La banque italienne Sella devient la première institution financière de son pays autorisée à proposer des services liés aux crypto-actifs dans le cadre du règlement européen MiCA. Cette avancée, validée par la Banque d’Italie, lui permet désormais de proposer à ses clients des prestations de conservation, d’envoi et de réception de cryptomonnaies, selon un communiqué officiel diffusé ce 30 mai 2026. Cryptoast révèle les détails de cette première européenne, qui s’inscrit dans un mouvement plus large de convergence entre la finance traditionnelle et les actifs numériques.
Ce qu'il faut retenir
- La banque italienne Sella est la première du pays à obtenir l’autorisation MiCA pour des services crypto, valable pour la conservation, l’envoi et la réception de crypto-actifs.
- Cette autorisation, issue d’une procédure de notification de 40 jours, couvre 3,1 millions de clients et 50 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
- Sella participe au consortium Qivalis, qui prépare le lancement avant fin 2026 d’un stablecoin multi-bancaire libellé en euro, auquel 25 nouvelles banques ont récemment adhéré.
- L’établissement étudie également la tokenisation des dépôts, une technologie déjà explorée par des acteurs comme Monument au Royaume-Uni ou BNY Mellon aux États-Unis.
- Aux États-Unis, SoFi Technologies est devenue la première banque à émettre un stablecoin (SoFiUSD) directement accessible via une application grand public.
Une première italienne dans un cadre réglementaire européen renforcé
L’obtention de cette licence par Sella marque une étape symbolique pour l’Italie, où les acteurs financiers traditionnels s’engagent progressivement dans l’écosystème crypto. La procédure, conforme au règlement Markets in Crypto-Assets (MiCA), a nécessité 40 jours de validation par les autorités italiennes, aboutissant à une autorisation officielle. Cryptoast souligne que cette décision intervient alors que l’Europe affine son cadre réglementaire pour les actifs numériques, face à une concurrence accrue des États-Unis et d’autres juridictions.
Les services proposés par Sella concernent principalement la conservation, l’envoi et la réception de crypto-actifs pour certaines catégories spécifiques de clients. Leur déploiement effectif est prévu avant la fin de l’année 2026, ce qui permettra à l’établissement de rejoindre un cercle très restreint de banques européennes capables d’offrir ces prestations dans un cadre légal clair.
Sella s’implique dans l’écosystème des stablecoins avec Qivalis
Au-delà de ses services crypto, la banque italienne joue un rôle actif dans le consortium Qivalis, dédié à la création d’un stablecoin européen multi-bancaire libellé en euro. Ce projet, dont le lancement est attendu avant la fin de l’année, a récemment intégré 25 nouvelles banques à sa structure le 20 mai 2026. Une initiative qui reflète l’intérêt croissant des institutions financières pour les solutions de paiement stables et réglementées.
Dans son communiqué, Sella précise qu’elle « suit de près les développements stratégiques concernant la tokenisation des dépôts ». Cette technologie, déjà expérimentée au Royaume-Uni avec la banque Monument, consiste à représenter des actifs traditionnels (comme des dépôts bancaires) sous forme de tokens numériques. Des acteurs majeurs comme BNY Mellon aux États-Unis étudient également cette piste, tandis que des initiatives similaires émergent en Europe.
L’Europe et les États-Unis en compétition pour l’innovation crypto
L’avancée de Sella illustre la dynamique européenne dans la régulation des crypto-actifs, un domaine où l’Union européenne cherche à se positionner comme un leader. Le règlement MiCA, entré en vigueur progressivement depuis 2024, impose des exigences strictes en matière de transparence, de protection des investisseurs et de lutte contre le blanchiment. Une période de consultation publique est d’ailleurs en cours pour affiner certains aspects du cadre, notamment en direction des professionnels du secteur.
Outre-Atlantique, les États-Unis ne restent pas inactifs. SoFi Technologies a récemment marqué l’histoire en devenant la première banque américaine à émettre directement un stablecoin (SoFiUSD), accessible via une application bancaire grand public et fonctionnant sur les blockchains Ethereum et Solana. Une preuve supplémentaire que la course à l’innovation financière numérique transcende les frontières.
« Cette autorisation permet à Sella de proposer des services crypto réglementairement conformes à ses clients, tout en participant à des projets structurants comme Qivalis. » — Communiqué de presse de Banca Sella
Enfin, l’étude de la tokenisation des dépôts par Sella pourrait ouvrir la voie à de nouvelles solutions hybrides entre finance traditionnelle et blockchain, une piste déjà explorée par plusieurs acteurs majeurs. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’intégration des cryptomonnaies dans le système bancaire européen.
Le règlement Markets in Crypto-Assets (MiCA), entré en vigueur en 2024, établit un cadre réglementaire unique pour les crypto-actifs au sein de l’Union européenne. Il vise à harmoniser les règles en matière de transparence, de protection des investisseurs et de lutte contre les activités illicites. Pour les acteurs comme Sella, il offre une sécurité juridique pour proposer des services liés aux cryptomonnaies, tout en rassurant les clients sur la conformité des prestations.
Les banques proposant des services crypto réglementés, comme Sella, doivent respecter des exigences strictes en matière de sécurisation des actifs et de transparence. Cependant, l’investissement en crypto-actifs comporte toujours un risque de perte en capital totale ou partielle, comme le rappellent les mentions légales des plateformes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et il est conseillé de n’investir que les montants que l’on est prêt à perdre.