La canicule qui frappe la France, première puissance agricole européenne, a fait grimper les cours des céréales sur le marché européen, selon BFM Business. Les records s'enchaînent, mercredi s'imposant comme la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. Dans les champs, les cultures souffrent, à des degrés divers selon leur stade de maturité, et l'inquiétude monte face à une situation « totalement inédite ».

Dans les champs de blé, « on n'a jamais eu 40°C en fin de cycle au nord de Paris », note Sébastien Poncelet, analyste à Argus Media. Sur le marché européen, le prix du blé a progressé de près de 5% en une semaine et la céréale du pain s'échangeait mercredi autour de 210 euros la tonne. Les cours du maïs grimpaient plus encore (+8% sur la semaine) à près de 228 euros sur Euronext, rattrapant les pertes des trois semaines précédentes.

Ce qu'il faut retenir

  • La canicule fait grimper les cours des céréales sur le marché européen.
  • Le prix du blé a progressé de près de 5% en une semaine.
  • Les cours du maïs ont augmenté de 8% sur la semaine.

Impact de la canicule sur les cultures

Le contraste était net avec la Bourse de Chicago, où blé, maïs et soja étaient orientés à la baisse, en l'absence de « menace significative pour les perspectives de production aux États-Unis », selon Arlan Suderman, de la plateforme de courtage StoneX. L'analyste américain a décrit « des températures modérées » arrivant « après quelques jours de chaleur » : « en quelque sorte un scénario idéal ».

Dans l'hémisphère Nord, résume Sébastien Poncelet, « on a un îlot de chaleur dans un monde de pluie », avec des précipitations sur la Corn Belt et les blés de printemps américains, sur le Canada et les plaines russes, tandis que la situation se dégrade en Europe.

Conséquences pour les agriculteurs

La canicule s'intensifie en France et la vague de chaleur affecte une partie de l'Europe, avec des températures maximales attendues à 35°C au Royaume-Uni vendredi, jusqu'à 40°C en Allemagne samedi, notamment au coeur des régions de production du blé entre Hanovre et Hambourg, et jusqu'en Pologne dimanche. Les cours européens, qui montent sans flamber, reflètent à la fois une inquiétude grandissante pour les récoltes et les bonnes prévisions mondiales : « le sentiment d'abondance mondiale ne disparaît pas malgré la perte potentielle de millions de tonnes de blé et surtout de maïs en Europe », selon Sébastien Poncelet.

Les céréales à paille et le maïs

Les céréales à paille (blé, orge) et le maïs ne sont pas exposés de la même manière. La moisson s'achève presque pour les orges, pour lesquels les jeux sont faits. Pour le blé, la récolte débute avec « une bonne qualité » de graine, mais « des rendements inférieurs à la moyenne » du fait d'une année climatique difficile, entre pluies trop abondantes l'hiver et coups de chaud au printemps, pour l'analyste d'Argus Media.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour les récoltes. La question est de savoir si les cours des céréales vont rester orientés à la hausse en Europe ou se replier dans le sillage de la baisse des prix en mer Noire et de Chicago. Les agriculteurs et les traders sont à l'affût de tout développement qui pourrait impacter les marchés.

En conclusion, la canicule a déjà des conséquences sur les marchés des céréales, avec des hausses de prix qui pourraient avoir des répercussions sur l'approvisionnement et les prix à la consommation. Il est essentiel de suivre de près les évolutions météorologiques et leurs impacts sur les récoltes pour anticiper les tendances futures des marchés des céréales.