La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a sollicité ce vendredi 29 mai 2026 une réaction coordonnée de l’Union européenne pour renforcer la surveillance aux frontières des voyageurs en provenance des zones touchées par le virus Ebola. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au président du Conseil européen, Antonio Costa, ainsi qu’au président chypriote Nikos Christodoulidis, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, elle a plaidé pour l’inscription de cette question à l’ordre du jour du prochain Conseil européen, prévu les 18 et 19 juin à Bruxelles.

Selon Franceinfo - Santé, cette initiative intervient alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie déclarée le 15 mai, avec plus de 1 000 cas suspects et 246 décès enregistrés à ce jour. Dans le pays voisin, l’Ouganda, sept infections confirmées – dont un mortel – ont également été recensées. « L’Italie estime que la situation épidémiologique en Afrique centrale liée au récent foyer de virus Ebola (…) en RDC et en Ouganda requiert la plus grande attention », a indiqué le gouvernement italien dans un communiqué.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 1 000 cas suspects et 246 morts depuis le 15 mai en RDC, où l’épidémie d’Ebola a été déclarée.
  • Sept cas confirmés, dont un décès, ont été signalés en Ouganda voisin.
  • L’Italie demande à l’UE de renforcer la surveillance aux frontières pour les voyageurs en provenance des zones touchées.
  • Giorgia Meloni propose une visioconférence des ministres de la Santé de l’UE dès la semaine prochaine.
  • Un équipe d’experts italiens doit être envoyée à Kinshasa ce week-end pour apporter un soutien technique et logistique.

Une demande italienne motivée par la progression du virus en Afrique centrale

L’Italie justifie sa démarche par la nécessité de « renforcer la coordination de la surveillance aux frontières par le biais de règles communes pour la gestion des arrivées directes et indirectes en provenance des zones touchées par le virus Ebola ». Rome insiste sur le respect des prérogatives nationales en matière de protection sanitaire, tout en appelant à une réponse européenne unifiée. « L’objectif est de les inciter […] à renforcer la coordination de la surveillance aux frontières », a précisé le gouvernement italien, qui souligne l’urgence de la situation.

Pour préparer cette réunion au niveau européen, Giorgia Meloni a également proposé l’organisation d’une visioconférence des ministres de la Santé de l’UE « dès la semaine prochaine ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une réponse rapide à l’épidémie, dont les premiers cas en RDC remontent à la mi-mai. Les autorités sanitaires locales et internationales restent mobilisées pour endiguer la propagation du virus, classé parmi les plus contagieux et mortels au monde.

Des mesures déjà mises en place par l’Italie, avec un appui technique en direction de la RDC

Rome n’a pas attendu cette demande pour agir. Depuis plusieurs jours, les autorités italiennes ont instauré « une surveillance sanitaire ciblée et des protocoles de contrôle pour les voyageurs de retour des régions touchées », a rappelé le gouvernement. Parallèlement, une équipe d’experts de l’institut Spallanzani de Rome, spécialisé dans les maladies infectieuses, se rendra ce week-end à Kinshasa. Leur mission : fournir une assistance technique à la RDC et livrer des médicaments ainsi que des fournitures médicales.

Cette intervention s’ajoute aux efforts déployés par les organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour soutenir les pays africains dans la lutte contre Ebola. Les experts italiens devraient notamment collaborer avec les équipes locales afin d’évaluer les besoins et d’adapter les stratégies de prévention et de traitement. Une coordination renforcée entre les pays européens et africains est désormais présentée comme indispensable pour éviter une propagation transfrontalière du virus.

Un appel à la solidarité européenne face à une menace sanitaire transnationale

En s’adressant à ses partenaires européens, Giorgia Meloni met en avant la dimension transnationale de cette crise sanitaire. « La situation épidémiologique en Afrique centrale […] requiert la plus grande attention », a-t-elle souligné, rappelant que les déplacements internationaux pourraient favoriser la diffusion du virus. La Première ministre italienne plaide donc pour une approche collective, fondée sur le partage d’informations et l’harmonisation des mesures de contrôle.

Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs pays africains, dont la RDC, font face à des défis logistiques et sanitaires majeurs pour contenir l’épidémie. Les systèmes de santé locaux, souvent fragilisés, peinent à absorber un tel afflux de patients. L’envoi d’experts italiens à Kinshasa s’inscrit ainsi dans une logique de solidarité internationale, même si la question des frontières européennes reste un sujet sensible pour plusieurs États membres.

Et maintenant ?

Le prochain Conseil européen des 18 et 19 juin pourrait marquer un tournant dans la réponse européenne à l’épidémie d’Ebola. Si les Vingt-Sept parviennent à s’accorder sur une feuille de route commune, des mesures supplémentaires – comme des contrôles sanitaires renforcés ou des protocoles d’urgence – pourraient être adoptées. En attendant, l’équipe italienne dépêchée à Kinshasa devrait fournir un premier bilan de ses actions d’ici la fin du mois de juin, tandis que les autorités sanitaires en RDC continuent de recenser les nouveaux cas. La situation reste sous haute surveillance, tant en Afrique qu’en Europe.

Face à l’absence de vaccin ou de traitement universel contre Ebola, la prévention et la détection précoce des cas demeurent les principaux leviers pour limiter la propagation. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et éviter une généralisation de l’épidémie au-delà des zones actuellement touchées.

Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique grave, accompagnée de symptômes tels que fièvre élevée, douleurs musculaires, fatigue intense, diarrhée, vomissements et, dans les cas graves, des hémorragies internes et externes. La transmission se fait principalement par contact direct avec les fluides corporels (sang, salive, vomissures) d’une personne infectée ou d’un animal contaminé. La période d’incubation varie généralement de 2 à 21 jours. Les mesures de prévention incluent l’isolement des malades, le port d’équipements de protection pour les soignants et la désinfection des surfaces contaminées.