La Banque d'Angleterre a confirmé, jeudi 8 août 2026, le maintien de son taux directeur à 3,75 %, une décision prise pour la cinquième fois cette année. Selon Euronews FR, cette stabilité survient alors que l'inflation britannique recule plus rapidement que prévu, mais que les risques liés à la résurgence des tensions au Moyen-Orient menacent de relancer les pressions sur les prix de l'énergie.
Ce qu'il faut retenir
- Taux directeur inchangé à 3,75 % depuis décembre 2025, après quatre baisses en 2025.
- Inflation britannique à 2,6 % en juin (contre 2,8 % en mai), mais toujours au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la Banque.
- Vote partagé au sein du comité de politique monétaire : 6 membres pour le maintien, 3 pour une hausse.
- Prix du pétrole Brent à 91 dollars le baril (79,3 €), après avoir frôlé les 100 dollars (87,2 €) fin juillet, en raison des tensions entre les États-Unis et l'Iran.
- Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, fait de la lutte contre le coût de la vie sa priorité, mais ses mesures pourraient avoir un impact limité sur l'inflation.
Une décision attendue malgré le recul de l'inflation
La Banque d'Angleterre a choisi de ne pas modifier son taux directeur, une décision conforme aux anticipations des économistes. Comme le rapporte Euronews FR, cette stabilité s'inscrit dans un contexte où les taux se situent à leur plus bas niveau depuis janvier 2023. Si l'inflation des prix à la consommation a reculé à 2,6 % sur un an en juin (contre 2,8 % en mai), elle reste supérieure à l'objectif de 2 % de la Banque depuis maintenant 21 mois consécutifs.
Le comité de politique monétaire s'est divisé sur cette question : six membres ont voté pour le maintien des taux, tandis que trois ont plaidé pour une hausse. Cette division reflète les tensions qui traversent les banques centrales à l'échelle mondiale, notamment face à une inflation persistante et aux incertitudes liées à la géopolitique.
Les tensions au Moyen-Orient, un facteur de risque majeur
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient pèse lourdement sur les marchés. Le Brent, référence mondiale pour le pétrole, a atteint plus de 100 dollars le baril le 23 juillet, avant de redescendre à 91 dollars le baril jeudi. Ces fluctuations s'expliquent par les craintes de perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, une zone stratégique par laquelle transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
« Le marché anticipe au moins une hausse des taux d'intérêt au Royaume-Uni cette année », a déclaré Richard Carter, responsable de la recherche sur les titres à revenu fixe chez Quilter Cheviot, dans une note adressée par e-mail. « Avec trois membres ayant voté en faveur d'une augmentation aujourd'hui et des événements au Moyen-Orient qui ne montrent aucun signe d'accalmie, cela ne changera pas. »
Une politique monétaire sous surveillance
La Réserve fédérale américaine a, de son côté, maintenu mercredi son taux directeur dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Son président, Kevin Warsh, a réaffirmé que la Fed « n'hésitera pas à agir » pour contrôler l'inflation. Cette posture contraste avec celle de la Banque d'Angleterre, dont les décisions sont désormais scrutées de près par les marchés.
Au Royaume-Uni, les économistes s'interrogent sur l'impact des mesures budgétaires du gouvernement dirigé par le Premier ministre Andy Burnham. Celui-ci a fait de la lutte contre le coût de la vie sa priorité absolue. « Les premières annonces contribueront à réduire l'inflation marginalement, mais pas suffisamment pour avoir un réel impact sur les taux d'intérêt », a précisé Richard Carter.
Alors que le Brent oscille autour de 91 dollars le baril et que les incertitudes géopolitiques ne faiblissent pas, la pression sur les responsables de la politique monétaire britannique reste forte. Autant dire que les prochaines réunions du comité de politique monétaire s'annoncent déterminantes.
La Banque d'Angleterre a choisi de maintenir son taux directeur à 3,75 % pour évaluer les conséquences des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur les prix de l'énergie. Bien que l'inflation ait reculé à 2,6 % en juin, elle reste au-dessus de l'objectif de 2 %. La division au sein du comité de politique monétaire (6 contre 3) reflète les hésitations face à ces incertitudes.