Une comète pourtant discrète jusqu’ici a connu un sursaut d’activité spectaculaire en 2026, multipliant sa luminosité par 20 000. Selon nos confrères de Futura Sciences, la 220P/McNaught, habituellement réservée aux télescopes, est devenue visible aux jumelles et même sur des clichés à longue pose. Ce phénomène, observé depuis plusieurs mois, intrigue la communauté astronomique, d’autant que ses causes restent inexpliquées.
Ce qu'il faut retenir
- La comète 220P/McNaught, généralement invisible sans instrument, a connu deux sursauts d’activité en 2026, la rendant 20 000 fois plus brillante.
- Elle appartient à la famille des comètes de Jupiter, avec une période orbitale inférieure à 20 ans.
- Les astronomes ignorent encore les raisons de cette éruption soudaine, évoquant une possible libération de gaz sous la surface.
- La comète passera à environ une unité astronomique de la Terre en octobre 2026, avant de s’éloigner à nouveau.
- Son éclat vert vif et sa courte queue de poussière ont été capturés par des astronomes amateurs, comme Spilios Asimakopoulos.
Une comète de la famille de Jupiter devenue visible à l’œil nu
Chaque année, une ou deux comètes traversent le système solaire interne, mais la plupart passent inaperçues sans équipement adapté. Certaines, comme la 220P/McNaught, peuvent cependant réserver des surprises. Découverte en 2004 par l’astronome écossais-australien Robert H. McNaught, cette comète fait partie des comètes de Jupiter, un groupe dont les orbites sont influencées par la gravité de la planète géante. Leur période de révolution est inférieure à 20 ans, et elles proviennent originellement de la Ceinture de Kuiper, située au-delà de Pluton.
Pourtant, en temps normal, 220P/McNaught est si peu lumineuse qu’un télescope est nécessaire pour l’observer, même lors de son passage au périhélie, tous les cinq ans environ. Les astronomes citoyens utilisant des instruments comme les eVscopes d’Unistellar doivent généralement se contenter de l’observer à distance. Mais cette année, la comète a radicalement changé de comportement.
Un phénomène inexpliqué qui fascine la communauté astronomique
Deux sursauts d’activité majeurs ont été enregistrés en 2026, transformant 220P/McNaught en un objet céleste bien plus brillant que d’habitude. Selon les spécialistes, sa luminosité a été multipliée par 20 000, la rendant visible aux jumelles et sur des photographies à longue pose. L’image publiée sur l’Astronomy Picture of the Day (APOD), un site hébergé par la NASA et l’université technologique du Michigan, montre la tête vert vif de la comète, ainsi qu’une courte queue de poussière.
Les causes de cette éruption restent floues. Les astronomes évoquent la possibilité d’une libération brutale de gaz accumulés sous la surface de la comète, un mécanisme encore mal compris. «
Les causes de ces impressionnants sursauts d’activité de la comète 220P restent inconnues, mais ils pourraient résulter de la libération de gaz accumulés sous la surface», explique l’APOD. Ce phénomène rappelle d’autres cas similaires, où des comètes ont connu des variations brutales de luminosité sans explication définitive.
Des images réalisées par des astronomes amateurs
La photographie présentée par l’APOD a été capturée il y a une dizaine de jours depuis l’Afrique du Sud. Elle illustre parfaitement ce sursaut d’activité, avec une comète bien plus brillante que lors de ses passages précédents. D’autres clichés, comme ceux pris en juin 2026 depuis la Californie avec un télescope Unistellar, confirment cette évolution. À l’époque, la comète était déjà dans une phase d’éruption, observable une heure et demie avant le lever du Soleil.
Spilios Asimakopoulos, un astronome amateur, a également contribué à documenter ce phénomène. Ses images, partagées sur les réseaux spécialisés, montrent une comète dont la couleur verte caractéristique attire l’attention. Cette teinte est typique des comètes, due à la fluorescence du cyanogène et du carbone diatomique sous l’effet du rayonnement solaire.
Pour les passionnés, cette comète reste un objet d’étude accessible, même si son passage ne sera pas spectaculaire comme celui de la comète Hale-Bopp en 1997. Elle rappelle cependant que le ciel réserve encore des surprises, même pour des objets déjà connus. Les prochains mois seront déterminants pour déterminer si d’autres sursauts surviendront ou si 220P/McNaught retrouvera son éclat habituel.
Une comète parmi tant d’autres, mais aux comportements uniques
Les comètes sont des corps célestes composés de glace, de poussière et de gaz, souvent surnommées « boules de neige sales » par les scientifiques. Elles proviennent principalement de deux réservoirs : le nuage d’Oort, situé aux confins du système solaire, et la Ceinture de Kuiper. Chaque année, une à deux comètes traversent le système solaire interne, offrant un spectacle visible depuis la Terre. Certaines, comme la comète 2I/Borisov en 2019, sont même des visiteurs interstellaires, originaires d’autres systèmes planétaires.
La 220P/McNaught, elle, est une comète périodique, ce qui signifie qu’elle revient régulièrement dans notre voisinage. Sa trajectoire est influencée par Jupiter, dont la gravité peut modifier son orbite à long terme. Pourtant, même pour ces objets bien suivis, des surprises peuvent survenir. C’est le cas de 220P/McNaught, qui prouve que l’astronomie reste une science où l’imprévisible a encore sa place.
Son éclat a été multiplié par 20 000 en raison de deux sursauts d’activité majeurs, dont les causes exactes restent inconnues. Les astronomes évoquent une possible libération de gaz accumulés sous sa surface, mais aucune explication définitive n’a été avancée à ce jour.
La comète 220P/McNaught passera à environ une unité astronomique de la Terre en octobre 2026. Elle devrait être visible avec des jumelles ou de petits télescopes, mais son éclat sera bien moins intense qu’aujourd’hui. Les astronomes amateurs pourront tenter de la repérer dans le ciel nocturne, selon les conditions météo.