Un mémorandum d’entente de soixante jours, renouvelable d’un commun accord, est en passe d’être signé entre Washington et Téhéran après plusieurs semaines de tensions persistantes et de menaces réciproques. Ce deal, qui intervient dans le sillage d’un fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, marque un revers majeur pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Selon Courrier International, qui reprend une information de L’Orient-Le Jour, ce possible accord place en effet Netanyahou dans une position d’impuissance, alors que les critiques contre sa gestion des relations internationales s’intensifient, notamment de la part de figures politiques de son propre camp.

Ce qu’il faut retenir

  • Un accord américano-iranien en discussion : un mémorandum d’entente de 60 jours, renouvelable, est envisagé après un cessez-le-feu conclu le 8 avril entre Téhéran et Washington.
  • Netanyahou marginalisé : le Premier ministre israélien, qui avait poussé à une intervention militaire américaine contre l’Iran début février, voit ses efforts réduits à néant par cette dynamique diplomatique.
  • Crise politique interne : Netanyahou a annoncé la dissolution de la Knesset pour convoquer des élections anticipées, aggravant son isolement politique.
  • Critiques acerbes : Avigdor Liberman, ultranationaliste et ministre des Finances, accuse Netanyahou d’humilier Israël « avec sa bénédiction » et d’être un dirigeant sans victoire depuis octobre 2023.
  • Contexte de guerre : La guerre entre l’Iran et les États-Unis, déclenchée début février, a connu plusieurs semaines de tensions avant ce possible arrangement diplomatique.

Un scénario diplomatique qui contredit les plans israéliens

Dès le début du mois de février, Benyamin Netanyahou avait activement milité en faveur d’une intervention militaire américaine contre l’Iran. Selon ses prévisions, présentée à Donald Trump, cette stratégie devait aboutir à une victoire « quasi certaine » contre Téhéran, alignée sur les intérêts israéliens et américains. Pourtant, près de trois mois après le déclenchement des hostilités, c’est un tout autre scénario qui se dessine : Washington et Téhéran semblent désormais sur le point de conclure un accord temporaire, malgré les menaces et les tensions persistantes des semaines précédentes. Autant dire que la diplomatie reprend le dessus, laissant Netanyahou face à un échec stratégique.

Ce mémorandum de 60 jours, renouvelable d’un commun accord, intervient après un fragile cessez-le-feu signé le 8 avril. Pour Israël, cette évolution représente un camouflet cuisant. Le Premier ministre, qui avait misé sur une escalade militaire pour affaiblir l’Iran, se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité d’influencer le cours des événements, alors que les États-Unis privilégient une approche négociée.

Netanyahou en première ligne face aux critiques internes

La situation politique du dirigeant israélien se dégrade rapidement. Samedi 23 mai, Avigdor Liberman, figure ultranationaliste et ancien ministre des Finances, a vivement critiqué Netanyahou. Dans une déclaration rapportée par L’Orient-Le Jour et reprise par Courrier International, Liberman a accusé le Premier ministre d’humilier Israël « avec la bénédiction de Netanyahou ». Il a ajouté, cinglant : « Quelqu’un qui n’a remporté aucune victoire en deux ans et demi [depuis les attaques du 7 octobre 2023] ne gagnera jamais [aux prochaines élections législatives]. » Ces propos illustrent la montée des tensions au sein même de la coalition gouvernementale.

Netanyahou, déjà fragilisé par les conséquences de la guerre et l’absence de percée significative, voit son leadership contesté au sein de son propre camp. Les critiques de Liberman, membre du parti Israel Beytenou, s’ajoutent à celles d’autres personnalités politiques, mettant en lumière l’isolement croissant du Premier ministre sur la scène intérieure.

Une crise politique qui s’aggrave avec la dissolution de la Knesset

Pour tenter de sauver sa position, Netanyahou a annoncé vouloir dissoudre la Knesset afin de convoquer des élections législatives anticipées. Cette décision, prise dans un contexte de défiance généralisée, risque pourtant d’aggraver encore son impopularité. Les observateurs soulignent que cette manœuvre intervient à un moment où son autorité est déjà fortement ébranlée, tant sur le plan international que national.

La dissolution de la Knesset intervient alors que la guerre en Iran, bien que toujours en cours, laisse entrevoir une issue diplomatique. Pour Netanyahou, cette situation crée une contradiction flagrante : comment justifier devant l’opinion publique une dissolution du Parlement alors que les perspectives de victoire militaire s’éloignent ?

« Quelqu’un qui n’a remporté aucune victoire en deux ans et demi [en référence au 7 octobre 2023] ne gagnera jamais [aux prochaines élections législatives]. »
— Avigdor Liberman, 23 mai 2026

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Si le mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran est effectivement signé, Israël pourrait se retrouver marginalisé dans les négociations régionales. La tenue d’élections anticipées en Israël, prévue dans les mois à venir, pourrait aussi redéfinir l’équilibre politique du pays. Reste à voir si Netanyahou parviendra à rebondir ou si, au contraire, cette période marque le début de la fin de son mandat. Par ailleurs, l’évolution de la guerre en Iran et la réponse des factions armées, comme le Hezbollah ou les Houthis, pourraient influencer les dynamiques en jeu.

Enfin, la capacité des États-Unis à concilier leurs intérêts stratégiques avec ceux de leurs alliés régionaux, notamment Israël, sera un facteur clé pour la stabilité future de la région. Les prochaines déclarations des responsables américains et iraniens, ainsi que les réactions des autres puissances régionales, seront déterminantes pour l’issue de cette crise.

Selon Courrier International, Netanyahou avait présenté à Donald Trump un scénario où une intervention militaire contre l’Iran devait aboutir à une victoire rapide et favorable aux intérêts israéliens et américains. Cette stratégie s’inscrivait dans une volonté de contenir l’influence iranienne dans la région et de renforcer la position d’Israël face à Téhéran.

Un tel accord priverait Israël de son principal levier d’action militaire contre l’Iran, tout en limitant sa capacité à influencer les négociations régionales. Pour Netanyahou, déjà affaibli politiquement, cela représenterait un échec stratégique majeur, d’autant plus que les critiques internes se multiplient.