Selon Journal du Geek, le gouvernement italien prépare une réforme visant à sanctionner les piétons distraits par leur smartphone lors des traversées de chaussée. Une mesure qui s’inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des usagers de la route et l’adaptation de l’espace public à l’usage intensif des écrans. Rome pourrait ainsi devenir le dernier pays européen à durcir le ton face à ce phénomène mondial.
Ce qu'il faut retenir
- Une amende de 75 euros est prévue pour les piétons utilisant un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable dès qu’ils pénètrent sur la chaussée, que ce soit sur un passage piéton ou ailleurs.
- Les appels en mains libres et les écouteurs restent autorisés à condition de pouvoir entendre l’environnement. Les appels d’urgence constituent une exception.
- La réforme simplifie également le système italien d’amendes routières, passant de 82 à 21 catégories.
- Les piétons devront désormais s’assurer que les conducteurs les ont vus et ralentissent avant de traverser, sous peine de sanctions.
- Cette mesure s’appuie sur une décision de la Cour de cassation italienne de 2023, selon laquelle la responsabilité d’un conducteur peut être écartée en cas de comportement imprévisible du piéton.
Une interdiction ciblée mais large
Le projet italien ne vise pas uniquement les smartphones. Il inclut également les tablettes et les ordinateurs portables, dès lors que le piéton se trouve sur la chaussée. L’utilisation reste tolérée sur les trottoirs, où le risque d’accident est moindre. Les appels en mains libres et les écouteurs sont autorisés, à condition que l’utilisateur puisse entendre ce qui se passe autour de lui. Les appels d’urgence, quant à eux, restent une exception naturelle. L’amende serait fixée à 75 euros, avec une réduction de 30 % en cas de paiement sous cinq jours.
Par ailleurs, la réforme s’accompagne d’une refonte plus globale du système de sanctions routières en Italie. Le gouvernement souhaite réduire les 82 catégories d’amendes actuelles à seulement 21, afin de simplifier et d’harmoniser les règles. Cette simplification pourrait faciliter l’application des nouvelles mesures, y compris celle concernant les piétons distraits.
De nouvelles obligations pour les piétons
Le texte renforce les obligations des piétons avant une traversée. Ils devront notamment s’assurer que les automobilistes les ont vus et qu’ils ralentissent effectivement. Les changements de trajectoire brusques ou les mouvements imprévisibles sont également visés. Cette approche s’appuie sur une décision de la Cour de cassation italienne rendue en 2023 : dans certaines circonstances, la responsabilité d’un conducteur peut être écartée si le comportement du piéton est jugé imprévisible.
Cette mesure s’inscrit dans une volonté de responsabiliser davantage les piétons, alors que le phénomène des « smombies » – contraction de « smartphone » et « zombie » – prend de l’ampleur. Le terme, apparu en Allemagne, avait même été élu mot de l’année chez les jeunes par les éditions Langenscheidt en 2015.
Un phénomène mondial aux conséquences réelles
Selon une étude de Dekra menée en 2014 dans six capitales européennes, environ 17 % des piétons adoptaient un comportement dangereux en utilisant leur téléphone pendant la traversée, dont 8 % qui écrivaient des messages. Ce phénomène n’a fait que s’amplifier avec la généralisation des smartphones. Des observations réalisées à Pékin ou à Seattle ont confirmé cette tendance, même si les proportions varient selon les villes et les études.
En Italie, l’expérience locale menée à Sassari, en Sardaigne, a déjà montré l’efficacité d’une telle approche. La ville applique une amende de 22 euros pour les piétons distraits par leur téléphone. Cette mesure avait été justifiée par les statistiques locales : environ 1 000 accidents de la route sont recensés chaque année dans la ville, avec une implication des piétons dans 21 % des cas.
Des initiatives variées à travers le monde
L’Italie n’est pas le premier pays à sanctionner les piétons distraits. À Honolulu, aux États-Unis, une réglementation similaire a été adoptée dès 2017. La première infraction pouvait entraîner une amende de 35 dollars, portée à 75 puis 99 dollars en cas de récidive. L’objectif était de lutter contre l’augmentation des accidents mortels impliquant des piétons.
Cependant, toutes les initiatives ne rencontrent pas le même succès. À Toronto, une proposition visant à interdire l’utilisation du téléphone pendant les traversées a été rejetée par les autorités de l’Ontario. Le débat portait notamment sur la responsabilité respective du conducteur et du piéton : certains élus estiment qu’un automobiliste doit avant tout être capable de réagir à un piéton inattentif. Une question qui reste au cœur des discussions actuelles.
Autres solutions : adapter l’espace public plutôt que sanctionner
Face à ce phénomène, certaines villes ont choisi une approche différente. En Allemagne, en Autriche et en Australie, des expériences de feux de signalisation installés au niveau du sol ont été testées. L’idée est simple : même si un piéton baisse les yeux vers son écran, le signal lumineux reste visible. À Vilnius, en Lituanie, la solution a été encore plus radicale : la capitale a aménagé un trottoir de 300 mètres réservé aux utilisateurs de smartphones, séparé de la circulation traditionnelle.
Ces initiatives reconnaissent l’existence du phénomène plutôt que de chercher uniquement à le sanctionner. Une approche qui dépasse largement le cadre italien et interroge sur la responsabilité respective des usagers et des aménageurs urbains.
Un débat qui dépasse les frontières italiennes
Avec cette réforme, l’Italie choisit clairement la voie de la sanction. Le gouvernement souhaite responsabiliser les piétons et considère que traverser une rue en restant absorbé par son écran constitue un risque suffisamment important pour justifier une amende. Reste à savoir si cette mesure passera sans modification. La consultation des associations concernées doit se poursuivre jusqu’au 13 septembre 2026.
Le débat dépasse toutefois la simple question des 75 euros. Derrière le smartphone se pose une question plus complexe : lorsque qu’un piéton distrait traverse et qu’un accident survient, faut-il avant tout sanctionner son comportement ou repenser l’espace public pour limiter les conséquences de cette distraction ?
En attendant, le phénomène des « smombies » continue de poser question. Faut-il adapter les infrastructures ou renforcer les sanctions ? Une chose est sûre : avec plus de 3,5 milliards de smartphones en circulation dans le monde, la problématique n’est pas près de disparaître.
Selon Journal du Geek, le gouvernement italien souhaite responsabiliser les piétons face à un phénomène en hausse, responsable d’un nombre significatif d’accidents. La réforme s’appuie sur des statistiques locales, comme celles de Sassari en Sardaigne, où 21 % des accidents impliquent des piétons distraits par leur téléphone. En simplifiant le système d’amendes et en instaurant des obligations plus strictes, Rome espère réduire ces risques.