Courrier International révèle qu’un accord de défense entre le Koweït et le Pakistan a été ratifié le 27 juillet 2026, marquant un tournant dans les alliances militaires régionales alors que le Golfe fait face à une escalade des tensions. Ce pacte, signé après des mois de négociations discrètes, prévoit la mise en place d’un réseau de coordination renforcé entre les forces armées des deux pays, selon le Kuwait Times. Pour le Koweït, cette alliance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à « renforcer ses partenariats militaires avec des alliés internationaux » face à des « défis régionaux croissants », une allusion à peine voilée aux répercussions de la guerre en Iran, dont le pays subit de plein fouet les conséquences économiques et sécuritaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Ratification le 27 juillet 2026 d’un accord de défense entre le Koweït et le Pakistan, incluant un système de coordination militaire conjoint.
  • Le Koweït aurait demandé à Islamabad le déploiement de milliers de soldats, ainsi que des avions de chasse, des drones et des systèmes de défense aérienne sur son territoire.
  • Cette alliance intervient dans un contexte où le Koweït, malgré la présence de 14 000 soldats américains, reste vulnérable aux attaques iraniennes contre ses infrastructures critiques.
  • Le Pakistan se positionne comme une alternative crédible aux États-Unis dans la région, après avoir déjà signé un accord similaire avec l’Arabie saoudite en septembre 2025.
  • Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a précisé que l’accord pourrait inclure tous les moyens militaires du Pakistan, y compris l’arme nucléaire si nécessaire.

Selon des sources citées par le site qatari Middle East Eye, les négociations entre Koweït et Pakistan ont débuté plusieurs semaines avant la signature officielle, avec des échanges de haut niveau entre responsables militaires des deux pays. Le Koweït aurait même sollicité Islamabad pour un renfort militaire massif, incluant des milliers de soldats, une flotte d’avions de combat, des drones et des systèmes de défense anti-aérienne, comme le rapportent Reuters et I24 News. Ces demandes reflètent l’urgence perçue par le Koweït face à la dégradation de la situation régionale, aggravée par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran en mars 2026.

Pourtant, la présence de 14 000 militaires américains sur le sol koweïtien n’a pas suffi à dissuader Téhéran, qui a ciblé à plusieurs reprises des infrastructures vitales du pays, comme des stations de dessalement, des installations pétrolières ou encore l’aéroport international de Koweït City. «

Le Pakistan devient une solution de remplacement ou une puissance complémentaire aux États-Unis dans le Golfe
», analyse Middle East Eye. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large : l’Arabie saoudite avait déjà signé un accord d’assistance militaire avec le Pakistan en septembre 2025, et d’autres pays du Golfe, comme Bahreïn et la Jordanie, pourraient suivre cette voie.

Depuis plusieurs mois, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, avait évoqué la possibilité de créer une « alliance de défense islamique similaire à l’OTAN ». Lors de la signature de l’accord avec l’Arabie saoudite, il avait d’ailleurs précisé que ce pacte couvrait « tous les moyens militaires » du Pakistan, y compris l’arme nucléaire si les circonstances l’exigeaient. Une déclaration confirmée deux jours plus tard par le quotidien panarabe Al-Hurra.

Ce rapprochement survient alors que le Pakistan consolide son rôle de médiateur clé entre l’Iran et les États-Unis, après avoir joué un rôle central dans les pourparlers diplomatiques. « La guerre contre l’Iran permet au Pakistan de démontrer son poids régional », souligne le Kuwait Times. Après des années de tensions internes et de crises économiques, Islamabad voit dans cette alliance une opportunité de s’imposer comme une puissance incontournable dans le paysage sécuritaire du Moyen-Orient.

Les experts s’interrogent désormais sur la portée réelle de cet accord. Si le Pakistan apporte un soutien militaire concret, il reste à savoir si ce pacte suffira à dissuader l’Iran de poursuivre ses attaques contre ses voisins. Par ailleurs, la question de la coordination avec les autres alliés occidentaux du Koweït, notamment les États-Unis, n’a pas été précisée dans les communiqués officiels.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient préciser l’impact de cet accord dans les mois à venir. D’abord, la mise en œuvre concrète des renforts militaires pakistanais au Koweït, dont le calendrier n’a pas été dévoilé. Ensuite, les réactions de l’Iran, dont les dirigeants n’ont pas encore réagi officiellement à ce rapprochement. Enfin, la position des autres pays du Golfe, qui pourraient être incités à suivre l’exemple du Koweït et de l’Arabie saoudite. Une réunion des ministres de la Défense de la région, prévue en octobre 2026, pourrait également éclairer les prochaines étapes de cette nouvelle architecture sécuritaire.

Reste à voir si ce pacte marquera le début d’une alliance durable ou s’il restera limité à une réponse ponctuelle aux menaces immédiates. Une chose est sûre : dans un Moyen-Orient où les équilibres sont plus fragiles que jamais, le Koweït et le Pakistan envoient un signal clair à leurs partenaires comme à leurs adversaires.