Le ministère chinois de la Sécurité d’État a ordonné, dès ce mois de septembre 2026, à l’ensemble des agences gouvernementales de désinstaller Windows 10 China Government Edition, une version du système d’exploitation développée en partenariat entre Microsoft et la China Electronics Technology Group Corporation (CETC) depuis 2016. Selon nos confrères du Journal du Geek, cette décision marque un tournant dans la politique technologique chinoise, visant à écarter toute dépendance envers des solutions étrangères au sein des infrastructures critiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministère chinois de la Sécurité d’État impose le retrait immédiat de Windows 10 China Government Edition pour les fonctionnaires.
- Cette version de Windows, issue d’un partenariat sino-américain lancé en 2016, intégrait des mesures de cybersécurité spécifiques à la Chine.
- Les alternatives proposées sont Kylin OS et UnionTech OS, deux systèmes d’exploitation 100 % chinois.
- Huawei se positionne également comme une solution crédible avec son système HarmonyOS, en développement pour les ordinateurs.
- Microsoft, qui prévoyait un retrait progressif de la Chine en février 2027, voit ses plans accélérés par cette décision.
Créé pour répondre aux exigences de sécurité de Pékin, Windows 10 China Government Edition intégrait des fonctionnalités de cybersécurité développées localement, tout en désactivant certaines options natives de Windows jugées non conformes aux standards nationaux. Pourtant, selon les autorités chinoises, la présence d’un logiciel en partie américain au sein des administrations représente un risque inacceptable pour la souveraineté des données. Sans fournir de preuves techniques précises, le gouvernement justifie cette mesure par des « préoccupations liées à la sécurité des données », sans plus de détails.
Désormais, les fonctionnaires chinois utiliseront exclusivement des systèmes d’exploitation conçus et hébergés en Chine. Parmi les solutions retenues figurent Kylin OS, développé par Kylin Software, et UnionTech OS, produit par Tongxin Technology. Ces alternatives sont déjà déployées pour les postes de bureau, les serveurs et les infrastructures critiques. L’annonce a immédiatement dopé le cours en Bourse des deux entreprises, reflétant l’opportunité commerciale générée par cette décision politique.
Huawei, déjà sous les projecteurs pour ses ambitions technologiques, pourrait également tirer profit de ce changement. Bien que son système HarmonyOS soit initialement conçu pour les appareils mobiles, le géant chinois travaille sur une version adaptée aux ordinateurs. Cette stratégie s’inscrit dans sa volonté de réduire la dépendance du pays aux technologies étrangères, notamment américaines.
Pour Microsoft, cette décision intervient plus tôt que prévu. L’entreprise avait annoncé son retrait progressif du marché chinois, avec une échéance fixée à février 2027. Pourtant, la Chine reste un acteur clé pour ses activités, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Récemment, Microsoft a réalisé plusieurs transactions commerciales avec des groupes technologiques locaux, comme ByteDance et Tencent, pour la vente de modèles d’IA.
« Microsoft n’a connaissance d’aucun incident de sécurité affectant ce produit, qui continue de recevoir des mises à jour régulières. Nous n’avons rien de plus à ajouter », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à Bloomberg.
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de la Chine à limiter l’influence des technologies étrangères dans ses infrastructures sensibles. Elle rappelle le bannissement des iPhone au sein des ministères en 2024, une mesure également justifiée par des « raisons de sécurité nationale ». Avec cette nouvelle politique, Pékin confirme sa volonté d’autonomie technologique, même si les conséquences pour les entreprises étrangères restent à évaluer.
Cette mesure illustre une fois de plus les tensions géopolitiques autour de la maîtrise des technologies stratégiques. Entre souveraineté numérique et dépendance aux géants étrangers, la Chine trace une voie qui pourrait inspirer d’autres pays, tout en complexifiant les relations commerciales internationales dans le secteur du numérique.
Les autorités chinoises ont justifié cette décision par des « préoccupations liées à la sécurité des données », sans fournir de détails techniques. Officiellement, la présence d’un logiciel en partie américain, comme Windows 10 China Government Edition, est considérée comme un risque pour la souveraineté des données nationales.