimé ses réserves quant au plan de paix américain, notamment sur la question du déploiement d’une force internationale de stabilisation (ISF). Il avait alors catégoriquement rejeté l’idée d’un déploiement de soldats turcs ou qataris dans la bande de Gaza, une option envisagée par Washington pour assurer la transition après le retrait israélien.
Ces désaccords de fond illustrent une divergence stratégique entre les deux alliés. D’un côté, les États-Unis prônent une approche diplomatique et multilatérale pour garantir une paix durable. De l’autre, Israël insiste sur la nécessité de maintenir une posture sécuritaire forte, arguant que toute faiblesse pourrait être exploitée par le Hamas ou d’autres groupes armés. Un clivage qui complique la mise en œuvre d’un accord pourtant présenté comme une avancée majeure.
En attendant, la situation humanitaire à Gaza reste critique. Les frappes israéliennes des derniers jours ont aggravé les tensions, tandis que les livraisons d’aide humanitaire restent limitées. La communauté internationale appelle à une application rapide de l’accord, mais les réalités du terrain laissent peu de place à l’optimisme pour l’instant.
La question qui se pose désormais est de savoir si Israël et les États-Unis parviendront à surmonter leurs divergences avant que la situation ne dégénère. Le sort des habitants de Gaza, pris en étau entre les ambitions politiques et les impératifs sécuritaires, dépendra en grande partie de la capacité des deux parties à trouver un compromis.
La « ligne jaune » fait référence à une frontière symbolique tracée lors des accords d’armistice de 1949, souvent utilisée comme référence pour les retraits militaires. Dans le cadre de l’accord de juillet 2026, son franchissement par Tsahal dépendrait de la réalisation des engagements pris par le Hamas en matière de désarmement.