L’essayiste Jean-François Hamel publie une analyse inédite de la presse militante née dans l’élan de Mai 68, intitulée « Les Feuilles de l’après-mai ». Dans cet ouvrage, l’auteur propose une « histoire littéraire du gauchisme », explorant les transformations du langage révolutionnaire et ses usages performatifs, comme le rapporte Le Monde.

Ce qu'il faut retenir

  • Jean-François Hamel publie « Les Feuilles de l’après-mai », une étude sur la presse militante issue de Mai 68, selon Le Monde.
  • L’essayiste y analyse les « virtualités performatives du langage révolutionnaire », un concept central pour comprendre l’héritage idéologique de cette période.
  • L’ouvrage s’appuie sur une relecture des discours et des publications issues des mouvements gauchistes des années 1970.
  • L’auteur met en lumière le rôle des médias militants dans la diffusion des idées et la construction d’une contre-culture politique.

Pour Hamel, Mai 68 n’a pas seulement marqué un tournant politique, mais aussi une rupture dans la manière de concevoir l’écrit et le discours militant. « Les Feuilles de l’après-mai » interroge ainsi la manière dont les révolutionnaires de l’époque ont façonné un langage à la fois contestataire et créatif. L’essayiste souligne que ces textes, souvent éphémères, ont contribué à façonner une mémoire collective du gauchisme, bien au-delà des barricades parisiennes.

L’ouvrage s’inscrit dans la continuité des travaux de Hamel sur les avant-gardes littéraires et politiques. En s’appuyant sur des archives méconnues, il révèle comment la presse militante a servi de laboratoire pour des expérimentations stylistiques et idéologiques. « On y découvre des textes qui mêlent poésie, pamphlet et théorie politique, autant dire une hybridation rare dans l’histoire des mouvements sociaux », précise l’essayiste dans son introduction.

Selon Le Monde, cette publication arrive à un moment où la réévaluation de Mai 68 fait débat en France. Alors que certains historiens soulignent son rôle dans l’émancipation des mœurs, d’autres en relativisent l’impact politique. Hamel, lui, se concentre sur un aspect moins étudié : la dimension littéraire et langagière de ce mouvement. « Le gauchisme n’a pas seulement été une idéologie, c’est aussi un style, une manière de parler et d’écrire », explique-t-il dans une interview accordée au quotidien.

Et maintenant ?

La sortie de « Les Feuilles de l’après-mai » pourrait relancer les débats sur la postérité de Mai 68, notamment dans les milieux universitaires et médiatiques. L’ouvrage pourrait être salué pour sa rigueur académique, ou au contraire critiqué par ceux qui y verraient une idéalisation du passé. À plus long terme, il pourrait inspirer de nouvelles recherches sur les liens entre littérature et militantisme, un champ encore peu exploré en France.

Pour les lecteurs intéressés par l’histoire intellectuelle des mouvements sociaux, « Les Feuilles de l’après-mai » offre une plongée dans un univers où la parole militante se transforme en acte littéraire. L’essai de Jean-François Hamel, disponible en librairie depuis le 20 mai 2026, s’adresse autant aux spécialistes qu’au grand public souhaitant comprendre les racines des discours contestataires contemporains.

Dans un contexte où les réseaux sociaux redéfinissent les modalités de l’engagement, l’ouvrage rappelle que la radicalité politique a souvent pris la forme d’une écriture audacieuse. Comme le souligne Hamel, « Mai 68 nous a légué des mots avant de nous laisser des lois ». Une phrase qui résume à elle seule l’ambition de son travail.

Contrairement aux médias traditionnels, souvent perçus comme des outils de propagande étatique ou patronale, la presse militante de Mai 68 se caractérisait par son autonomie éditoriale et son ton subversif. Ces publications, souvent imprimées sous forme de tracts ou de journaux militants, privilégiaient un langage direct, parfois poétique, et une mise en page expérimentale. Elles servaient à la fois de caisse de résonance pour les idées révolutionnaires et de moyen de mobilisation, bien loin du formatage des grands titres de presse.