« Très particuliers... » Voici comment Jacques Garcia, architecte et décorateur de renommée internationale, résume sans détour le style décoratif de Donald Trump, selon Le Figaro. Invité ce jeudi 5 juin 2026 de l’émission « Le Figaro La Nuit », l’expert a livré une analyse sans concession des transformations apportées à la Maison-Blanche par l’actuel locataire de la résidence présidentielle.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a fait réaliser les plus importants travaux de rénovation de la Maison-Blanche depuis l’époque Kennedy, avec la création d’une salle de bal de plus de 8 000 m² dans l’aile est.
  • Jacques Garcia salue l’idée d’une nouvelle salle de bal — nécessaire selon lui — mais critique certains choix esthétiques, comme les stucs dorés « immondes » dans le bureau ovale.
  • L’architecte reconnaît malgré tout des idées « géniales », comme la restauration des tableaux de tous les anciens présidents dans le bureau ovale, tout en dénonçant un « goût de cheval » assumé.
  • Garcia estime que le prochain président n’aura qu’à « décrocher ces merdes » pour conserver un bureau ovale parmi les plus remarquables.

Une salle de bal géante pour remplacer un espace critiqué

Les travaux engagés par Donald Trump dans l’aile est de la Maison-Blanche s’élèvent à plus de 8 000 m², une surface inédite depuis les aménagements réalisés sous John F. Kennedy. Cette extension, qui devait initialement remanier l’espace existant, a donné naissance à une salle de bal monumentale. « La précédente salle de bal, de 220 m², était très critiquée », rappelle Jacques Garcia. « Chez moi, c’est plus grand, et je ne suis pas l’homme le plus puissant du monde », ajoute-t-il avec une pointe d’ironie. Pour l’architecte, cette nouvelle salle répondait à un besoin pratique : « Le jardin de la Maison-Blanche était envahi de tentes pour loger les 2 000 personnes présentes chaque soir, je ne sais même pas pour quoi faire. »

Garcia nuance cependant son jugement sur l’esthétique de l’ouvrage. « Il a rallongé ce qui existait avec des arcades en pierre très classiques, et on est en train de dire qu’il fait une saloperie. Il a un goût de cheval, mais sur la salle de bal, il ne l’a pas pratiqué. Moi, je l’ai vu, et je dis bravo ! » L’expert reconnaît ainsi une cohérence dans l’exécution, malgré les critiques reçues.

Des choix décoratifs clivants : du bureau ovale au « cauchemar absolu » de la Trump Tower

Si la salle de bal semble avoir trouvé un certain équilibre, d’autres réalisations de Trump suscitent des réactions plus vives. Dans le bureau ovale, Garcia pointe du doigt des éléments qu’il juge disgracieux : « Au milieu de tout ça, il a mis des petits stucs dorés immondes, immondes, immondes… » Une critique qui s’ajoute à une analyse plus globale du style du président américain. « Sur son bureau, il a pratiqué le goût de cheval », assène-t-il, suggérant que ces choix pourraient être délibérément provocateurs. « Je pense que c’est un type qui aime choquer, profondément. »

L’architecte ne spare pas davantage ses mots lorsqu’il évoque la Trump Tower : « La Trump Tower, c’est le cauchemar absolu. » Une formule sans appel pour décrire l’accumulation d’éléments rococo et de dorures qui caractérisent les réalisations immobilières de l’ancien promoteur.

Des initiatives saluées, malgré les excès

Malgré ses critiques acerbes, Jacques Garcia reconnaît également des idées judicieuses dans les aménagements de Trump. Dans le bureau ovale, l’architecte a notamment été impressionné par la présence de tableaux représentant tous les anciens présidents américains, rapatriés depuis divers musées. « C’est une idée géniale ! » s’enthousiasme-t-il. Une initiative qui contraste avec les choix plus discutables en matière de décoration intérieure.

Pour Garcia, le bureau ovale pourrait ainsi devenir un modèle, à condition de retirer les éléments superflus. « Le prochain président n’a qu’à décrocher toutes ces merdes, garder les tableaux, et il a le plus beau bureau du monde. » Une conclusion qui résume son approche : distinguer le bon du mauvais, même chez un locataire controversé.

Et maintenant ?

Les travaux de rénovation de la Maison-Blanche, engagés sous la mandature Trump, pourraient servir de référence — ou de contre-exemple — pour les futurs présidents américains. Si l’administration suivante venait à conserver certains éléments, comme la collection de tableaux historiques, elle pourrait aussi décider de supprimer les ajouts les plus contestés. La question du patrimoine immobilier présidentiel reste donc un sujet ouvert, où l’esthétique se mêle à la symbolique politique.

Interrogé sur l’héritage laissé par Trump, Jacques Garcia souligne que « ce n’est pas une question de goût, mais de pouvoir ». Pour l’architecte, ces choix reflètent avant tout une volonté d’affirmer une personnalité au travers de l’espace. Qu’ils plaisent ou non, ils marqueront l’histoire de la résidence présidentielle américaine — quitte à alimenter les débats pour les décennies à venir.

Les travaux les plus significatifs concernent la création d’une salle de bal de plus de 8 000 m² dans l’aile est, les plus importants depuis l’époque Kennedy. Cette extension s’accompagne de rénovations globales de l’aile, incluant des arcades en pierre et des modifications structurelles majeures.

L’architecte pointe un « goût de cheval » assumé, des choix esthétiques chargés et parfois provocateurs, comme les stucs dorés dans le bureau ovale ou l’accumulation de dorures à la Trump Tower. Pour Garcia, ces décisions reflètent une volonté de choquer plutôt qu’un véritable sens artistique.