La Chine accélère sa transformation technologique et innove dans le domaine des transports avec des solutions toujours plus futuristes. Selon Franceinfo - Sciences, le magazine « Envoyé spécial » de France 2 a pu tester deux de ces innovations majeures : un taxi volant à Canton et un robot-taxi à Shenzhen.
Ce qu'il faut retenir
- Un taxi volant autonome développé par EHang, avec un plafond de poids de 150 kg pour deux personnes et une assurance de 1 million de yuans (environ 120 000 €) en cas d’accident.
- Un vol test à 50 mètres d’altitude pendant 7 minutes, entièrement piloté par intelligence artificielle.
- Des robots-taxis en service depuis deux ans à Shenzhen, avec un prix de trajet inférieur à 2 € pour 15 minutes.
- Une expansion prévue en France, notamment à Paris et Marseille, sous réserve des autorisations européennes.
- Plus de 1 000 robots-taxis en circulation dans vingt villes chinoises, tous électriques.
Un taxi volant, entre aventure technologique et précautions nécessaires
À Canton, le journaliste de « Envoyé spécial » a pu vivre une expérience inédite en testant le taxi volant de l’entreprise chinoise EHang. Avant de s’installer dans ce drone géant, il a dû se soumettre à deux étapes obligatoires : une pesée pour vérifier qu’il ne dépassait pas le poids maximum autorisé (150 kg pour deux personnes) et la signature d’une décharge incluant une assurance de 1 million de yuans (soit environ 120 000 €) couvrant les éventuels dommages.
Le vol, entièrement autonome et piloté par intelligence artificielle selon un itinéraire préétabli, est cependant surveillé en permanence par des opérateurs au sol, prêts à reprendre les commandes en cas de problème. « Ça vibre pas mal », a confié le journaliste après sept minutes passées à tournoyer à 50 mètres au-dessus du siège d’EHang. Il a décrit une sensation « assez irréelle », typique de cette nouvelle génération de transport aérien.
« Le vol des aéronefs à basse altitude représente le plus grand changement à venir dans les modes de transport. C’est un processus irréversible. »
He Tianxing, vice-président d’EHang
La société envisage d’exporter sa technologie dès cette année, y compris en France, dans des métropoles comme Paris ou Marseille. Toutefois, elle devra d’abord obtenir les autorisations nécessaires auprès de l’aviation civile européenne, un processus qui s’annonce complexe.
Shenzhen, pionnière des robots-taxis en circulation
Dans la mégalopole de Shenzhen, les robots-taxis sont devenus une réalité quotidienne depuis déjà deux ans. Ces véhicules autonomes, développés par l’entreprise Pony.AI, circulent à bonne allure et se distinguent par leur fonctionnement entièrement automatisé. À bord, une voix robotisée accueille les passagers avec des instructions précises : « Veuillez fermer les portes, attacher votre ceinture de sécurité. Pour me parler, dites ‘bonjour Popo’. La climatisation est réglée sur 25 degrés. En cas de problème, contactez le service client pour obtenir de l’aide. »
Le volant est protégé et ne peut être utilisé par les passagers, car le véhicule analyse son environnement grâce à une vingtaine de capteurs et de caméras. Malgré les embouteillages, ces robots-taxis s’y faufilent habilement, parfois au grand dam des autres conducteurs, comme en témoignent les coups de klaxon entendus lors du trajet test. Pour un parcours de 15 minutes, le coût s’élève à moins de 2 €.
Selon les informations disponibles, Pony.AI exploite déjà un parc d’un millier de ces véhicules dans la ville. Bien que l’entreprise ne communique pas sur le nombre d’accidents impliquant ses robots-taxis, leur déploiement s’étend désormais à vingt villes chinoises, toutes équipées de véhicules électriques.
Une révolution technologique qui s’accélère
Ces innovations illustrent la rapidité avec laquelle la Chine s’impose comme un leader mondial dans le domaine des transports intelligents. Entre drones-taxis et robots roulants, le pays mise sur des solutions autonomes pour désengorger ses mégapoles et réduire son empreinte carbone. Les robots-taxis, déjà électriques, s’inscrivent dans cette logique, tandis que les taxis volants pourraient, à terme, offrir une alternative aux embouteillages terrestres.
Cependant, ces avancées soulèvent des questions réglementaires et sécuritaires. En Europe, l’intégration de ces technologies dépendra des certifications délivrées par les autorités aériennes et routières. À ce stade, les opérateurs chinois misent sur une adoption progressive, en commençant par des vols tests et des zones urbaines bien définies.
Le reportage « Chine, le grand bond dans le futur », incluant ces tests exclusifs, sera diffusé dans « Envoyé spécial » ce 4 juin 2026 sur France 2. Les rediffusions et replays seront disponibles sur le site de Franceinfo.
Le taxi volant, développé par EHang, est un aéronef autonome évoluant à basse altitude, nécessitant une autorisation spécifique et des précautions accrues (pesée, assurance). Le robot-taxi, comme ceux de Pony.AI, est un véhicule terrestre entièrement autonome, circulant déjà sur route depuis deux ans à Shenzhen. Les deux utilisent l’intelligence artificielle pour leur pilotage, mais opèrent dans des environnements distincts (aérien vs routier).
Oui, selon He Tianxing, vice-président d’EHang, la société envisage d’exporter sa technologie dès 2026, y compris en France, dans des villes comme Paris ou Marseille. Cependant, cette expansion dépendra des autorisations obtenues auprès des autorités européennes, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.