La Fédération internationale de football (FIFA) a dévoilé un projet ambitieux visant à créer une filiale dédiée à la gestion de ses activités commerciales, avec pour objectif de lever 10 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés. Ce plan, annoncé par Gianni Infantino, président de l’instance, suscite une vive polémique en raison de ses liens présumés avec l’entourage de l’ancien président américain Donald Trump. Selon RFI, cette initiative, qui promet de financer le développement du football mondial, est déjà critiquée par plusieurs fédérations nationales et continentales, ainsi que par des personnalités politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • La FIFA prévoit la création d’une filiale pour gérer ses activités commerciales et lever 10 milliards de dollars.
  • Le projet est lié, selon RFI, à des personnalités de l’entourage de Donald Trump.
  • L’Union européenne et l’UEFA figurent parmi les premières instances à exprimer leur inquiétude.
  • Plusieurs fédérations nationales et personnalités politiques ont réagi négativement à cette annonce.
  • Gianni Infantino, président de la FIFA, porte ce projet de réforme.

Un projet de 10 milliards de dollars pour moderniser le football

Le projet porté par la FIFA vise à transformer la gouvernance financière du football mondial. Une nouvelle filiale, indépendante, serait créée pour gérer les activités commerciales de l’instance, incluant les droits télévisuels, les partenariats et les licences. L’objectif affiché est de générer des revenus supplémentaires pour financer des programmes de développement, notamment dans les pays émergents. 10 milliards de dollars sont ainsi promis sur plusieurs années, une somme colossale qui, si elle se concrétisait, représenterait une révolution dans la gestion financière du sport le plus populaire au monde.

Pourtant, cette annonce ne fait pas l’unanimité. Dès sa présentation, le projet a suscité des interrogations sur sa transparence et ses implications politiques. Selon RFI, les connexions entre ce projet et des acteurs proches de l’administration Trump en 2026 compliquent encore davantage son acceptation, alors que la FIFA tente de se distancier des scandales financiers qui ont marqué son histoire récente.

Des liens controversés avec l’entourage de Donald Trump

Le projet de filiale commerciale de la FIFA n’est pas seulement économique : il s’inscrit dans un contexte politique particulièrement sensible. Plusieurs médias et observateurs, dont RFI, évoquent des liens entre des intermédiaires financiers impliqués dans ce dossier et des proches de l’ancien président américain. Ces connexions, encore floues, alimentent les suspicions d’opacité et de conflits d’intérêts. Donald Trump, dont la famille a été régulièrement associée à des affaires immobilières et financières, n’est pas directement mentionné, mais son entourage serait au cœur des discussions.

Cette dimension politique a immédiatement déclenché des réactions en Europe. L’Union européenne, par la voix de plusieurs commissaires, a exprimé son inquiétude quant au respect des règles de concurrence et de transparence. De son côté, l’UEFA, présidée par Aleksander Čeferin, a appelé à une « évaluation approfondie » du projet avant toute validation. D’autres fédérations, comme la Fédération française de football (FFF), ont adopté une position prudente, attendant des clarifications.

Une fronde qui s’organise en Europe

La contestation contre le projet de la FIFA prend de l’ampleur, principalement en Europe où la pression politique se fait sentir. Plusieurs ministres des Sports, dont ceux de la France et de l’Allemagne, ont déjà demandé des explications à Gianni Infantino. Le Parlement européen, lui, a annoncé vouloir auditionner des responsables de la FIFA pour examiner les modalités de ce partenariat. L’objectif ? Éviter que le football ne devienne un terrain de jeux pour des intérêts privés aux contours troubles.

Pourtant, la FIFA défend son projet. Dans un communiqué, l’instance a rappelé que toute ouverture aux investisseurs privés serait « encadrée par des règles strictes de transparence et de gouvernance ». Elle a également souligné que les fonds récoltés serviraient à des projets concrets, comme la construction d’infrastructures ou la formation des jeunes talents. Malgré ces assurances, les doutes persistent, d’autant que les précédents scandales de la FIFA, notamment autour de la Coupe du Monde 2018 et 2022, ont laissé des traces.

« Ce projet pourrait, s’il est mal encadré, reproduire les erreurs du passé. L’enjeu n’est pas seulement financier, mais aussi éthique. »
Yassine El Yattioui, enseignant-chercheur à l’université Lumière Lyon II

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp de Gianni Infantino, qui devra présenter des garanties supplémentaires pour convaincre les sceptiques. Une réunion exceptionnelle du Conseil de la FIFA est prévue le 25 août 2026 pour examiner le projet en détail. D’ici là, les fédérations nationales et les institutions européennes devraient multiplier les prises de position, voire les mises en garde. Le risque ? Que ce dossier ne s’enlise dans des débats politiques, retardant une réforme pourtant présentée comme urgente par la FIFA.

La suite dépendra donc de la capacité de l’instance à rassurer sur la légitimité de ses partenaires financiers et sur l’utilisation des fonds. En attendant, le football mondial se trouve une fois de plus au cœur d’une controverse où l’argent et la politique s’entremêlent, comme souvent dans son histoire récente.

Les principaux risques concernent l’opacité financière et les conflits d’intérêts. Si les investisseurs privés sont mal choisis ou si les fonds ne sont pas correctement utilisés, cela pourrait entraîner des scandales similaires à ceux des années 2010, avec des conséquences sur la crédibilité de la FIFA. Par ailleurs, une dépendance excessive aux fonds privés pourrait réduire l’autonomie des fédérations nationales.