Quinze ans après l’accident nucléaire de Fukushima, le Japon envisage de relancer sa politique énergétique nucléaire pour faire face à l’augmentation de la demande en électricité. Cinq réacteurs vieillissants devront être remplacés d’ici 2040, et jusqu’à quatorze d’ici 2050, selon les projections communiquées vendredi 5 juin par le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Le Japon prévoit de remplacer cinq réacteurs nucléaires d’ici 2040 et jusqu’à quatorze d’ici 2050 pour répondre à la demande énergétique croissante.
- Cette décision intervient quinze ans après la catastrophe de Fukushima, qui avait conduit le pays à revoir sa politique nucléaire.
- Le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie a officialisé cette stratégie le vendredi 5 juin 2026.
Un virage énergétique après Fukushima
La crise nucléaire de Fukushima, survenue en mars 2011, avait entraîné l’arrêt progressif de la plupart des réacteurs japonais. Le Japon, qui dépendait auparavant à près de 30 % de l’énergie nucléaire, avait alors adopté une politique de sortie du nucléaire. Pourtant, la demande en électricité, tirée par la reprise économique et les besoins industriels, rend aujourd’hui cette transition difficile à soutenir. Le gouvernement nippon justifie ce revirement par la nécessité de sécuriser l’approvisionnement énergétique et de réduire la dépendance aux énergies fossiles, dont les prix restent volatils sur les marchés internationaux.
D’après les estimations du ministère, le remplacement des réacteurs s’étendra sur plusieurs décennies, avec une première phase ciblant les unités les plus anciennes. Cette stratégie s’inscrit dans un plan plus large visant à diversifier le mix énergétique japonais, tout en maintenant une part significative du nucléaire pour stabiliser le réseau.
Des défis techniques et réglementaires à relever
La relance du parc nucléaire japonais ne sera pas sans obstacles. Les normes de sécurité, renforcées après Fukushima, imposent des investissements colossaux pour moderniser les infrastructures existantes ou en construire de nouvelles. Les réacteurs à remplacer représentent une part importante de la capacité nucléaire actuelle, et leur fermeture progressive nécessitera des alternatives immédiates pour éviter des pénuries.
Par ailleurs, la question du stockage des déchets radioactifs et de l’acceptation sociale du nucléaire reste sensible. Le gouvernement devra convaincre l’opinion publique, encore marquée par le traumatisme de 2011, de la fiabilité et de la sûreté des nouvelles installations. Les autorités promettent des garanties supplémentaires, notamment en matière de prévention des risques sismiques et de gestion des crises.
« La relance du nucléaire est une réponse pragmatique à un enjeu de souveraineté énergétique », a indiqué un porte-parole du ministère. « Nous devons concilier transition écologique et stabilité du réseau, sans quoi les conséquences économiques pourraient être lourdes. »
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large de transition énergétique en Asie, où plusieurs pays, comme la Chine ou la Corée du Sud, misent également sur le nucléaire pour réduire leurs émissions de CO₂. Pour le Japon, l’enjeu est double : retrouver une autonomie énergétique tout en rassurant une population encore réticente.
La relance du nucléaire intervient pour répondre à une demande énergétique en forte croissance, après des années de dépendance accrue aux énergies fossiles. Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de sécuriser l’approvisionnement et de limiter la volatilité des prix sur les marchés internationaux.