Il y a un an, en juin 2025, Israël et l’Iran s’engageaient dans un conflit armé de douze jours, marqué par une attaque israélienne d’une ampleur inédite contre des cibles militaires iraniennes et des infrastructures liées au programme nucléaire de Téhéran. « Cette confrontation a marqué un tournant dans les tensions régionales, au point de faire craindre une escalade incontrôlable », analyse Adel Bakawan, directeur de l’Institut européen d’études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Selon France 24, cet épisode, souvent qualifié de « guerre des 12 jours », reste un marqueur dans l’histoire récente des relations entre les deux États, alors que la région peine à retrouver une stabilité durable.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 13 juin 2025, Israël lance une attaque surprise contre le commandement militaire iranien et des sites nucléaires en Iran.
  • La riposte iranienne, bien que limitée, a confirmé l’engagement direct de Téhéran dans des hostilités ouvertes avec Israël.
  • Le conflit s’est achevé au bout de douze jours sans vainqueur clair, mais avec un bilan matériel et symbolique lourd.
  • Adel Bakawan souligne que cette confrontation a « ouvert une boîte de Pandore » en révélant la vulnérabilité mutuelle des deux pays.

Une attaque israélienne sans précédent contre l’Iran

Dans la nuit du 13 au 14 juin 2025, les forces israéliennes ont frappé simultanément deux types de cibles en Iran. D’une part, le quartier général des Gardiens de la révolution, à Téhéran, responsable de la stratégie militaire et sécuritaire du régime. D’autre part, plusieurs sites liés au programme nucléaire iranien, dont des installations à Natanz et Isfahan, où des centrifugeuses avaient été partiellement démantelées après l’accord de 2015, avant d’être relancées en 2023. Selon des sources diplomatiques citées par France 24, cette opération, nommée « Operation Shield », visait à « neutraliser une menace existentielle » pour Israël, perçue comme immédiate par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Les frappes, menées par des avions de combat et des missiles de croisière, ont causé des dégâts significatifs, mais n’ont pas totalement détruit les infrastructures ciblées. « Israël a choisi de frapper fort, mais sans aller jusqu’au bout, comme s’il redoutait une escalade incontrôlable », explique Adel Bakawan. Le ministre israélien de la Défense de l’époque, Yoav Gallant, avait alors déclaré : « Nous avons envoyé un message clair : toute menace contre Israël sera contrée avec la force nécessaire. »

La riposte iranienne : entre fermeté et limites stratégiques

Dans les 48 heures suivant l’attaque israélienne, l’Iran a répliqué par des tirs de missiles balistiques et de drones vers des bases militaires israéliennes, ainsi que vers des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, accusée de complicité avec Israël. Selon les données du ministère israélien de la Défense, 12 missiles iraniens ont été interceptés par le système de défense « Dôme de Fer », tandis que trois autres ont touché des zones non critiques près de Dimona, sans faire de victimes. « La riposte iranienne était symbolique, mais suffisante pour marquer un point d’orgue dans l’affrontement », souligne Adel Bakawan.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait alors réaffirmé la doctrine de « résistance » du pays, tout en appelant à une « réponse mesurée ». « Nous avons prouvé que nous pouvons frapper Israël, mais nous ne cherchons pas une guerre totale », avait-il indiqué lors d’une allocution télévisée. Pourtant, selon des analystes militaires cités par France 24, cette riposte a aussi révélé les faiblesses logistiques de l’Iran, incapable de mener une offensive prolongée en raison de sanctions économiques et de pénuries de pièces détachées pour ses missiles.

Un cessez-le-feu fragile et des conséquences régionales immédiates

Après douze jours de combats, un cessez-le-feu a été négocié sous l’égide des Nations unies et de la Russie, deux acteurs perçus comme des médiateurs neutres dans la région. Les pourparlers, tenus à Moscou, ont abouti à un accord en deux temps : un retrait des forces israéliennes des zones frontalières avec la Syrie et le Liban, et une suspension des exercices militaires iraniens près du détroit d’Ormuz. « Ce cessez-le-feu était précaire, mais il a évité une guerre ouverte », rappelle Adel Bakawan.

Sur le plan régional, les répercussions ont été immédiates. Le Hezbollah libanais, allié de l’Iran, a lancé une série de roquettes vers le nord d’Israël en soutien à Téhéran, mais sans déclencher une guerre à grande échelle. De son côté, l’Arabie saoudite a appelé à une « désescalade urgente », tout en renforçant ses liens avec les États-Unis pour sécuriser ses approvisionnements en pétrole. En Europe, l’Union européenne a condamné « l’escalade militaire » et appelé à un retour à la diplomatie, sans proposer de solution concrète.

Et maintenant ?

Un an après ces événements, la question d’une nouvelle escalade reste ouverte. Selon Adel Bakawan, « la situation est plus volatile que jamais, avec un risque constant de malentendu ou d’accident militaire ». Les prochaines élections israéliennes, prévues pour octobre 2026, pourraient aggraver les tensions si le gouvernement en place décide de durcir sa posture face à l’Iran. À Téhéran, la succession du guide suprême, dont la santé suscite des spéculations, pourrait aussi relancer les incertitudes. Enfin, la communauté internationale, divisée entre soutien à Israël et volonté de stabiliser la région, peine à proposer une feuille de route crédible.

Dans ce contexte, les analystes s’interrogent : cette « guerre des 12 jours » n’était-elle qu’un avant-goût de ce qui pourrait advenir, ou a-t-elle, au contraire, servi de soupape de sécurité en révélant les limites de l’affrontement direct ? Une chose est sûre : en juin 2026, le risque d’une nouvelle confrontation plane toujours sur le Moyen-Orient.

Selon les déclarations officielles israéliennes, l’opération « Shield » visait à neutraliser une « menace existentielle » en ciblant le commandement des Gardiens de la révolution et les infrastructures nucléaires iraniennes. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait alors justifié cette frappe par la nécessité de « protéger la survie d’Israël » face à un Iran jugé en voie d’acquisition de l’arme nucléaire.