Le Kazakhstan enregistre une performance remarquable dans l’attraction d’investissements industriels, avec plus de 16,5 milliards d’euros injectés dans de nouveaux projets l’an dernier. Selon Euronews FR, cette dynamique vise à transformer l’économie du pays, encore largement dominée par l’extraction minière et pétrolière, en développant un secteur manufacturier à forte valeur ajoutée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Kazakhstan a attiré 16,5 milliards d’euros d’investissements étrangers en 2025, selon la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP).
  • L’industrie manufacturière représente désormais 46,5 % de la production industrielle nationale sur les cinq premiers mois de 2026.
  • Pour la deuxième année consécutive, la part du secteur manufacturier dépasse celle de l’industrie minière.
  • Les zones économiques spéciales et les grands projets industriels jouent un rôle clé dans cette transition.

Cette ambition s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités kazakhes de diversifier leur modèle économique. Depuis plusieurs années, le pays mise sur des secteurs comme la métallurgie de nouvelle génération et les technologies industrielles pour réduire sa dépendance aux exportations de matières premières, dont le pétrole et les minerais représentent encore une part prépondérante des revenus nationaux. Euronews FR souligne que cette stratégie commence à porter ses fruits, avec une industrie manufacturière qui affiche une croissance continue.

Un basculement progressif de l’économie

Les chiffres sont révélateurs. Au cours des cinq premiers mois de 2026, l’industrie manufacturière a généré 46,5 % de la production industrielle totale du pays, dépassant pour la deuxième année consécutive le secteur minier. Cette performance marque un tournant dans la structure économique kazakhe, où l’industrie extractive avait traditionnellement occupé une place centrale. L’essor des nouvelles technologies et des procédés industriels modernes permet désormais au Kazakhstan de se positionner sur des marchés à plus haute marge.

Ce basculement s’explique en partie par des politiques publiques volontaristes. Les autorités ont mis en place des zones économiques spéciales (ZES), des dispositifs fiscaux avantageux et des partenariats public-privé pour attirer les investisseurs étrangers. Parmi les projets phares, la modernisation des sites métallurgiques et le développement de l’industrie automobile légère figurent en tête de liste. « Ces investissements ne se contentent pas de moderniser nos infrastructures, explique un haut responsable du ministère de l’Industrie kazakh. « Ils nous permettent de nous inscrire dans des chaînes de valeur mondiales et de créer des emplois qualifiés à long terme. »

Un écosystème en mutation sous l’effet des financements publics

Le financement public joue un rôle moteur dans cette transformation. Le gouvernement a alloué des budgets spécifiques pour soutenir l’innovation industrielle, notamment via des subventions et des prêts à taux préférentiels. Les ZES, comme celle d’Astana ou d’Atyraou, offrent des exonérations fiscales et des infrastructures clés en main pour les entreprises étrangères. Selon les données du ministère kazakh de l’Économie, plus de 300 projets industriels ont été lancés dans ces zones depuis 2024, avec un taux de réalisation avoisinant les 70 %.

Ces initiatives s’accompagnent d’une volonté d’améliorer l’attractivité du pays sur la scène internationale. Le Kazakhstan mise sur sa position géographique, à la croisée des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie, pour devenir un hub industriel régional. « Notre objectif est de faire du Kazakhstan un carrefour pour les investisseurs cherchant à desservir les marchés émergents d’Asie centrale et du Moyen-Orient », précise un analyste du cabinet McKinsey cité par Euronews FR.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la pérennité de cette dynamique. Plusieurs projets industriels d’envergure, dont la construction d’une usine de batteries électriques dans la région de Karaganda, devraient être finalisés d’ici la fin 2026. Les autorités kazakhes tablent sur une croissance annuelle de 5 à 7 % pour le secteur manufacturier d’ici 2028, à condition que les investissements étrangers se maintiennent à leur niveau actuel. La tenue du forum « Invest in Kazakhstan », prévue en octobre 2026 à Nur-Sultan, sera l’occasion de présenter les avancées réalisées et de négocier de nouveaux partenariats.

Quels défis pour l’avenir ?

Malgré ces avancées, des défis persistent. Le Kazakhstan doit encore renforcer ses infrastructures logistiques et améliorer son cadre réglementaire pour garantir un environnement stable aux investisseurs. La formation de la main-d’œuvre qualifiée reste également un enjeu majeur, alors que le pays cherche à monter en gamme dans des secteurs technologiques. Enfin, la dépendance aux cours des matières premières, bien que réduite, n’a pas totalement disparu, ce qui expose l’économie aux fluctuations des prix internationaux.

Pourtant, l’élan est donné. Avec une industrie manufacturière désormais dominante, le Kazakhstan pourrait bien réussir sa mue économique. La question n’est plus de savoir si le pays parviendra à diversifier son économie, mais à quelle vitesse il pourra concrétiser cette ambition. Comme le résume un économiste de la Banque mondiale interrogé par Euronews FR : « Le Kazakhstan a toutes les cartes en main pour devenir un acteur industriel clé en Asie centrale. La balle est désormais dans le camp des investisseurs et des décideurs locaux. »

Les autorités kazakhes misent en premier lieu sur la métallurgie de nouvelle génération, l’automobile légère, les technologies de l’information et les énergies renouvelables. Selon Euronews FR, ces secteurs ont bénéficié de plus de 40 % des investissements étrangers enregistrés en 2025.

Les ZES offrent des avantages fiscaux (exonérations d’impôts sur les bénéfices, TVA réduite) et des infrastructures adaptées pour attirer les investisseurs. Depuis 2024, plus de 300 projets y ont été lancés, générant près de 20 000 emplois directs, d’après les chiffres du ministère kazakh de l’Économie.