Les autorités chinoises ont lancé une nouvelle vague d'inspections pour surveiller les fonctionnaires dont les enfants étudient à l'étranger, dans le cadre de leur lutte anticorruption.

Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre la Chine et les États-Unis, et vise à prévenir les risques de corruption et d'infiltration. Selon le South China Morning Post (SCMP), les autorités chinoises ont « discrètement renforcé les restrictions visant les responsables ayant des membres de leur famille à l'étranger ».

Le contexte de la lutte anticorruption

La Chine a lancé en 2014 une campagne anticorruption qui visait à lutter contre la corruption au sein du Parti communiste chinois (PCC) et du gouvernement. Cette campagne a permis de démettre de leurs fonctions plusieurs hauts fonctionnaires accusés de corruption.

Les « fonctionnaires nus » sont des responsables qui ont envoyé leur conjoint et leurs enfants à l'étranger, souvent pour y étudier ou travailler. Selon le quotidien singapourien Lianhe Zaobao, ces fonctionnaires sont considérés comme étant plus exposés aux dérives et à la corruption en raison de leurs liens avec l'étranger.

Les mesures de contrôle renforcé

Les autorités chinoises ont renforcé les mesures de contrôle sur les fonctionnaires dont les enfants étudient à l'étranger. Selon le SCMP, ces mesures incluent un « contrôle renforcé » sur les fonctionnaires qui ont des relations importantes à l'étranger.

Un cadre du parti, cité anonymement, a justifié cette mesure en disant que « s'ils ont des relations importantes à l'étranger, le risque d'infiltration et de corruption est plus élevé ».

Les conséquences pour les fonctionnaires

Les fonctionnaires qui ont des enfants qui étudient à l'étranger risquent de voir leur carrière affectée. Selon le Lianhe Zaobao, neuf vice-présidents de commissions de la Conférence consultative politique du peuple chinois ont été démis de leurs fonctions en novembre dernier pour avoir des enfants nés ou installés à l'étranger.

Les mesures de contrôle renforcé pourraient également affecter les fonctionnaires qui ont des liens étroits avec l'étranger. Selon le controversé Epoch Times, 20 responsables ont quitté leurs fonctions clés au cours du second semestre 2025 pour avoir des liens étroits à l'étranger.

Les réactions et les perspectives

Les réactions à ces mesures sont mitigées. Alfred Wu, spécialiste de la politique chinoise, a déclaré au SCMP que ces mesures reflètent une « méfiance envers l'Occident » grandissante. D'autres analystes estiment que ces mesures visent à « dissuader les personnes visées de quitter le navire ».

Il est important de noter que la fille de Xi Jinping, le président chinois, a étudié à Harvard, ce qui souligne les équilibres délicats entre ouverture internationale et contrôle politique interne.

Les réactions et les prises de position qui restent attendues seront cruciales pour comprendre les implications de ces mesures sur la politique chinoise et les relations internationales.