Le géant français du luxe Kering, propriétaire de marques emblématiques comme Gucci et Yves Saint Laurent, s’apprête à présenter ce jeudi à Florence son nouveau plan stratégique baptisé « ReconKering ». Conçu pour redonner à l’entreprise toute sa superbe après une période difficile, ce projet vise à relancer le groupe, actuellement classé cinquième mondial du secteur. Selon le Figaro, l’objectif affiché est clair : « revenir parmi les best-in-class du luxe » d’ici quatre ans.
Ce qu'il faut retenir
- Kering présente ce 16 avril 2026 à Florence son plan « ReconKering » sous la direction de son nouveau PDG, Luca de Meo.
- Le groupe ambitionne de doubler sa marge opérationnelle courante « à moyen terme », sans préciser d’échéance exacte.
- Plusieurs mesures clés sont prévues : mutualisation des fonctions (R&D, achats, logistique, IA), création d’une plateforme intégrée pour les maisons du groupe, et accélération des synergies.
- Ce plan s’inscrit dans un contexte de désendettement entamé via la cession d’actifs immobiliers et la vente de Kering Beauté à L’Oréal pour 4 milliards d’euros.
- Gucci, marque phare du groupe, reste un défi majeur après un repli de 6 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2026.
La stratégie « ReconKering » repose sur plusieurs piliers, dont la mutualisation des fonctions transverses pour gagner en efficacité. Le groupe annonce la création d’une plateforme intégrée couvrant la R&D, les achats, la logistique, la gestion de la clientèle et l’intelligence artificielle. « Cela permettra aux Maisons de gagner en puissance, en rapidité et en efficacité, tout en préservant pleinement leur identité créative », explique le groupe dans un communiqué.
Cette approche s’inscrit dans la continuité des mesures déjà engagées pour redresser la situation financière de Kering. Après avoir cédé des actifs immobiliers et finalisé la vente de sa branche beauté à L’Oréal pour 4 milliards d’euros — une transaction finalisée en avril 2026 —, le groupe a également revu sa gouvernance et son organisation. Ces ajustements visent à améliorer la rentabilité et à repositionner Kering face à ses concurrents directs.
Un marché du luxe en pleine mutation
Le secteur du luxe traverse une période de turbulences, marquée par une demande en ralentissement et une concurrence accrue. Selon les observateurs, Kering doit composer avec des défis majeurs, à commencer par le déclin de Gucci, qui représente encore une part significative de ses revenus. Au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré un repli de 6 % de son chiffre d’affaires, principalement imputable à la baisse des performances de sa marque phare. « Le marché est chahuté, et notre objectif est de retrouver notre lustre d’antan », confie un proche du dossier au Figaro.
Luca de Meo, nommé directeur général en 2025, a hérité d’une entreprise en pleine recomposition. Son plan « ReconKering » mise sur une croissance plus rapide que celle du marché, tout en réduisant la dette et en optimisant les coûts. La mutualisation des fonctions, comme la R&D ou les achats, doit permettre de réaliser des économies d’échelle sans altérer l’autonomie créative des différentes maisons du groupe.
Des synergies pour compenser les faiblesses de Gucci
Parmi les mesures phares du plan, la création d’une plateforme intégrée doit favoriser les synergies entre les marques du groupe. Par exemple, les équipes de R&D pourront partager leurs innovations, tandis que les services logistiques mutualisés réduiront les coûts de transport et de stockage. « L’idée est de créer une machine plus efficace, capable de réagir plus rapidement aux tendances du marché », précise un responsable du groupe.
Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra en grande partie de la capacité de Gucci à se repositionner. La marque, autrefois star incontestée du luxe, a vu sa part de marché diminuer face à des concurrents comme LVMH ou Richemont. Pour y remédier, Kering compte sur un renouvellement de sa gamme, une meilleure gestion des stocks et une stratégie digitale renforcée. « Gucci doit retrouver son statut de leader créatif », souligne un analyste du secteur.
Par ailleurs, la performance de Gucci au second semestre 2026 sera un indicateur clé de la pertinence du plan. Si la marque parvient à inverser la tendance, Kering pourrait retrouver une dynamique positive plus rapidement que prévu. À l’inverse, un nouvel échec pourrait contraindre le groupe à revoir certaines de ses ambitions.
Enfin, la finalisation de la cession de Kering Beauté à L’Oréal, effective depuis avril 2026, devrait permettre de réduire l’endettement du groupe et de se concentrer sur ses activités historiques. Les liquidités générées par cette opération seront-elles suffisantes pour financer la relance de Gucci ? La réponse à cette question déterminera en partie la réussite du plan « ReconKering ».
La mutualisation des fonctions comme la R&D, les achats ou la logistique doit permettre à Kering de réaliser des économies d’échelle et d’améliorer son efficacité opérationnelle. L’objectif est de compenser les faiblesses de certaines marques, comme Gucci, en optimisant les coûts sans sacrifier la créativité des différentes maisons du groupe.
Gucci doit faire face à un repli de son chiffre d’affaires, une concurrence accrue et une perte de son statut de leader créatif. Le plan « ReconKering » prévoit un renouvellement de sa gamme, une meilleure gestion des stocks et une stratégie digitale renforcée pour inverser la tendance. La performance de Gucci au second semestre 2026 sera un indicateur clé de la réussite du plan.
