Cinq siècles d’histoire ont été mis en mouvement ce week-end dans le nord du Japon, où 1 800 participants se sont relayés pour déplacer de deux mètres un monument emblématique : le château de Hirosaki. Selon nos confrères du South China Morning Post, cette opération spectaculaire s’inscrit dans la poursuite des travaux de restauration entamés après les dommages causés par un tremblement de terre en 2011.
Ce qu'il faut retenir
- Un déplacement manuel de deux mètres réalisé en deux jours (22 et 23 août 2026) par 1 800 bénévoles, selon une technique traditionnelle japonaise nommée hikiya.
- Cette méthode, utilisée pour la première fois depuis un siècle en 2015 pour déplacer le même château, consiste à faire glisser le monument sur des rouleaux plutôt que de le démonter.
- Au total, 4 100 participants devraient se succéder d’ici la fin du mois d’août pour déplacer le donjon sur cinq mètres, avant que des machines n’achèvent le trajet sur les 73 mètres restants d’ici la fin de l’année.
- Le château de Hirosaki, construit en 1611 et reconstruit au début du XIXe siècle, est l’un des douze châteaux japonais encore debout et le seul de la région du Tohoku, sur l’île de Honshu.
Une tradition ancestrale remise au goût du jour
Cette opération de déplacement manuel, immortalisée par des images relayées par le South China Morning Post, s’appuie sur une pratique historique japonaise appelée hikiya. Comme l’a expliqué The Guardian, cette technique consiste à « mettre le monument sur des rouleaux et à le déplacer plutôt que de le démonter ». Une méthode qui a déjà fait ses preuves : en 2015, le château de Hirosaki, d’un poids d’environ 360 tonnes, avait été déplacé de cette manière pour réparer un mur endommagé par un séisme.
Plus de 8 000 personnes s’étaient portées volontaires cette année pour participer à cette nouvelle édition. Parmi elles, 1 800 bénévoles ont été sélectionnés pour prendre part aux travaux ce week-end, se relayant pour faire avancer le donjon de deux mètres en deux jours. L’objectif ? Respecter un calendrier précis et maintenir l’intégrité structurelle du bâtiment.
Un monument chargé d’histoire et de symboles
Le château de Hirosaki, construit en 1611, est un symbole de la région du Tohoku, dans le nord-est de l’archipel japonais. Détruit par un incendie en 1627, il a été reconstruit au début du XIXe siècle et figure aujourd’hui parmi les douze châteaux japonais encore debout sur les quelque quatre-vingts qui ont été construits à l’époque d’Edo (1603-1868).
Situé au cœur d’un parc, il attire chaque année quelque 2 millions de touristes pendant la saison des cerisiers, lorsque ses alentours se parent de fleurs roses. Son déplacement actuel s’inscrit dans le cadre de travaux plus larges visant à renforcer sa structure après les dégâts causés par le séisme de 2011 et à préserver ce patrimoine national.
Un chantier participatif et médiatisé
L’appel à la participation du public pour ce déplacement a suscité un vif intérêt. Plus de 8 000 candidatures ont été reçues, un engouement qui témoigne de l’attachement des Japonais à leur patrimoine historique. Les autorités locales ont donc dû sélectionner 1 800 participants parmi les volontaires, afin de garantir la sécurité et l’efficacité de l’opération.
Les images diffusées par le South China Morning Post montrent une foule en liesse, chantant à l’unisson pour rythmer les efforts collectifs. Une scène qui illustre la dimension à la fois technique et culturelle de cette opération. Après ces deux premiers jours de travaux manuels, 4 100 bénévoles au total devraient se relayer jusqu’à la fin du mois d’août pour déplacer le donjon sur cinq mètres. Ensuite, des machines prendront le relais pour achever les 73 mètres restants, avec un objectif fixé pour la fin de l’année.
Pour l’heure, les travaux se poursuivent selon le calendrier prévu, avec une attention particulière portée à la stabilité et à l’intégrité du château. Une fois déplacé, le monument retrouvera sa position d’origine, permettant ainsi aux visiteurs de continuer à admirer ce joyau architectural niché au cœur d’un écrin naturel.
Cette opération rappelle également l’importance des techniques traditionnelles dans la préservation du patrimoine japonais. Une démarche qui, si elle peut sembler surprenante à l’ère de la mécanisation, s’inscrit dans une logique de durabilité et de transmission des savoir-faire ancestraux.
Le déplacement manuel d’un château comme celui de Hirosaki repose sur une technique traditionnelle japonaise appelée hikiya. Selon The Guardian, cette méthode permet de préserver l’intégrité structurelle du bâtiment en évitant les risques liés au démontage et au remontage. Elle limite également les coûts et réduit l’empreinte carbone par rapport à l’utilisation de machines lourdes sur une longue période.
Le château de Hirosaki a été déplacé à deux reprises : une première fois en 2015 pour réparer un mur endommagé par un tremblement de terre, et une seconde fois en août 2026 dans le cadre de travaux de restauration plus larges. Ces déplacements sont exceptionnels et s’appuient sur des techniques traditionnelles rares.