L’Italie envisage de sanctionner les piétons utilisant leur smartphone en traversant la chaussée. Selon nos confrères du Journal du Geek, le gouvernement italien prépare un projet de loi ciblant les « smombies », ces usagers absorbés par leur écran au point de négliger leur environnement. Une amende de 75 euros serait instaurée, avec une réduction de 30 % en cas de paiement sous cinq jours.

Ce qu'il faut retenir

  • Interdiction des smartphones, tablettes et ordinateurs portables dès que le piéton entre sur la chaussée, que ce soit sur un passage piéton ou ailleurs.
  • Les appels en mains libres et les écouteurs restent autorisés à condition de pouvoir entendre ce qui se passe autour.
  • Les piétons devront s’assurer que les automobilistes les ont vus et ralentissent avant de traverser.
  • La réforme s’inscrit dans un élargissement des sanctions routières, passant de 82 à 21 catégories d’amendes.
  • L’Italie n’est pas le premier pays à adopter cette mesure, Honolulu (États-Unis) l’a fait dès 2017.

Le texte italien précise que l’interdiction s’appliquera aux smartphones, tablettes et ordinateurs portables dès que le piéton foule la chaussée, que ce soit sur un passage piéton ou non. En revanche, l’utilisation de ces appareils restera tolérée sur les trottoirs. Les appels en mains libres et les écouteurs seront autorisés, mais sous réserve de ne pas masquer les sons environnants. Les appels d’urgence, eux, bénéficieront d’une exemption totale.

Cette mesure s’inscrit dans une réforme plus large du système de sanctions routières en Italie. Le gouvernement souhaite simplifier les catégories d’amendes, passant de 82 à seulement 21. Par ailleurs, les obligations des piétons avant une traversée seront renforcées. Ils devront notamment s’assurer que les conducteurs les ont bien vus et qu’ils ralentissent effectivement. Les changements de trajectoire brusques ou les mouvements imprévisibles seront également visés par cette réglementation.

Un phénomène mondial qui dépasse l’Italie

Le terme « smombie », contraction de « smartphone » et « zombie », a été popularisé en Allemagne dès 2015. Une étude de Dekra, menée dans six capitales européennes la même année, avait révélé que 17 % des piétons observés adoptaient un comportement dangereux en utilisant leur téléphone, dont 8 % qui rédigeaient des messages en traversant. Depuis, le phénomène n’a fait que s’amplifier avec la démocratisation des smartphones. Des observations menées à Pékin et Seattle ont confirmé cette tendance, avec des proportions variables selon les lieux, mais un constat identique : l’utilisation du téléphone pendant une traversée est devenue un comportement suffisamment répandu pour alerter les autorités.

L’Italie n’est pas la première à s’attaquer au problème. Dès 2017, Honolulu (États-Unis) avait instauré une amende de 35 dollars pour les piétons utilisant leur téléphone en traversant, un montant porté à 75 dollars en cas de récidive, puis 99 dollars. L’objectif était de lutter contre l’augmentation des accidents mortels impliquant des piétons. En revanche, certaines initiatives n’ont pas abouti, comme à Toronto, où une proposition similaire a été rejetée en raison des débats sur la responsabilité respective du conducteur et du piéton.

D’autres solutions que la sanction

Face à ce phénomène, certaines villes ont choisi des approches différentes. En Allemagne, en Autriche et en Australie, des expérimentations de feux de signalisation au niveau du sol ont été menées. L’idée ? Permettre aux piétons absorbés par leur écran de voir les signaux lumineux sans avoir à lever les yeux. À Vilnius (Lituanie), une solution encore plus originale a été mise en place : un trottoir dédié de 300 mètres, réservé aux utilisateurs de smartphones, a été aménagé à l’écart de la circulation traditionnelle.

Ces initiatives visent à reconnaître l’existence du problème plutôt qu’à le sanctionner systématiquement. Une question qui dépasse largement les frontières italiennes : faut-il prioriser la responsabilisation des piétons ou repenser l’espace public pour limiter les risques liés à la distraction ?

Le débat sur la responsabilité persiste

Avec cette réforme, l’Italie opte clairement pour la voie de la sanction. Le gouvernement estime que traverser une rue en restant absorbé par son écran représente un risque suffisamment important pour justifier une amende. Cependant, le texte doit encore être soumis à consultation auprès des associations concernées jusqu’au 13 septembre 2026. Les discussions risquent d’être animées, car derrière la question des 75 euros se pose un enjeu plus large : lorsqu’un accident survient impliquant un piéton distrait, faut-il avant tout sanctionner son comportement ou adapter l’espace public pour réduire les conséquences de cette distraction ?

Pour l’instant, l’Italie semble avoir fait son choix. Et en France ? Selon nos confrères du Journal du Geek, le Code de la route n’inclut pas d’amende spécifique pour les piétons utilisant leur smartphone en traversant. Cependant, le texte impose au piéton de ne pas s’engager sur la chaussée sans s’être assuré qu’il peut le faire sans danger. Un téléphone à la main ne constitue donc pas, en soi, une infraction distincte. La France privilégie pour l’instant la sensibilisation plutôt que la sanction, mais la multiplication de mesures similaires en Europe pourrait relancer le débat.

Et maintenant ?

La consultation des associations concernées se poursuivra jusqu’au 13 septembre 2026. Si le texte est adopté en l’état, l’Italie deviendra l’un des premiers pays européens à sanctionner explicitement les piétons distraits par leur smartphone. Reste à savoir si cette mesure parviendra à réduire les accidents ou si elle soulèvera de nouvelles questions sur l’équilibre entre responsabilité individuelle et adaptation de l’espace public. En France, le débat pourrait s’intensifier, notamment si d’autres pays européens suivent l’exemple italien.

Cette réforme italienne s’inscrit dans un mouvement plus large de réflexion sur la sécurité routière et les nouvelles formes de distraction en milieu urbain. Alors que les smartphones font désormais partie intégrante du quotidien, la question n’est plus seulement de savoir si l’on doit sanctionner, mais aussi comment concevoir des villes plus sûres pour tous, quels que soient les écrans qui captent notre attention.

Le terme « smombie » est une contraction de « smartphone » et « zombie ». Il désigne un piéton tellement absorbé par son écran qu’il néglige son environnement, au point de représenter un danger pour lui-même et pour les autres usagers de la route. Le mot a été popularisé en Allemagne dès 2015 et a même été élu mot de l’année chez les jeunes par les éditions Langenscheidt cette même année.

Pour l’instant, la France n’a pas prévu d’amende spécifique pour les piétons utilisant leur smartphone en traversant. Le Code de la route impose cependant au piéton de ne pas s’engager sur la chaussée sans s’assurer qu’il peut le faire en toute sécurité. Les campagnes de prévention routière soulignent régulièrement les risques liés à l’utilisation du téléphone en marchant, mais aucune sanction équivalente à celle envisagée en Italie n’est à l’ordre du jour.