Une riche correspondance, tissée entre les années 1970 et aujourd’hui, offre un double éclairage : celui de l’histoire du cinéma mondial et celui d’un homme resté fidèle à ses principes, selon Libération. Gilles Jacob, figure incontournable du Festival de Cannes en tant que délégué général puis président, y dévoile ses échanges avec des personnalités majeures comme Catherine Deneuve, Arnaud Desplechin ou encore Jean-Luc Godard. Ces lettres, bien plus que de simples missives, dessinent le portrait d’un passionné inaltérable, dont la courtoisie n’a jamais cédé aux tempêtes du milieu.

Ce qu'il faut retenir

  • Une correspondance couvrant près de cinq décennies, entretiens précieux avec des icônes du cinéma mondial.
  • Gilles Jacob, ancien délégué général (1978-2000) puis président (2001-2014) du Festival de Cannes, y apparaît comme un fin connaisseur et un observateur attentif.
  • Des échanges avec Catherine Deneuve, Arnaud Desplechin et Jean-Luc Godard, entre autres, qui révèlent des relations à la fois professionnelles et personnelles.
  • Un document qui retrace l’évolution du cinéma sur près d’un demi-siècle, tout en mettant en lumière la constance de Jacob dans ses valeurs.

Cette collection de lettres, dont Libération rend compte, ne se limite pas à une simple archive administrative ou protocolaire. Elle constitue, en réalité, une plongée dans l’intimité d’un homme qui a marqué de son empreinte l’institution cannoise. Gilles Jacob y apparaît comme un fin diplomate, un amateur éclairé, mais aussi un acteur clé de la vie culturelle française. Ses échanges avec des réalisateurs, acteurs et techniciens du cinéma révèlent autant de discussions artistiques que de réflexions sur le rôle du festival dans le paysage cinématographique.

Parmi les noms les plus marquants de cette correspondance, Catherine Deneuve tient une place particulière. L’actrice, figure emblématique du cinéma français, a entretenu avec Jacob une relation à la fois professionnelle et amicale, comme en témoignent leurs échanges épistolaires. Ces lettres, souvent teintées d’humour et de respect mutuel, illustrent la manière dont Jacob a su entretenir des liens durables avec les grandes figures du cinéma, sans jamais sacrifier sa courtoisie naturelle. Arnaud Desplechin, réalisateur à l’œuvre prolifique, a également partagé avec Jacob des échanges riches en analyses sur l’art cinématographique, reflétant l’attachement du président à un cinéma exigeant et innovant.

« Il reste en piste deux films d’égale valeur pour… une seule place. » — Gilles Jacob

Cette phrase, rapportée par Libération, résume à elle seule l’esprit qui a animé Jacob tout au long de sa carrière. Elle évoque une situation qui lui était familière : celle des sélections cannoises, où la qualité des œuvres ne suffit pas toujours à trancher. Ce dilemme, qu’il a vécu des centaines de fois, illustre son sens aigu de la justice et de l’équité. Jacob a toujours défendu l’idée que le cinéma, art collectif, méritait une attention particulière, et que la compétition, aussi féroce soit-elle, ne devait jamais perdre de vue l’essentiel : la passion.

Son approche du Festival de Cannes n’était pas seulement celle d’un organisateur, mais celle d’un passeur culturel. Il a veillé à ce que le festival reste un lieu de découverte, où les cinématographies émergentes pouvaient côtoyer les plus établies. Ses échanges avec des réalisateurs comme Jean-Luc Godard, figure intransigeante et visionnaire, montrent comment il a su concilier exigence artistique et ouverture d’esprit. Godard, connu pour son caractère abrupt, a trouvé en Jacob un interlocuteur capable de dialoguer sans céder aux facilités, même lorsque leurs visions divergeaient.

Et maintenant ?

Les archives de Gilles Jacob, une fois publiées ou rendues accessibles, pourraient servir de base à des études approfondies sur l’histoire du cinéma français et international. Leur exploitation par des chercheurs ou des cinéphiles permettrait de mieux comprendre les rouages d’une institution comme Cannes, ainsi que les relations complexes entre ses acteurs. À l’heure où le cinéma fait face à des mutations profondes, ces correspondances rappellent l’importance des valeurs portées par Jacob : le respect, la passion et la rigueur.

Reste à voir si ces documents inspireront de nouvelles générations de professionnels du cinéma. Toujours est-il qu’ils offrent déjà une fenêtre précieuse sur un pan méconnu de l’histoire culturelle, où l’art et l’amitié se mêlent sans jamais se confondre.

Outre Catherine Deneuve, Arnaud Desplechin et Jean-Luc Godard, la correspondance de Gilles Jacob inclut également des échanges avec d’autres figures majeures du cinéma comme Isabelle Huppert, Roman Polanski ou encore Pedro Almodóvar. Ces lettres révèlent des relations à la fois professionnelles et personnelles, marquées par le respect mutuel et une passion commune pour le cinéma.