Le parquet de Bruxelles a confirmé ce lundi 1er juin 2026 le lancement d’une enquête approfondie contre Wise Europe, la filiale européenne du géant britannique des transferts d’argent Wise, pour des soupçons de blanchiment. Selon Le Figaro, cette procédure judiciaire, « aujourd’hui à un stade avancé et touchant à sa fin », se concentre principalement sur « l’utilisation de comptes Wise à des fins criminelles, avec des indices de non-respect de la législation anti-blanchiment ». L’information, initialement révélée par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), a été corroborée par l’Agence France-Presse (AFP).

Ce qu'il faut retenir

  • Le parquet de Bruxelles mène une enquête « avancée et proche de son terme » contre Wise Europe pour soupçons de blanchiment.
  • L’enquête cible principalement l’utilisation de comptes Wise à des fins criminelles et d’éventuels manquements à la législation anti-blanchiment.
  • Wise a réagi en affirmant que cette procédure n’indique pas nécessairement un non-respect des obligations en matière de lutte contre le blanchiment.
  • L’action de Wise plongeait à la Bourse de Londres en milieu de journée, à la suite de l’annonce.

Une procédure judiciaire ciblée et des accusations précises

D’après les éléments communiqués par le parquet de Bruxelles, l’enquête ouverte en Belgique vise avant tout à déterminer si des comptes détenus par Wise ont été utilisés pour des activités illicites. Les autorités judiciaires suspectent des manquements aux obligations légales en matière de traçabilité des flux financiers et de lutte contre le blanchiment. « Les investigations portent principalement sur l’utilisation de comptes Wise à des fins criminelles, avec des indices de non-respect de la législation anti-blanchiment », a précisé un porte-parole du parquet à l’AFP.

Cette procédure n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un cadre plus large de surveillance des acteurs du secteur des transferts d’argent, souvent exposés à des risques de fraude ou de financement d’activités illégales. Wise, présent dans plus de 170 pays, est régulièrement pointé du doigt pour la rapidité et la transparence de ses services, mais aussi pour les risques systémiques qu’ils peuvent engendrer en matière de contrôle des flux financiers.

La réaction de Wise : une défense ferme mais une action en Bourse affectée

Face à ces accusations, Wise Europe a réagi avec fermeté. Dans un communiqué diffusé ce lundi, l’entreprise a souligné que « les investigations en Belgique ne sont pas, en elles-mêmes, révélatrices d’un non-respect des exigences de lutte contre le blanchiment d’argent ni d’un quelconque acte répréhensible ». Elle a rappelé son engagement à respecter scrupuleusement les réglementations en vigueur, tout en admettant que des contrôles renforcés pouvaient être nécessaires pour certains de ses utilisateurs.

L’annonce de cette enquête a eu un impact immédiat sur la valorisation de Wise à la Bourse de Londres. Dès l’ouverture des marchés, l’action de l’entreprise a plongé, reflétant la nervosité des investisseurs face à cette procédure judiciaire. Wise, coté sous le code WISE à Londres, a vu son cours reculer de plusieurs points en milieu de séance, avant de stabiliser partiellement ses pertes.

Contexte : un secteur sous haute surveillance

Les transferts d’argent, notamment ceux des diasporas vers leurs pays d’origine, représentent un marché colossal, estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros par an dans le monde. En Europe, les acteurs comme Wise, Western Union ou MoneyGram sont soumis à une réglementation de plus en plus stricte, notamment depuis l’entrée en vigueur de la 5e directive européenne anti-blanchiment (DML5), qui renforce les obligations de vigilance et de transparence pour les prestataires de services de paiement.

En France, le secteur a récemment connu des bouleversements majeurs. MoneyGram, l’un des concurrents directs de Wise, a annoncé en 2025 la fermeture de toutes ses agences physiques sur le territoire national, marquant un tournant vers une offre 100 % digitale. Ce mouvement s’inscrit dans une logique de réduction des coûts et d’adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs, mais aussi dans un contexte de contrôle accru par les régulateurs.

Et maintenant ?

L’enquête du parquet de Bruxelles devrait aboutir dans les prochains mois, selon les observateurs judiciaires. Si des manquements sont avérés, Wise pourrait faire l’objet de sanctions administratives ou pénales, allant de l’amende à la suspension partielle de ses activités en Belgique. La société a d’ores et déjà indiqué qu’elle coopérait pleinement avec les autorités, une démarche qui pourrait atténuer l’ampleur des mesures qui seront éventuellement prises contre elle.

Pour les utilisateurs de Wise, cette affaire rappelle l’importance de vérifier la légitimité des opérations effectuées via la plateforme. Quant aux concurrents du secteur, ils pourraient tirer parti de cette situation pour renforcer leur propre image en matière de conformité, tout en surveillant de près l’évolution réglementaire à venir.

Reste à voir si cette enquête aura des répercussions plus larges sur le secteur des fintechs en Europe, alors que les régulateurs nationaux et européens durcissent leur supervision des acteurs du paiement. Une chose est sûre : dans un environnement où la confiance est la pierre angulaire de toute activité financière, les acteurs comme Wise devront redoubler de transparence pour éviter que ces soupçons ne se transforment en condamnations.

Si l’enquête aboutit à des sanctions contre Wise, les utilisateurs pourraient voir leurs comptes temporairement gelés ou soumis à des contrôles renforcés. Cependant, aucune mesure concrète n’a encore été annoncée à ce stade. Wise a indiqué coopérer pleinement avec les autorités, ce qui pourrait limiter l’impact sur ses clients.

Pour l’heure, seule la Belgique a ouvert une enquête officielle. Cependant, d’autres régulateurs européens pourraient s’inspirer des conclusions belges pour renforcer leurs propres contrôles. Wise est présent dans 170 pays, et sa conformité sera scrutée de près par les autorités locales.