Le maire d’Ithaque, Dionysis Stanitsas, a appelé à une planification globale pour valoriser l’île à l’aune de la visibilité internationale apportée par la sortie du film « Odyssey », nouvelle adaptation cinématographique de l’épopée d’Homère par Christopher Nolan. Selon Euronews FR, cette opportunité soulève des questions sur la manière dont la notoriété de l’île sera exploitée dans les mois à venir, alors que les discussions dépassent désormais le cadre strictement cinématographique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le maire d’Ithaque, Dionysis Stanitsas, insiste sur la nécessité d’un plan global pour encadrer la promotion touristique liée au film « Odyssey » de Nolan.
  • Une proposition visant à promouvoir les îles Ioniennes sous l’appellation « îles d’Ulysse » au salon international de Londres a été déposée au Conseil régional des îles Ioniennes, suscitant des réactions locales.
  • Le musée archéologique de Vathy nécessite un budget d’environ 1,2 million d’euros pour sa mise en valeur et son extension, tandis que des études pour le site de l’école d’Homère sont déjà finalisées mais attendent des financements.
  • L’intérêt des agences de voyages pour Ithaque est en hausse pour la prochaine saison, mais l’île doit renforcer ses infrastructures pour répondre à cette demande.

Un débat qui dépasse le cadre cinématographique

La sortie du film « Odyssey » a replacé Ithaque sous les projecteurs internationaux, offrant une visibilité inédite à l’île grecque. Comme le rapporte Euronews FR, cette notoriété suscite un débat plus large sur la manière dont elle sera exploitée. Une proposition a été déposée au Conseil régional des îles Ioniennes pour présenter ces îles comme les « îles d’Ulysse » lors du salon international de Londres. Le vice-gouverneur régional a tenu à préciser qu’il s’agissait d’une marque touristique et non d’un changement officiel de nom.

À Ithaque, la réaction des autorités locales ne porte pas sur l’utilisation de la figure d’Ulysse comme outil de promotion, mais sur la méthode employée. Le maire Dionysis Stanitsas a expliqué à Euronews que toute stratégie doit être conçue en concertation avec les acteurs locaux et s’inscrire dans une vision globale. « Nous n’avons pas peur que quelqu’un nous vole notre nom, notre histoire, la culture d’Ithaque. Cette question ne se pose pas », a-t-il affirmé, tout en soulignant que l’urgence est de structurer une démarche durable plutôt que de réagir à chaud à la visibilité apportée par le film.

Tourisme ou histoire : quel ancrage pour Ithaque ?

La question centrale reste de savoir si la promotion touristique d’Ithaque pourra s’appuyer sur l’histoire et la culture locales, ou si elle restera tributaire de l’effet d’aubaine créé par une production cinématographique. Le maire Stanitsas a résumé ce dilemme en déclarant : « Le film, c’était hier. » Autant dire que la stratégie doit dépasser l’engouement ponctuel pour s’inscrire dans la durée. Cette réflexion intervient alors que les agences de voyages montrent déjà un intérêt accru pour l’île, ce qui pourrait se traduire par une hausse du nombre de visiteurs dès la prochaine saison.

Pour autant, cette affluence potentielle pose un défi logistique. Ithaque, qui compte des sites archéologiques majeurs comme celui de l’école d’Homère, doit désormais concilier attractivité touristique et préservation de son patrimoine. Selon le maire, des études sur l’accessibilité et la conservation de ce site ont déjà été finalisées et validées par le Conseil archéologique central. Il ne reste plus, pour l’instant, qu’à trouver les financements nécessaires à sa mise en valeur. « Je considère qu’il est du devoir de l’État de lancer sans tarder la mise en valeur du site archéologique », a-t-il déclaré, insistant sur le lien entre préservation du patrimoine et développement touristique.

Des investissements urgents pour le musée de Vathy

Le musée archéologique de Vathy, principal lieu d’exposition des artefacts d’Ithaque, se heurte lui aussi à des limites structurelles. Une étude a estimé qu’un budget d’environ 1,2 million d’euros serait nécessaire pour moderniser les espaces et permettre l’ouverture de nouvelles salles. Aujourd’hui, seule une salle est actuellement accessible au public. Ces travaux, indispensables pour accueillir un afflux potentiel de visiteurs, s’ajoutent aux besoins identifiés pour le site de l’école d’Homère.

Parallèlement, la municipalité mise sur des projets innovants pour structurer l’offre touristique. Parmi eux, le projet « Ulysse numérique », financé par la région des îles Ioniennes, vise à créer des outils digitaux pour relier la visibilité internationale d’Ithaque à des infrastructures tangibles. L’objectif est clair : éviter que cette notoriété ne reste éphémère. « Il s’agit de transformer une opportunité en levier de développement », a souligné l’équipe municipale.

Prochaines étapes : rencontres institutionnelles et fouilles archéologiques

Pour concrétiser ces ambitions, le maire a demandé une rencontre avec le Premier ministre grec afin de discuter des opportunités offertes par cette visibilité accrue. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de mobiliser les pouvoirs publics sur des investissements durables, à la fois dans la culture, l’archéologie, les infrastructures et le tourisme. Autre projet phare : la relance des fouilles archéologiques sur l’île, une initiative qui pourrait révéler de nouvelles richesses historiques et renforcer l’attractivité d’Ithaque.

Reste à savoir si le film « Odyssey » de Christopher Nolan servira de tremplin ou restera une parenthèse dans l’histoire touristique de l’île. Pour le maire Stanitsas, la réponse dépendra de la capacité des acteurs locaux et nationaux à transformer cette notoriété en actions concrètes. « Reste à voir si cette visibilité se limitera à l’actualité cinématographique ou si elle deviendra le socle d’un véritable développement », a-t-il conclu.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, les autorités locales et régionales devraient finaliser plusieurs études de faisabilité et lancer des appels à projets pour les sites archéologiques et le musée de Vathy. Une rencontre avec le Premier ministre, si elle aboutit, pourrait accélérer l’obtention des financements nécessaires. Par ailleurs, le projet « Ulysse numérique » devrait être opérationnel d’ici le printemps 2027, offrant une première vitrine digitale de l’île. Enfin, les fouilles archéologiques pourraient reprendre dès 2027, sous réserve des autorisations et des budgets alloués.

Quoi qu’il en soit, la période à venir sera déterminante pour Ithaque. Entre attente des visiteurs et préservation de son identité, l’île devra trouver l’équilibre pour tirer profit de cette parenthèse de gloire sans sacrifier son âme.

Les priorités identifiées concernent le musée archéologique de Vathy, dont la modernisation nécessite un budget d’environ 1,2 million d’euros, et le site de l’école d’Homère, pour lequel des études d’accessibilité et de conservation ont déjà été validées mais attendent des financements pour être mises en œuvre.

Le maire Dionysis Stanitsas a clairement indiqué que la question ne se posait même pas : Ithaque n’a pas peur que son histoire ou sa culture soient « volées ». En revanche, il critique le fait que les initiatives de promotion touristique émergent uniquement en réaction à la visibilité apportée par le film de Nolan, plutôt que dans le cadre d’une stratégie réfléchie et concertée avec les acteurs locaux.