À l’occasion de la sortie de son recueil de poésie « Quand tu verras ma mère, invite-la à danser », publié aux éditions Points, Joan Baez s’exprime longuement sur les ondes de Franceinfo dans le cadre de l’émission « Le Monde d’Élodie ». Un entretien où l’artiste, engagée et poétesse, aborde sans détour ses doutes, ses combats et sa quête d’identité. « J’ai eu honte pendant des années », confie-t-elle ainsi à la journaliste Élodie Suigo.

Ce qu'il faut retenir

  • Joan Baez publie un recueil de poésie intitulé « Quand tu verras ma mère, invite-la à danser », aux éditions Points.
  • Dans cet ouvrage, elle évoque ses difficultés liées à son identité, notamment son héritage mexicain et sa quête de reconnaissance familiale.
  • L’artiste, connue pour son engagement et ses chansons, y aborde également son rapport à la nature et à l’amour, à travers des poèmes personnels.
  • Elle revient sur son choix de garder son nom d’origine, Joan Baez, malgré une période où elle envisageait d’en changer.
  • Dans ce livre, elle révèle aussi une facette méconnue : son amour précoce pour la vie et pour les grands garçons dès la maternelle.

Un livre à cœur ouvert sur l’identité et l’amour

Selon nos confrères de Franceinfo - Culture, le recueil « Quand tu verras ma mère, invite-la à danser » marque une étape importante dans la carrière de Joan Baez. L’auteure y explore des thèmes intimes comme la honte, l’amour inconditionnel et la recherche de soi. Dans un poème intitulé « Adieu au ballon noir et gris », elle se livre avec une rare franchise, presque nue, comme elle le précise elle-même.

Joan Baez y revient sur les années où elle se sentait en décalage, notamment à cause de ses origines mexicaines et de son statut d’élève moyen. « Je ne l’aurais pas dit comme ça, mais c’est vrai que, petite, j’avais honte », explique-t-elle. « Pendant des années, j’ai eu honte. Ce n’était pas assez bien d’être Mexicaine, de ne pas être la première de la classe, et tout ça. » Avec le temps, elle a appris à accepter ses imperfections, tout en revendiquant sa place dans le monde de la musique. « Même si je suis la meilleure chanteuse », ajoute-t-elle avec une pointe d’humour.

La quête d’identité : un long cheminement

Dans cet entretien, Joan Baez revient sur une période où elle envisageait de changer de nom. Elle raconte avoir songé à adopter un pseudonyme comme Rachael ou Mariah, avant de renoncer. « Heureusement, je suis revenue à la raison et j’ai décidé d’utiliser mon vrai nom », confie-t-elle. C’est à partir de ce choix qu’elle a commencé à développer une identité assumée, dans un petit café où elle se produisait.

Ce livre permet ainsi de mieux comprendre la personnalité complexe de l’artiste, marquée par une quête permanente de reconnaissance, notamment de la part de son père. « Mon père était fier de moi, bien sûr, et il était prêt à le dire à absolument tout le monde et aux inconnus dans les aéroports, mais jamais à moi, sa fille », révèle-t-elle avec une émotion contenue. Elle évoque aussi les difficultés à obtenir son approbation, même après des décennies de carrière.

L’amour de la vie et de la nature : une source de salut

Joan Baez se définit avant tout comme « une amoureuse de tout ce qui peut me sauver dans la vie ». Parmi ses passions, la nature occupe une place centrale. Elle vit dans une maison perchée dans les arbres, une habitation qui lui donne l’impression de frôler la Lune. « Je ne sais pas ce que je ferais sans tous ces arbres, sans toutes ces fleurs », confie-t-elle. Pour elle, ces éléments naturels sont bien plus qu’un décor : ils sont une nécessité vitale.

Un journaliste français lui ayant demandé pourquoi elle accordait tant d’importance à la nature, elle a répondu, avec une simplicité désarmante : « Parce que c’est naturel ! » Une réponse qui a fait rire son interlocuteur. Cet attachement à l’environnement reflète une philosophie de vie où la beauté du monde devient une échappatoire, voire une forme de salut.

Une vie de combats et de reconnaissance

Joan Baez, figure emblématique de la musique engagée, a traversé des décennies de luttes sociales et artistiques. Ce recueil de poésie, où elle se dévoile sans fard, confirme que son parcours reste aussi riche qu’inattendu. Elle qualifie elle-même sa vie de « roman extraordinaire », malgré les difficultés rencontrées. « Ce n’est pas tout à fait un conte de fées, à cause des épreuves », précise-t-elle. Pourtant, elle en tire une forme de gratitude pour les expériences uniques qu’elle a vécues.

À près de quatre-vingt-six ans, l’artiste continue d’inspirer par son authenticité et son refus des compromis. Son recueil, à mi-chemin entre poésie et autobiographie, offre un éclairage nouveau sur une personnalité déjà bien connue, mais jamais totalement explorée.

Et maintenant ?

Ce recueil marque peut-être le début d’une nouvelle phase créative pour Joan Baez. Si l’accueil réservé par le public et la critique sera déterminant, une chose est sûre : l’artiste n’a pas fini de nous surprendre. D’ici la fin de l’année, elle pourrait participer à des événements littéraires ou musicaux pour promouvoir son ouvrage, tout en continuant à défendre les causes qui lui tiennent à cœur.

Joan Baez reste une figure incontournable de la culture américaine et internationale. Son parcours, entre musique, poésie et engagement, continue de fasciner et d’inspirer des générations entières. À travers ce livre, elle nous rappelle que les combats intimes peuvent aussi devenir des sources de lumière.

D'après Franceinfo - Culture, l'ouvrage explore principalement l'identité, la quête de reconnaissance familiale, l'amour sous toutes ses formes, ainsi que le rapport à la nature. Joan Baez y évoque aussi ses doutes et ses combats intimes.