La Direction générale de l’armement (DGA) a officiellement notifié le 2 juin 2026 le lancement du développement du missile nucléaire hypersonique ASN4G à MBDA, un contrat publié le 11 juin selon Numerama. Ce programme, dont la mise en service est prévue pour 2035, vise à moderniser la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, en remplaçant l’actuel missile ASMP-A rénové. Ce dernier, également produit par MBDA, équipe actuellement les Rafale de l’Armée de l’air et de la Marine nationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Développement industriel : La DGA a confié à MBDA le marché de développement de l’ASN4G, marquant le passage de la phase politique à la phase industrielle.
  • Calendrier précis : La mise en service du missile est programmée pour 2035, date à laquelle il remplacera définitivement l’ASMP-A rénové.
  • Compatibilité : L’ASN4G sera exclusivement compatible avec le futur standard Rafale F5, attendu vers 2030, et pourra être déployé aussi bien sur des bases terrestres que depuis le porte-avions Charles de Gaulle.
  • Performances : Le missile évoluera à plus de 6 100 km/h (Mach 5), avec des capacités de manœuvre extrêmes pour échapper aux systèmes de défense adverses.
  • Double composante : L’ASN4G viendra renforcer la composante aéroportée de la dissuasion, aux côtés de la composante océanique assurée par les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).

Un programme stratégique annoncé par Emmanuel Macron en 2025

Le président de la République avait évoqué l’arrivée d’un missile nucléaire hypersonique lors de sa visite sur la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur en 2025. Un an plus tard, le projet entre dans une phase concrète avec la notification du marché à MBDA, l’un des principaux industriels européens de la défense. L’accord-cadre, signé le 2 juin 2026 et rendu public le 11 juin, marque le début de la conception de l’engin, passant ainsi du stade des études prospectives à celui de la réalisation industrielle.

Ce programme s’inscrit dans une logique de modernisation continue de l’arsenal nucléaire français, essentielle pour garantir la crédibilité de la dissuasion. Comme le rappelle la DGA, cette crédibilité repose sur trois piliers : politique, technique et opérationnel. Sur le plan technique, l’enjeu est de taille : rendre l’interception de l’engin quasi impossible face à l’évolution des défenses sol-air adverses, notamment les stratégies de déni d’accès (A2/AD).

L’ASN4G, un atout pour contourner les défenses ennemies

Avec une vitesse dépassant Mach 5, soit plus de 6 100 km/h, l’ASN4G se positionne comme une arme de rupture technologique. À titre de comparaison, l’ASMP-A rénové, en service actuellement, évolue autour de Mach 3 ou 4. Cette hypervélocité, couplée à des capacités de manœuvre extrêmes, permettra au missile de contourner les systèmes de défense les plus avancés, renforçant ainsi la crédibilité de la frappe aérienne française.

« Les performances de l’ASN4G, et notamment son hypervélocité, permettront de maintenir la crédibilité de la dissuasion aéroportée face à l’évolution des menaces », a souligné la DGA. La France rejoint ainsi un cercle restreint de nations maîtrisant les technologies hypersoniques appliquées au domaine stratégique, un enjeu majeur dans le contexte géopolitique actuel.

Un missile polyvalent, adapté à tous les environnements

Contrairement aux idées reçues, l’ASN4G ne sera pas réservé aux avions décollant de bases terrestres. Il pourra être déployé aussi bien sur les Rafale de l’Armée de l’air que sur ceux de la force aéronavale nucléaire, embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Cette polyvalence est un atout stratégique, permettant de projeter la capacité de frappe nucléaire depuis la mer comme depuis la terre.

Le futur standard Rafale F5, attendu vers 2030, sera le seul appareil à pouvoir emporter l’ASN4G. Dassault Aviation travaille actuellement à moderniser l’avion de combat pour répondre aux exigences de ce nouveau missile, dont la conception intègre des technologies de pointe en matière de propulsion, de guidage et de furtivité.

Un remplacement progressif de l’ASMP-A rénové

D’ici 2035, l’ASN4G remplacera définitivement l’ASMP-A rénové, qui constitue depuis des années le fer de lance de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française. Développé par MBDA, l’actuel missile est en service depuis plusieurs décennies et a bénéficié de modernisations successives pour maintenir sa pertinence opérationnelle.

Le passage à l’ASN4G s’accompagnera d’une montée en puissance progressive, avec des phases de tests et de validation avant une intégration totale dans les forces. Ce calendrier serré reflète l’urgence de moderniser l’arsenal nucléaire français pour faire face aux nouvelles menaces, notamment celles émanant de la Russie, de la Chine ou de puissances régionales en pleine expansion militaire.

Et maintenant ?

La phase industrielle qui s’ouvre désormais devrait s’étaler sur plusieurs années, avec des étapes clés comme la validation des premiers prototypes et les essais en vol. D’ici 2030, les premiers Rafale F5 devraient commencer à être livrés à l’Armée de l’air et à la Marine nationale, tandis que les tests du missile devraient s’intensifier. Reste à voir si le calendrier sera respecté, un défi de taille pour un programme aussi complexe et stratégique.

Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des forces armées françaises, qui inclut également le développement du missile de croisière naval (MdCN) et la rénovation des têtes nucléaires. La crédibilité de la dissuasion française dépendra, en partie, de la réussite de ces différents projets, dans un contexte international marqué par une course aux armements et une multiplication des tensions.

L’objectif est de maintenir la crédibilité de la dissuasion nucléaire française face à l’évolution des défenses adverses. Un missile hypersonique comme l’ASN4G, évoluant à plus de 6 100 km/h, permet de contourner les systèmes de défense les plus avancés, rendant son interception quasi impossible. Cela s’inscrit dans une logique de modernisation de l’arsenal nucléaire pour faire face aux nouvelles menaces, notamment celles émanant de la Russie, de la Chine ou de puissances régionales.

L’ASN4G sera exclusivement compatible avec le futur standard Rafale F5, attendu vers 2030. Ce standard, développé par Dassault Aviation, intégrera les évolutions technologiques nécessaires pour emporter et tirer ce missile hypersonique. Les Rafale actuels, comme ceux de l’Armée de l’air ou de la Marine nationale, ne pourront donc pas utiliser l’ASN4G.