Le directeur général de la Protection civile de Calabre, Domenico Costarella, a affirmé que des « esprits malveillants » auraient noué des chiffons imbibés de liquide inflammable sur les queues de chats errants afin de propager des incendies dans le sud de l’Italie. Selon Franceinfo – Faits divers, cette méthode, évoquée dans une vidéo largement relayée, s’inscrit dans le cadre d’une série d’incendies criminels qui ont frappé la Sicile et la Calabre fin juillet 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 160 incendies recensés en Calabre entre fin juillet et début août 2026, selon les autorités locales.
- La Protection civile de Calabre accuse des « esprits criminels » d’avoir utilisé des chats errants comme vecteurs d’incendie en y attachant des chiffons enflammés.
- D’autres méthodes mentionnées incluent des bougies ou des bouteilles en verre remplies de liquide inflammable, transformées en dispositifs incendiaires.
- Une récompense de 1 000 euros est offerte pour toute information menant à l’identification des responsables.
- En France, un chat domestique retrouvé brûlé en Sologne relance les interrogations sur des pratiques similaires.
- Les autorités italiennes et françaises appellent à la prudence, tout en ouvrant des enquêtes pour cruauté animale ou tentatives d’incendie.
Des méthodes criminelles complexes et organisées
Domenico Costarella a décrit dans une vidéo diffusée par l’ANSA et relayée par les médias italiens des procédés « fruits d’un esprit perturbé et véritablement criminel ». Parmi les dispositifs évoqués, des bougies surmontées de chiffons imbibés de carburant, ou encore des bouteilles en verre remplies d’essence et munies d’une mèche improvisée. Ces engins, une fois allumés, pourraient provoquer des départs de feu sur de vastes étendues, notamment dans les zones de végétation sèche. « Le pire ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même », a réagi le président de la région Calabre, Roberto Occhiuto, après avoir partagé la vidéo de Costarella.
Les conditions météo ont aggravé la situation en Italie : un vent chaud et sec a attisé les flammes, rendant la lutte contre les incendies particulièrement ardue. La Sicile et la Calabre, régions déjà vulnérables aux feux de forêt en été, ont été particulièrement touchées. Fin juillet, des dizaines d’incendies ont ravagé des milliers d’hectares, mobilisant des centaines de pompiers et des moyens aériens.
Une pratique aux racines anciennes et des précédents controversés
Cette méthode, si elle était confirmée, ne serait pas inédite dans l’histoire italienne. Comme le rapporte Franceinfo – Faits divers, des chats aspergés d’essence ou portant des tissus enflammés auraient déjà été utilisés comme « mèches » lors d’incendies en Sicile en 2006. Une rumeur similaire, liée aux incendies du Vésuve en 2017, avait cependant été démentie par les autorités, selon la RTBF. Plus surprenant encore, des récits antiques décrivent des pratiques comparables : dans le Livre des Juges, Samson est censé avoir attaché des torches enflammées à des renards pour incendier les champs des Philistins. Les Romains, quant à eux, organisaient lors des Cerealia une course de renards porteurs de torches dans le Circus Maximus.
Ces références historiques, bien que symboliques, soulignent une forme de fascination — ou de crainte — envers l’utilisation d’animaux comme outils de destruction. En Calabre, les autorités insistent sur la nécessité de distinguer entre des actes isolés et une stratégie criminelle organisée. Une enquête approfondie est désormais attendue pour faire la lumière sur ces allégations.
En France, un cas similaire sous enquête
En Sologne, un chat domestique nommé Ernesto a été retrouvé mort, partiellement brûlé, dans la nuit du 24 au 25 juillet 2026. Son propriétaire, un pharmacien de La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), est convaincu que l’animal a été utilisé comme « torche vivante » pour déclencher un incendie. « Visiblement, c’est une intention incendiaire », a-t-il déclaré aux médias locaux. « On voit cela sur les réseaux sociaux. Apparemment, il y a des gens qui copient ce procédé et enflamment des chats avant de les jeter dans les forêts. »
Cependant, le parquet de Blois se montre prudent. Aucune trace d’incendie n’a été relevée dans la zone, et les gendarmes n’ont pas constaté de départ de feu à proximité. Une autopsie et des analyses sont en cours pour déterminer les causes exactes de la mort de l’animal. Une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté ayant entraîné la mort d’un animal domestique » a été ouverte et confiée à la gendarmerie de Salbris. Les faits sont passibles de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.
Des associations mobilisées et une récompense pour les témoins
Face à ces allégations, plusieurs organisations italiennes, dont l’Association italienne pour la défense des animaux et de l’environnement, ont porté plainte et lancé des appels à témoins. Une prime de 1 000 euros est promise à quiconque fournira des informations permettant d’identifier les auteurs de ces actes. En France, des associations de protection animale ont également réagi, exigeant une réponse ferme des autorités. « Ces pratiques relèvent de la barbarie et doivent être sanctionnées sans ambiguïté », a réagi une porte-parole de la SPA.
Les réseaux sociaux jouent un rôle ambigu dans cette affaire. Si certains internautes partagent des vidéos et des témoignages à charge, d’autres dénoncent des rumeurs infondées ou des tentatives de désinformation. Les autorités appellent à la prudence avant de tirer des conclusions hâtives, tout en reconnaissant la gravité potentielle de ces actes.
Qu’il s’agisse de légendes antiques ou de méthodes criminelles modernes, l’utilisation d’animaux pour propager des incendies interroge sur les dérives possibles des réseaux sociaux et de l’imagination humaine. Une question reste en suspens : ces pratiques, si elles sont avérées, ne sont-elles qu’un épiphénomène ou le signe d’une radicalisation des modes opératoires criminels ?
Les chats errants, en raison de leur mobilité et de leur réaction face au feu, pourraient servir de vecteurs pour propager les flammes sur de longues distances. Cette méthode, bien que rare, exploite la panique de l’animal et son instinct de fuite, qui le pousse à se réfugier dans des zones de végétation dense.
Les allégations italiennes et françaises s’appuient sur des récits historiques et des rumeurs, mais aucun cas formellement établi n’a été confirmé à ce jour. Les autorités appellent à la prudence, soulignant que certaines de ces histoires pourraient relever de la désinformation ou de légendes locales.