Une perquisition a été menée jeudi 16 avril au siège parisien d’Engie, ex-GDF Suez, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en octobre 2025 pour des faits présumés de corruption, trafic d’influence et abus de confiance. Selon Franceinfo – Politique, cette opération s’inscrit dans le prolongement de l’enquête visant l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati, soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros entre 2010 et 2011 pour défendre les intérêts du secteur gazier au Parlement européen.
Ce qu'il faut retenir
- Une perquisition a eu lieu jeudi 16 avril 2026 au siège d’Engie (ex-GDF Suez), dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre 2025.
- Rachida Dati est soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros via un cabinet d’avocats entre 2010 et 2011 pour défendre les intérêts du secteur gazier alors qu’elle était eurodéputée.
- L’enquête porte sur des chefs présumés de corruption, trafic d’influence, abus de bien social et détournement de fonds publics.
- Des perquisitions avaient déjà eu lieu en décembre 2025 au ministère de la Culture, à la mairie du 7ᵉ arrondissement et aux domiciles de l’ancienne ministre.
- Engie a confirmé à ses actionnaires que des paiements avaient bien été versés au cabinet d’avocats, mais n’a pas souhaité réagir publiquement à la perquisition.
Une enquête judiciaire en cours depuis plus d’un an
L’information judiciaire ouverte en octobre 2025 a pris un nouveau tournant avec la perquisition menée jeudi au siège d’Engie, situé dans le 15ᵉ arrondissement de Paris. D’après Franceinfo – Politique, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCLCIFF) cherchaient des preuves matérielles de paiements indirects en faveur de Rachida Dati. Ces investigations s’appuient sur des révélations publiées en juin 2025 par Complément d’enquête et Le Nouvel Obs, qui avaient dévoilé des documents comptables inédits.
Ces documents indiquaient que GDF Suez (devenu Engie en 2015) avait versé la même somme de 299 000 euros au cabinet d’avocats d’affaires Lalive, qui à son tour aurait rémunéré Rachida Dati entre 2010 et 2011. À cette époque, l’ancienne ministre, alors eurodéputée, s’était publiquement exprimée en faveur du secteur gazier, suscitant des soupçons de conflit d’intérêts de la part d’ONG et de militants écologistes. Rachida Dati avait toujours nié ces accusations, affirmant n’avoir jamais été rémunérée par GDF Suez.
Des révélations qui ont déclenché une enquête interne chez Engie
Les révélations de juin 2025 avaient poussé Engie à diligenter une enquête interne via son comité éthique. Dans ses conclusions préliminaires, le groupe confirmait que les paiements versés au cabinet Lalive avaient bien été « retrouvés ». Ces éléments, que les enquêteurs sont venus chercher jeudi au siège du groupe, n’ont pas été rendus publics. Contacté par Franceinfo – Politique, Engie n’a pas souhaité réagir à cette perquisition, se contentant de rappeler que le groupe coopérait pleinement avec la justice.
Rachida Dati, candidate malheureuse à la mairie de Paris lors des dernières municipales de mars 2026, n’a pas été directement visée par cette perquisition. Cependant, son nom reste au cœur de l’enquête, comme en témoignent les précédentes perquisitions menées en décembre 2025. À l’époque, les enquêteurs s’étaient rendus au ministère de la Culture — qu’elle dirigeait jusqu’en 2024 —, à la mairie du 7ᵉ arrondissement, qu’elle préside depuis 2020, ainsi qu’à ses deux domiciles parisiens. Ses avocats, sollicités à plusieurs reprises, n’ont pas donné suite avant la publication de cet article.
Un dossier qui mêle politique et finance
Le montant de 299 000 euros, versé en deux fois entre 2010 et 2011, représente une somme significative pour une activité supposée de lobbying. Selon les documents révélés par Complément d’enquête et Le Nouvel Obs, ce paiement aurait été justifié par des prestations de conseil juridique, bien que le lien exact avec les prises de position publiques de Rachida Dati reste à établir. À l’époque, l’eurodéputée avait notamment défendu le maintien du gaz dans la transition énergétique européenne, une position alignée avec les intérêts de GDF Suez.
Les chefs d’accusation retenus dans cette affaire — corruption active et passive, trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique, abus de bien social et détournement de fonds publics — reflètent la gravité des faits présumés. L’enquête doit notamment déterminer si ces paiements ont influencé les décisions de Rachida Dati en tant qu’eurodéputée. Les associations anticorruption et les médias ont depuis longtemps pointé du doigt les risques de conflits d’intérêts dans les liens entre élus et entreprises du secteur énergétique.
« Les documents comptables montrent que GDF Suez a versé 299 000 euros au cabinet Lalive, qui a ensuite rémunéré Rachida Dati. Le lien entre ces paiements et ses prises de position publiques reste à éclaircir. »
Cette affaire rappelle les enjeux de transparence dans les relations entre sphères politiques et économiques, surtout dans un secteur aussi stratégique que l’énergie. Les prochaines révélations pourraient apporter des éléments décisifs, alors que les associations anticorruption appellent à un renforcement des contrôles sur les lobbies.
Rachida Dati est soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros entre 2010 et 2011, versés par GDF Suez via un cabinet d’avocats, alors qu’elle était eurodéputée. Ces paiements coïncident avec des prises de position publiques en faveur du secteur gazier, suscitant des soupçons de conflit d’intérêts.
L’information judiciaire vise des faits de corruption active et passive, trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique, abus de bien social et détournement de fonds publics par une personne investie d’un mandat public.
