D'après BMF - International, les autorités italiennes réfléchissent à une mesure radicale pour lutter contre les accidents de la route impliquant des piétons distraits par leur téléphone portable. Le gouvernement envisage désormais d’infliger des amendes aux usagers qui traversent la chaussée sans regarder, le smartphone à la main. Une initiative qui s’inscrit dans une politique plus large de sécurisation des déplacements urbains, alors que les chiffres de l’accidentologie piétonne ne cessent d’augmenter dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement italien envisage d’instaurer une amende pour les piétons qui traversent en utilisant leur téléphone portable.
- Cette mesure vise à réduire les accidents liés aux distractions numériques, un phénomène en hausse ces dernières années.
- Les autorités n’ont pas encore précisé le montant de la sanction ni les modalités exactes de son application.
- Cette proposition s’ajoute à d’autres initiatives de sécurisation des déplacements en Italie.
Une réponse à l’augmentation des accidents piétons
Selon les dernières données disponibles, les accidents impliquant des piétons distraits par leur téléphone ont connu une hausse significative en Italie ces cinq dernières années. Les autorités sanitaires et les associations de sécurité routière tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois. Entre 2021 et 2025, les hôpitaux italiens ont enregistré une augmentation de près de 30 % des admissions pour blessures liées à des chutes ou des collisions avec des véhicules, souvent imputables à l’utilisation du smartphone en marchant. Autant dire que la situation est prise très au sérieux par le ministère italien des Transports.
Côté ministères, on évoque désormais la nécessité d’une réponse réglementaire. Le projet, encore à l’étude, pourrait entrer en vigueur dès le premier semestre 2027, si les discussions parlementaires aboutissent. Pour l’heure, aucun montant précis n’a été dévoilé, mais les observateurs s’attendent à une sanction modérée, comparable à celle appliquée aux cyclistes qui ne respectent pas le code de la route.
Des mesures similaires déjà testées ailleurs en Europe
L’Italie n’est pas le premier pays européen à envisager une telle mesure. En 2023, la ville de Barcelone, en Espagne, avait déjà instauré une amende pouvant atteindre 100 euros pour les piétons distraits par leur téléphone. À Helsinki, en Finlande, une campagne de sensibilisation avait été lancée en 2024 pour inciter les habitants à lever les yeux de leur écran en traversant. En France, certaines municipalités comme Paris ou Lyon ont mis en place des marquages au sol spécifiques pour rappeler aux piétons de rester attentifs. Ces expériences internationales servent désormais de référence aux autorités italiennes.
Pour autant, la mesure italienne soulève des questions sur son efficacité réelle. Certains experts en sécurité routière soulignent que les distractions numériques ne se limitent pas au téléphone portable : écouteurs, tablettes ou même montres connectées peuvent aussi détourner l’attention des usagers de la route. Bref, la tâche s’annonce complexe pour les législateurs italiens, qui devront trouver un équilibre entre sécurité et liberté individuelle.
Les associations de piétons divisées sur le sujet
Du côté des associations de piétons, les avis sont partagés. L’Associazione Nazionale dei Pedoni (ANP), principale organisation italienne en faveur des droits des piétons, s’est déclarée « favorable à toute mesure visant à améliorer la sécurité des usagers vulnérables ». Son porte-parole, Marco Rossi, a indiqué : « Nous soutenons l’idée que les distractions numériques constituent un vrai danger public. Cependant, nous craignons que cette amende ne soit perçue comme une sanction punitive plutôt que comme un outil de prévention. » Il a ajouté que l’ANP plaidait pour une campagne de sensibilisation concomitante à la mise en place de la mesure.
À l’inverse, certaines organisations comme Libertà di Camminare y voient une atteinte aux libertés individuelles. « Traverser en téléphonant n’est pas un crime, mais un comportement courant, surtout chez les jeunes », a souligné Elena Bianchi, sa présidente. « Plutôt que d’instaurer des amendes, il serait plus utile de repenser l’aménagement urbain pour sécuriser davantage les passages piétons. » Les débats promettent d’être vifs au Parlement, où le projet devra être discuté dans les mois à venir.
Contexte : la sécurité routière en Italie
L’Italie compte parmi les pays européens les plus dangereux pour les piétons. En 2025, selon l’Istat, plus de 1 200 piétons ont été victimes d’accidents mortels ou graves, soit une hausse de 8 % par rapport à 2020. Les principales causes identifiées restent l’inattention, la vitesse excessive des véhicules et le mauvais éclairage des passages piétons. Face à ce constat, les autorités multiplient les initiatives : installation de radars aux abords des écoles, généralisation des feux piétons intelligents, ou encore campagnes de communication ciblant les seniors, population particulièrement exposée.
L’amende pour les piétons distraits s’inscrit donc dans une stratégie globale de réduction de la mortalité routière. En 2025, l’Union européenne a fixé un objectif ambitieux : diviser par deux le nombre de morts sur les routes d’ici 2030. L’Italie, qui compte parmi les pays les plus en retard sur ce sujet, mise sur des mesures innovantes pour rattraper son retard.
Si la mesure est adoptée, elle pourrait inspirer d’autres pays européens confrontés au même problème. Pour l’heure, les Italiens devront patienter quelques mois avant de savoir si leur prochain pas sur un passage clouté leur coûtera plus que prévu.
Pour l’instant, aucun montant précis n’a été annoncé. Les autorités évoquent une amende « modérée », comparable à celle appliquée aux cyclistes en infraction, soit entre 25 et 100 euros. Le montant exact sera fixé lors de l’adoption de la loi, probablement d’ici fin 2026.
Oui, si le projet est adopté, la mesure s’appliquera uniformément sur l’ensemble du territoire italien. Les municipalités ne pourront pas instaurer de règles locales différentes, conformément à la législation nationale.