L’Italie subit depuis plusieurs semaines des conditions météorologiques extrêmes, marquées par une cinquième vague de chaleur qui a atteint son pic ce vendredi 28 août 2026. Selon Euronews FR, le pays est littéralement coupé en deux : tandis que le Sud et les îles enregistrent des températures dépassant les 40 °C, le Nord est frappé par des pluies diluviennes et des orages violents. Cette situation, aggravée par une humidité élevée et des nuits tropicales, s’inscrit dans un contexte européen exceptionnel, où l’été 2026 est d’ores et déjà qualifié d’historique par les climatologues.
Ce qu'il faut retenir
- Neuf villes italiennes placées en alerte rouge canicule, dont Rome, Bari, Catane et Palerme.
- Des pics à 44,6 °C enregistrés en Calabre, avec des températures ressenties bien supérieures en Sicile et en Sardaigne.
- Le Nord touché par des orages violents, grêle et pluies intenses, notamment en Lombardie et Vénétie.
- Un incendie ravageant le mont Morrone (Abruzzes) a repris de plus belle, nécessitant le déploiement de plus de 100 pompiers et bénévoles.
- L’été 2026 en Europe occidentale est le plus chaud jamais enregistré, avec des anomalies de +2,79 °C en juin-juillet par rapport à la moyenne 1991-2020.
- Plus de 90 000 hectares de forêts détruits par les incendies en Italie, une hausse de 92 % par rapport à la moyenne.
Alors que la cinquième vague de chaleur a officiellement atteint son apogée vendredi, les météorologues italiens dressent un bilan contrasté. Dans le Sud et les îles, les températures ont dépassé les 40 °C, avec des pointes à 44,6 °C relevées à Torano Scalo, en Calabre. Cosenza a enregistré 42,5 °C, tandis que San Cosmo Albanese affichait 41,7 °C. En Sicile et en Sardaigne, les pics ont frôlé les 43 °C, avec une température ressentie bien supérieure en raison d’un taux d’humidité élevé. Les « nuits tropicales », où les thermomètres ne descendent pas sous la barre des 30 °C, aggravent encore la situation pour les populations, même non fragiles.
Au nord de la péninsule, la chaleur étouffante a cédé la place à des perturbations violentes. Dès la matinée de vendredi, des averses diluviennes et des chutes de grêle ont balayé la plaine lombarde, notamment dans les provinces de Bergame et de Brescia. Les orages se sont ensuite déplacés vers la Vénétie et le Trentin, avant de gagner le Piémont, la Vallée d’Aoste et le nord de la Lombardie en soirée. Les précipitations, annoncées comme de plus en plus intenses, pourraient persister dans les prochaines heures, selon les prévisions de l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ISPRA).
La situation sanitaire reste critique dans neuf villes placées en alerte rouge canicule. Bari, Cagliari, Campobasso, Catane, Latina, Messine, Palerme, Reggio de Calabre et Rome sont particulièrement exposées aux risques liés à la chaleur extrême. Le ministère de la Santé a toutefois prévu une légère amélioration pour le week-end : si six villes (Bari, Catane, Messine, Palerme, Reggio de Calabre et Rome) devraient rester en alerte rouge samedi, seulement quatre d’entre elles (Catane, Messine, Palerme et Reggio de Calabre) devraient conserver ce statut dimanche. Une amélioration qui, selon les experts, ne permettra pas pour autant un retour à la normale avant plusieurs jours.
Un incendie spectaculaire relance l’urgence en Abruzzes
La chaleur extrême et les vents chauds ont également ravivé un incendie majeur dans les Abruzzes, sur le mont Morrone. L’incendie, qui couvait depuis quinze jours et avait été considéré comme « quasiment éteint » jeudi, a repris de plus belle vendredi, forçant les autorités à mobiliser plus d’une centaine d’opérateurs. Pompiers, volontaires de la protection civile et militaires sont désormais sur le terrain pour tenter de contenir les flammes, qui menacent des zones déjà fragilisées par la sécheresse. Selon l’agence de presse Ansa, les opérations devraient se poursuivre dans les prochaines 48 heures, alors que les conditions météo restent défavorables.
Cette recrudescence des incendies n’est malheureusement pas un cas isolé. Selon le WWF, plus de 90 000 hectares de forêts ont déjà été ravagés par les flammes en Italie cet été, soit une augmentation de 92 % par rapport à la moyenne des vingt dernières années (49 000 hectares). Près d’un tiers de ces incendies se sont déclarés dans des zones protégées, aggravant la pression sur des écosystèmes déjà fragilisés. « Les températures record, la sécheresse et la rareté de l’eau mettent la faune sauvage sous une pression extrême », a souligné le WWF dans un communiqué, appelant les régions à suspendre la chasse en septembre pour limiter les risques.
L’Europe enregistre un été historique, la Méditerranée bat des records
Si l’Italie souffre particulièrement, elle n’est pas la seule concernée. Selon les données du programme Copernicus de l’Union européenne, les mois de juin et juillet 2026 ont été les plus chauds jamais enregistrés en Europe occidentale, avec une anomalie de +2,79 °C par rapport à la moyenne 1991-2020. Ce chiffre dépasse de près de 0,9 °C le précédent record établi en 2022. Les conséquences sur les écosystèmes sont déjà visibles : la fonte accélérée des glaciers alpins transforme les paysages d’altitude et accroît la vulnérabilité des territoires de montagne, tandis que les mers et océans affichent des températures sans précédent. En juin 2026, la Méditerranée a connu son mois le plus chaud jamais enregistré, avec des anomalies locales atteignant +8 °C. En juillet, certaines zones ont enregistré des températures de l’eau dépassant les 30 °C.
« Les données de cet été sont sans équivoque », a déclaré le WWF dans un communiqué. « Cet épisode climatique extrême frappe les écosystèmes et la vie de millions de personnes. Il est urgent d’agir pour limiter les dégâts et préparer les populations à ces nouvelles réalités. » L’organisation environnementale a également rappelé que la chasse en septembre pourrait aggraver la pression sur les espèces animales déjà affaiblies par les incendies et la sécheresse.
Alors que l’Italie tente de gérer cette crise aux multiples facettes, les scientifiques rappellent que ces événements ne sont pas isolés. « Ces vagues de chaleur et ces incendies sont directement liés au changement climatique », a expliqué un climatologue du Centre euro-méditerranéen sur les changements climatiques (CMCC), cité par Euronews FR. « Les modèles prévoient une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes dans les années à venir. » Une certitude qui impose, selon les experts, une adaptation rapide des politiques publiques et une prise de conscience collective.
Neuf villes sont en alerte rouge canicule : Bari, Cagliari, Campobasso, Catane, Latina, Messine, Palerme, Reggio de Calabre et Rome. Ces agglomérations subissent des températures dépassant les 40 °C, avec des pointes à 44,6 °C dans certaines zones de Calabre.