Depuis sa création en 2021 et son obtention du statut d’association d’utilité publique en 2025, La Courte Échelle s’impose comme un acteur engagé dans la promotion de la diversité au sein des professions judiciaires. Fondée sous l’impulsion du juge Youssef Badr, cette structure milite activement pour l’accès des étudiants en droit issus de milieux modestes aux carrières de la magistrature. Pourtant, son action ne va pas sans susciter de vives tensions, notamment de la part des milieux d’extrême droite, qui n’hésitent pas à la prendre pour cible. Selon Le Monde, l’association persiste dans sa mission malgré un climat politique et social de plus en plus hostile à ses valeurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Fondation en 2021 et reconnaissance d’utilité publique en 2025 pour La Courte Échelle.
  • L’association se donne pour objectif de soutenir les étudiants en droit issus de milieux modestes et d’introduire davantage de diversité dans la magistrature.
  • Son fondateur, le juge Youssef Badr, est régulièrement la cible de critiques et de pressions de la part de l’extrême droite.
  • Malgré ces obstacles, La Courte Échelle maintient son engagement en faveur de l’égalité des chances dans l’accès à la justice.

Une association née d’un constat d’inégalités persistantes dans la magistrature

L’idée de créer La Courte Échelle est née d’un constat partagé par de nombreux acteurs du monde judiciaire : celui des inégalités sociales et économiques qui entravent l’accès à la magistrature. D’après les chiffres relayés par Le Monde, moins de 10 % des magistrats en France seraient issus de milieux défavorisés, un déséquilibre que l’association cherche à corriger. « La diversité dans la justice n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir l’équité de notre système », a souligné Youssef Badr, son fondateur, lors d’un entretien en 2025. Depuis sa reconnaissance officielle en tant qu’association d’utilité publique, La Courte Échelle a pu renforcer ses actions, notamment via des partenariats avec des universités et des programmes de mentorat dédiés aux étudiants en droit.

Un combat mené sous le feu des critiques et des pressions politiques

Si l’association a su gagner en visibilité et en légitimité, elle n’en est pas moins devenue la cible de critiques virulentes émanant de l’extrême droite. Ces attaques se concentrent principalement sur son fondateur, le juge Badr, accusé par certains mouvements de « politiser la justice » ou de favoriser une « justice à deux vitesses ». Selon Le Monde, ces pressions ont pris une tournure plus agressive ces derniers mois, avec des tentatives de discrédit public et des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Malgré ces intimidations, La Courte Échelle refuse de céder et continue de porter ses revendications auprès des institutions, comme en témoigne sa participation aux débats parlementaires sur la réforme de la formation des magistrats prévue pour 2027.

Des actions concrètes pour briser le plafond de verre judiciaire

Pour atteindre ses objectifs, La Courte Échelle a mis en place plusieurs dispositifs innovants. Parmi eux, un programme de parrainage où des magistrats en activité accompagnent des étudiants en droit issus de milieux modestes tout au long de leur parcours universitaire et professionnel. L’association organise également des ateliers de préparation aux concours de la magistrature, souvent perçus comme inaccessibles pour les candidats ne bénéficiant pas d’un réseau solide. « Nous ne voulons pas simplement ouvrir les portes de la magistrature, mais aussi préparer les candidats à les franchir avec succès », a précisé un porte-parole de l’association. Depuis son lancement, le programme a accompagné plus de 200 étudiants, dont une vingtaine ont déjà réussi les concours.

Et maintenant ?

Alors que La Courte Échelle se prépare à célébrer ses cinq ans d’existence en 2026, l’association devra faire face à de nouveaux défis. La réforme de la formation des magistrats, prévue pour 2027, pourrait offrir une opportunité de renforcer l’égalité des chances dans l’accès à la profession. Par ailleurs, les prochaines élections législatives de 2027 risquent de redéfinir le paysage politique et, par ricochet, les conditions dans lesquelles l’association pourra poursuivre son action. Reste à voir si les institutions judiciaires et politiques sauront s’emparer de ces enjeux pour faire de la diversité une réalité tangible dans les prétoires.

Si l’engagement de La Courte Échelle et de son fondateur Youssef Badr est salué par une partie de la société civile, il suscite toujours autant de controverses. Entre avancées concrètes et résistances politiques, l’association devra redoubler d’efforts pour transformer durablement les structures d’un système judiciaire encore trop élitiste. À l’heure où les débats sur l’équité sociale ressurgissent régulièrement, la question de la diversité dans la magistrature reste plus que jamais d’actualité.

L’association repose principalement sur des dons privés et des subventions publiques, notamment via son statut d’utilité publique obtenu en 2025. Elle bénéficie également de partenariats avec des fondations et des entreprises engagées dans la promotion de l’égalité des chances.