Selon Le Figaro, Israël aurait secrètement établi plusieurs bases militaires et centres de renseignement en Azerbaïdjan, à proximité de la frontière iranienne, dans le cadre d’un réseau clandestin visant à renforcer ses capacités opérationnelles contre Téhéran. Ces installations, initialement conçues pour des missions d’urgence, auraient été progressivement transformées en postes avancés de surveillance et d’action, notamment pendant le conflit récent entre Israël et l’Iran.

Ce qu'il faut retenir

  • Israël a déployé des unités militaires et des services de renseignement d’élite en Azerbaïdjan, selon les révélations de CNN, rapportées par Le Figaro.
  • Plusieurs bases, dont la plus avancée à 100 km de Tabriz (Iran), auraient servi à des missions de drones, de renseignement et de sauvetage.
  • Les préparatifs israéliens en Azerbaïdjan auraient débuté dès mi-janvier 2026, avant même le déclenchement des frappes contre l’Iran.
  • L’Azerbaïdjan a catégoriquement démenti ces allégations, les qualifiant de « manipulations flagrantes » destinées à déstabiliser la région.
  • Ce réseau clandestin s’étendrait également en Irak, aux Émirats arabes unis et au Somaliland, selon des révélations conjointes du Wall Street Journal et du New York Times.

Un dispositif israélien à l’insu de certains gouvernements

Israël aurait tissé un maillage de positions clandestines dans plusieurs pays voisins de l’Iran, parfois sans l’accord explicite de leurs autorités. Ces bases, initialement prévues pour des missions d’urgence, auraient évolué vers des centres de renseignement et de projection de forces, comme le révèle Le Figaro en s’appuyant sur des sources proches du dossier. L’Azerbaïdjan, pays avec lequel Israël entretient des relations militaires et énergétiques étroites, aurait abrité plusieurs de ces installations.

Selon les informations de CNN, rapportées par Le Figaro, les forces israéliennes opéraient depuis plusieurs bases situées dans le sud de l’Azerbaïdjan, à moins de 100 kilomètres de Tabriz, une ville iranienne ciblée par des frappes israéliennes durant le conflit. Parmi ces bases, l’une d’elles aurait servi de point de départ à des missions de drones et de renseignement, offrant à Israël une position stratégique pour surveiller le nord de l’Iran en temps réel.

Des unités d’élite et des missions de renseignement

Ce dispositif aurait mobilisé plusieurs dizaines de soldats, dont des membres des forces spéciales israéliennes, de l’unité d’élite de combat et de sauvetage aéroportée, ainsi que du personnel du Mossad. Leur mission aurait consisté à conduire des opérations de renseignement, à intercepter des communications et à préparer des frappes ciblées, selon une source citée par CNN. Ces bases auraient également pu servir de plateforme pour des missions de sauvetage en cas de perte de pilotes abattus.

Les révélations de CNN, reprises par Le Figaro, précisent que les préparatifs israéliens en Azerbaïdjan auraient commencé dès mi-janvier 2026, alors que l’Iran réprimait des manifestations internes. Une mission secrète aurait été menée le long de la frontière azerbaïdjano-iranienne pour installer des dispositifs d’écoute et du matériel de renseignement, préparant le terrain à d’éventuelles actions militaires ultérieures.

L’Azerbaïdjan dément avec véhémence

Face à ces allégations, les autorités azerbaïdjanes ont réagi avec fermeté. Dans un communiqué adressé à CNN, un porte-parole de l’ambassade d’Azerbaïdjan aux États-Unis a affirmé : « Nous rejetons fermement les allégations infondées concernant l’utilisation présumée du territoire azerbaïdjanais pour des opérations contre des pays tiers. »

L’Agence de développement des médias de l’Azerbaïdjan a également dénoncé ces révélations, les qualifiant de « manipulations flagrantes » destinées à « semer la confusion dans la communauté internationale » et à « saper la stabilité régionale ». Bakou a souligné que ces accusations visaient à créer des tensions inutiles entre les États, sans apporter la moindre preuve tangible à l’appui de ces démentis.

Un réseau régional bien plus large que l’Azerbaïdjan

Selon Le Figaro, cette présence israélienne en Azerbaïdjan ne serait qu’une partie d’un réseau clandestin bien plus vaste. Israël disposerait également de bases secrètes en Irak et aux Émirats arabes unis, où des installations auraient été utilisées comme points logistiques ou pour des missions de recherche et de sauvetage. En Irak, deux sites auraient été mobilisés pendant une partie du conflit, selon des révélations conjointes du Wall Street Journal et du New York Times.

Le Somaliland, région séparatiste de la Corne de l’Afrique, aurait également servi de base avancée pour Israël. Ce territoire, reconnu officiellement par Israël en décembre 2025 — faisant de lui le premier État à le faire —, aurait permis aux avions israéliens de faire escale lors de vols longue distance en direction de l’Iran. Enfin, aux Émirats arabes unis, Israël aurait déployé son système de défense antimissile « Dôme de Fer », conçu pour intercepter des roquettes et missiles à courte portée.

Des liens stratégiques entre Israël et l’Azerbaïdjan

Israël et l’Azerbaïdjan entretiennent des relations militaires et commerciales étroites, fondées sur une interdépendance stratégique. Bakou fournit à Israël une part importante de ses approvisionnements en pétrole, tandis que Tel-Aviv exporte vers l’Azerbaïdjan des armes avancées, utilisées lors des conflits du Haut-Karabakh en 2016 et 2020 contre l’Arménie. En 2016, l’Azerbaïdjan est devenu le premier pays étranger à acquérir le système de défense aérienne israélien.

Comme l’a souligné Gershon Kogan, spécialiste de l’Iran au Begin-Sadat Center for Strategic Studies dans des propos repris par CNN, « la stratégie israélienne en Azerbaïdjan reste volontairement discrète. Elle repose sur des transferts d’armes, une coopération en matière de renseignement et une interdépendance technologique à long terme dans le secteur de la sécurité ». Cette collaboration discrète s’inscrit dans une logique de containment de l’influence iranienne dans la région.

Et maintenant ?

Les révélations de CNN et Le Figaro pourraient relancer les tensions régionales, d’autant que l’Azerbaïdjan et l’Iran entretiennent des relations déjà tendues. Pour les prochaines semaines, les observateurs s’attendent à une clarification des faits de la part des autorités azerbaïdjanes, tandis que Tel-Aviv devrait maintenir une posture discrète sur ses opérations extérieures. Une enquête indépendante pourrait être lancée par des organisations internationales pour vérifier l’existence de ces bases, sans garantie de résultats concrets.

Cette affaire intervient dans un contexte où les tensions entre Israël et l’Iran restent vives, avec un risque persistant d’escalade militaire. La question de la légalité de ces déploiements clandestins pourrait également être soulevée par la communauté internationale, alors que le droit international encadre strictement les interventions militaires sur le territoire d’un État souverain.

Les révélations s’appuient sur des sources anonymes citées par CNN, dont des officiers israéliens et des responsables du renseignement. Aucune preuve publique — comme des images satellites ou des documents officiels — n’a encore été rendue disponible pour confirmer ces informations. Les autorités azerbaïdjanes et israéliennes n’ont pas fourni de démentis ou de confirmations détaillées.

L’Azerbaïdjan est l’un des principaux fournisseurs de pétrole d’Israël, un approvisionnement stratégique pour l’État hébreu. En échange, Israël fournit à Bakou des armes et des technologies de défense, comme le système de défense aérienne « Dôme de Fer » ou des drones. Cette interdépendance énergétique et militaire renforce leur alliance, malgré le déni officiel sur les opérations clandestines.