Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 (Cojop) a reporté à la rentrée les décisions concernant la refonte de sa gouvernance, comme le rapporte Franceinfo - Sport. Lors d’un bureau exécutif tenu jeudi 23 juillet, les parties prenantes ont estimé que les propositions de création de deux nouveaux postes – directeur des opérations et directeur de la cellule exécutive – nécessitaient encore des ajustements. Edgar Grospiron, président du Cojop, a précisé que ces nominations ne perturbent pas la bonne marche du projet.
Ce qu’il faut retenir
- Le report des décisions sur la gouvernance a été acté lors d’un bureau exécutif le 23 juillet 2026, sans impact sur le calendrier des Jeux.
- Deux nouveaux postes étaient proposés : directeur des opérations et directeur de la cellule exécutive, avec trois candidats envisagés pour chacun.
- Un audit sur la santé mentale et le bien-être des agents a été annoncé en réaction à des articles évoquant des risques psychosociaux au sein du Cojop.
- Le Cojop traverse une période de turbulences avec plusieurs départs de directeurs ces derniers mois, dont celui de Cyril Linette en février pour des désaccords avec Edgar Grospiron.
- Parmi les candidats pressentis figurent Xavier Becker, actuel directeur sites et infrastructures au Comité international olympique (CIO), et Blandine Vinagre-Rocca, directrice des affaires juridiques du Cojop.
Un consensus introuvable pour remplacer les directeurs partis
Malgré plusieurs départs en cascade au sein du Comité d’organisation depuis le début de l’année, les discussions autour de la restructuration de la gouvernance peinent à aboutir. Edgar Grospiron et son nouveau directeur général adjoint, Vincent Roberti – en poste depuis la mi-juin –, avaient proposé la création de deux postes stratégiques pour renforcer l’organisation. Mais lors de la réunion du 23 juillet, les parties prenantes ont jugé nécessaire de « travailler encore » ces propositions, delaying ainsi les nominations.
Selon Vincent Roberti, « on n’a pas évoqué les noms avec les membres » du bureau exécutif. Il a confirmé qu’au moins trois profils étaient pressentis pour chaque poste, tout en rappelant que l’organisation ne se construit pas « en fonction des gens, mais que les gens doivent s’insérer dans une organisation ». Une position qui souligne la volonté de construire une structure solide avant d’y intégrer les compétences.
Un audit pour évaluer la santé des agents après des révélations de tensions internes
La décision d’un audit sur la santé mentale des agents intervient dans un contexte marqué par des tensions internes au Cojop. Le Parisien avait évoqué mercredi des « risques psychosociaux, arrêts maladie et menaces de démission » parmi les salariés. Edgar Grospiron a justifié cette initiative en déclarant : « On va faire un audit sur l’état, la santé morale, mentale, le bien-être des agents pour voir si ce qu’on écrit est vrai ou pas vrai. »
Cette annonce s’inscrit dans une volonté de transparence, alors que le Cojop doit faire face à des défis organisationnels majeurs en vue des Jeux de 2030. Les Jeux d’hiver qui se dérouleront dans les Alpes en 2030 représentent un enjeu sportif, économique et logistique de taille pour la France, et toute perturbation dans la gestion du comité pourrait avoir des répercussions.
Les départs successifs qui fragilisent la structure
Le Cojop traverse une période délicate depuis le début de l’année. En février 2026, Cyril Linette, alors directeur général, a quitté ses fonctions en invoquant des « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron. Ce départ avait déjà révélé des tensions au sommet de l’organisation. Depuis, plusieurs autres directeurs ont quitté le navire, sans que leurs postes ne soient encore pourvus de manière définitive.
Parmi les profils pressentis pour intégrer la nouvelle gouvernance, Xavier Becker, actuellement directeur des sites et infrastructures au Comité international olympique (CIO), est cité comme un sérieux candidat. Blandine Vinagre-Rocca, directrice des affaires juridiques du Cojop et ancienne directrice de cabinet de Laurent Wauquiez quand il présidait la région Auvergne-Rhône-Alpes, figure également parmi les noms évoqués. Ces profils reflètent la recherche d’une expertise à la fois technique et administrative pour piloter l’organisation des Jeux.
« Je ne fais pas une organisation en fonction des gens, mais les gens vont devoir s’insérer dans une organisation. Donc cette organisation, il faut la construire avec les personnes. »
Vincent Roberti, directeur général adjoint du Cojop
Une gouvernance à finaliser avant la rentrée
Edgar Grospiron a annoncé que les parties prenantes s’étaient mises d’accord pour reprendre les discussions « un peu avant la rentrée », afin de leur fournir « l’ensemble des éléments complémentaires » nécessaires à la validation des nominations. Ce report, bien qu’il repousse certaines décisions, ne remet pas en cause le calendrier global du projet, a-t-il tenu à souligner. Les Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes restent donc sur la bonne voie, malgré les remous internes.
Cette situation rappelle que l’organisation d’un événement d’une telle ampleur – qui mobilise des milliers de personnes, des infrastructures et un budget colossal – exige une gouvernance irréprochable. Les retards dans la finalisation de cette gouvernance pourraient, à terme, impacter la préparation logistique ou la communication autour des Jeux.
La prochaine échéance majeure sera donc la réunion de rentrée, où les parties prenantes devront trancher sur la structure définitive du comité. En attendant, le Cojop devra gérer la période estivale, cruciale pour préparer les sites et mobiliser les partenaires, tout en apaisant les tensions internes.