La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a appelé les États surendettés à adopter des mesures d'austérité et les banques centrales à durcir leur politique monétaire, selon Euronews FR. Cette annonce intervient dans un contexte où la dette publique mondiale se rapproche des niveaux observés après la Deuxième Guerre mondiale et pourrait dépasser 100 % du PIB avant 2030.

Les responsables politiques « ne peuvent plus compter uniquement sur des taux de croissance plus élevés pour résoudre les problèmes budgétaires », a déclaré Georgieva lors d'une conférence à Singapour, à une semaine des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok. La dirigeante du FMI a souligné que les coûts d'emprunt augmentent déjà, avec des rendements des obligations d'État à 10 ans aux États-Unis, en Allemagne et au Japon atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis 2007, 2009 et 1996 respectivement.

Ce qu'il faut retenir

  • La dette publique mondiale pourrait dépasser 100 % du PIB avant 2030.
  • Les économies avancées sont les « pires contrevenants » en matière de surendettement.
  • Les coûts d'emprunt augmentent déjà, avec des rendements des obligations d'État à 10 ans aux États-Unis, en Allemagne et au Japon atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis 2007, 2009 et 1996 respectivement.
  • La dirigeante du FMI appelle à une discipline budgétaire et à des politiques monétaires plus restrictives partout dans le monde.

Le contexte économique

La situation économique mondiale est actuellement marquée par un choc énergétique lié à la guerre en Iran, une dette publique record et un boom du crédit pour l'intelligence artificielle. Les prix du pétrole restent autour de 100 dollars le baril, bien au-dessus des 89 dollars retenus par le FMI pour cette année dans ses prévisions de juillet, qui tablent sur une croissance mondiale de 3 % en 2026 et de 3,4 % en 2027.

Georgieva a prévenu que « même si la guerre dans le Golfe devait s'achever rapidement, le problème des prix élevés de l'énergie persistera probablement encore pendant un certain temps ». Elle a également averti que l'économie mondiale est tiraillée entre un choc négatif d'offre d'énergie lié à la guerre en Iran et un choc positif de demande lié à l'intelligence artificielle.

L'impact de l'intelligence artificielle

L'intelligence artificielle (IA) est devenue un moteur clé des performances relatives des pays dans l'économie mondiale, selon Georgieva. Si elle est correctement encadrée, l'IA pourrait augmenter la croissance mondiale jusqu'à un demi-point de pourcentage par an, selon les estimations du FMI. Cela reviendrait à ajouter « une économie de la taille de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à l'économie mondiale » sur une décennie.

Cependant, Georgieva a averti que « le boom de l'investissement dans l'IA est inflationniste », les dépenses consacrées à cette technologie étant susceptibles de dépasser les vagues d'investissement passées dans les chemins de fer, les réseaux électriques et les télécommunications. Un revers pour les investisseurs pourrait se transformer en « choc d'ampleur mondiale », a-t-elle mis en garde.

Et maintenant ?

Les prochaines assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok devraient permettre de mieux comprendre les défis auxquels l'économie mondiale est confrontée et les mesures à prendre pour y faire face. Le FMI doit publier des prévisions actualisées de croissance mondiale lors de ces réunions.

Il reste à voir comment les gouvernements et les banques centrales réagiront aux appels à l'austérité et à la discipline budgétaire lancés par la dirigeante du FMI. Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour déterminer l'orientation de l'économie mondiale et la capacité des pays à faire face aux défis qui les attendent.

En conclusion, la situation économique mondiale est actuellement marquée par une grande incertitude et des défis importants. Il est essentiel que les gouvernements et les banques centrales prennent des mesures pour réduire la dette publique et promouvoir la croissance économique durable.