Le patron de la chocolaterie amiénoise Trogneux, aujourd’hui installé au Touquet, a livré un témoignage rare sur l’impact de la carrière politique de son oncle, Emmanuel Macron, sur sa vie personnelle et professionnelle. Dans le podcast À contre-jour, diffusé par BFM – Politique, Jean-Alexandre Trogneux a détaillé les revers subis depuis 2017, allant des agressions à la perte de clients, en passant par des menaces. Il a également exprimé son impatience à l’approche de la présidentielle de 2027, qu’il qualifie de « fin des emmerdements ».
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Alexandre Trogneux, neveu de Brigitte Macron, a témoigné dans le podcast À contre-jour des conséquences de la présidence d’Emmanuel Macron sur sa vie familiale et professionnelle.
- La notoriété soudaine de son nom a entraîné des actes de vandalisme, des menaces et une perte de clients, notamment après le mouvement des Gilets jaunes.
- En mai 2023, son fils, Jean-Baptiste Trogneux, a été violemment agressé par cinq individus, un événement qu’il attribue à la haine envers le nom Macron.
- La famille a quitté Amiens pour s’installer au Touquet pour des raisons de sécurité, une décision soutenue par Brigitte Macron.
- Jean-Alexandre Trogneux attend avec impatience mai 2027, date de la fin du mandat d’Emmanuel Macron, qu’il considère comme une libération.
Un témoignage rare sur l’ombre portée de l’Élysée
Jean-Alexandre Trogneux, figure discrète de la cinquième génération de la chocolaterie Trogneux à Amiens, s’est exprimé pour la première fois de manière aussi détaillée dans les médias. Selon BFM – Politique, il a accepté de participer au podcast À contre-jour, une émission visant à donner la parole aux proches de personnalités publiques. Son récit, à la fois intime et précis, retrace neuf années de bouleversements consécutives à l’accession de son oncle à la présidence de la République.
Dès 2017, la vie de Jean-Alexandre Trogneux a basculé. Alors que certains clients tentaient de lui demander des faveurs en échange de faveurs, comme l’annulation d’un contrôle fiscal, la situation a rapidement pris une tournure plus sombre. « Là, on prend un vrai choc », confie-t-il, évoquant la présence des camions de CNN devant sa boutique. « Personne n’avait prédit une telle destinée, même si Emmanuel y aspirait. » Le regard des autres a évolué, passant du respect à la critique, puis à une forme de jalousie, voire de haine.
Vandalisme, menaces et perte de repères
Les premières conséquences concrètes sont venues avec le mouvement des Gilets jaunes. Les boutiques Trogneux ont été saccagées, des employées insultées, et des lettres anonymes ont commencé à arriver chez lui. L’une d’elles contenait un simple mot : « Boum ». Un autre colis, envoyé sous forme de « cadeau », contenait des excréments avec ce commentaire : « Voilà le nouveau Macron au chocolat. »
« Personne n’a compris qu’il n’y avait aucun intérêt financier entre mon fils et moi et la famille Macron », souligne-t-il, amer. Il déplore également la perte de commandes auprès de comités d’entreprises gérés par des syndicalistes, refusant de collaborer avec le président. « Parce que ceux-ci ne voulaient pas faire plaisir au président », explique-t-il. Une situation qui a fragilisé son entreprise, autrefois florissante.
L’agression de son fils, un tournant
Le 15 mai 2023, quelques heures après une allocution télévisée d’Emmanuel Macron, Jean-Baptiste Trogneux, alors âgé de 22 ans et reprenant l’affaire familiale, a été violemment agressé par cinq individus devant le domicile de ses parents. « Il a été sauvé par un voisin très courageux », raconte son père. « C’était pour casser du Macron ! » Ce jour-là, Jean-Alexandre Trogneux a vécu un moment de rupture. « On ne peut pas imaginer qu’on s’en prenne au sang de son sang simplement parce qu’on porte le même nom. »
Cette agression a marqué un point de non-retour. Sa fille, qui ne porte pas le nom Trogneux, a quitté la France dès 2017. « Elle ne rentrera pas tant que la situation ne sera pas plus claire », confie-t-il. Lui-même a perdu des amis et subi des pressions professionnelles. « C’est sûr, cela a entaché notre nom », admet-il sans détour.
« C’est sûr, cela a entaché notre nom. »
— Jean-Alexandre Trogneux, dans le podcast À contre-jour, selon BFM – Politique
Un exil au Touquet pour échapper à la pression
Pour se protéger, Jean-Alexandre Trogneux a quitté Amiens pour s’installer au Touquet-Paris-Plage, une décision qu’il qualifie de « privation de liberté terrible ». Brigitte Macron, sa tante, a joué un rôle clé dans cette transition. « Elle a fait ce qu’il fallait pour nous protéger », reconnaît-il. « Même si cela reste une privation de liberté terrible dont l’on souffre encore à l’heure actuelle. » Il évoque une relation particulière avec Brigitte, qui l’accompagnait en boîte de nuit alors qu’il n’avait que quinze ans.
« Brigitte a compris plus rapidement qu’Emmanuel », précise-t-il. Aujourd’hui, il compte les jours avant mai 2027, date de la fin du mandat de son oncle. « J’attends mai 2027, ma délivrance, ou en d’autres mots, la fin des emmerdements. »
La fin d’un cycle ou le début d’une nouvelle ère ?
Si Jean-Alexandre Trogneux espère retrouver une vie normale après 2027, les répercussions de ces neuf années pourraient laisser des traces durables. La haine envers le nom Macron, alimentée par des années de polémiques et de divisions, a visiblement dépassé le cadre politique pour toucher des individus sans lien direct avec le pouvoir. « L’expérience que j’ai vécue, je ne la souhaite à personne », confie-t-il.
Son témoignage illustre une réalité souvent ignorée : l’impact collateral des carrières politiques sur les proches des dirigeants. Entre menaces, pressions professionnelles et isolement, les familles des personnalités publiques paient parfois un prix élevé pour la notoriété de leurs proches.
Son récit, bien que centré sur sa situation personnelle, pose une question plus large : dans une société où la polarisation politique ne cesse de croître, comment protéger les proches des personnalités publiques des conséquences de leur ascension ? Un débat qui pourrait resurgir lors des prochaines campagnes électorales.
Jean-Alexandre Trogneux a quitté Amiens pour s’installer au Touquet afin de se protéger des menaces et du harcèlement liés à la notoriété de son oncle, Emmanuel Macron. Selon ses propres termes, c’est une « privation de liberté terrible », mais nécessaire pour assurer sa sécurité et celle de sa famille.
L’entreprise a subi des actes de vandalisme, des pertes de commandes (notamment auprès de comités d’entreprises gérés par des syndicalistes) et une détérioration de son image. Certains clients ont également rompu leur collaboration par hostilité envers le nom Macron, sans lien avec la chocolaterie.