La France a rendu hommage aux victimes de l'esclavage colonial ce samedi, comme le rapporte Euronews FR. Cette journée nationale a lieu à la date du 23 mai, qui renvoie à la marche organisée à Paris en 1998 par des associations ultramarines, en hommage aux descendants d'esclaves et pour une reconnaissance publique de cette mémoire. Elle correspond également à la publication au Journal officiel, en 2001, de la loi dite Taubira, qui reconnaît la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l’humanité.
Cette journée nationale aurait aussi pu être fixée au 22 mai, date à laquelle les premiers esclaves sont libérés en 1848 en Martinique, à la suite d'une insurrection généralisée. Débordée par ce soulèvement, l'administration coloniale proclame l'abolition immédiate sans attendre l'arrivée du décret signé à Paris par le gouvernement provisoire de la IIᵉ République. Des dizaines de milliers de personnes accèdent alors à la liberté. Le 22 mai est aujourd'hui un jour férié en Martinique.
Ce qu'il faut retenir
- La France rend hommage aux victimes de l'esclavage colonial le 23 mai.
- La journée nationale correspond à la publication de la loi Taubira en 2001.
- Le 22 mai est un jour férié en Martinique, date à laquelle les premiers esclaves sont libérés en 1848.
- La proposition de loi visant à abroger le "Code noir" doit être débattue le 28 mai à l'Assemblée nationale.
Les célébrations
À Paris, les célébrations organisées par la mairie se sont déroulées en fin de matinée aux Jardins du Trocadéro, en présence de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Un mémorial national y sera inauguré au printemps 2027. Le maire PS de la capitale, Emmanuel Grégoire, a déclaré samedi sur X que Paris "ne laissera pas faire" ceux qui "osent nier ou minimiser" le fait que l'esclavage ait été un crime contre l'humanité.
"Souhaitons que très bientôt le code noir soit abrogé, non pour effacer les traces de cette indignité, mais pour affirmer qu'il faut regarder cette histoire en face pour rendre leur dignité à ces femmes et à ces hommes qui ont été esclaves", a-t-il ajouté.
L'abrogation du "Code noir"
Jeudi soir à l'Élysée, lors d'une réception pour le 25e anniversaire de la loi Taubira, le président Emmanuel Macron a soutenu l'abrogation symbolique du "Code noir", nom donné à un ensemble d'édits royaux datant des XVIIe et XVIIIe siècles encadrant l'esclavage et jamais formellement abrogés. Il a également estimé qu'il ne faut pas "refuser" la question des "réparations", sans toutefois annoncer de mesures concrètes.
À cette occasion, la Fondation pour la mémoire de l'esclavage a remis au chef de l'État une plaque rappelant que la construction du palais de l'Élysée avait été financée par les profits de l'esclavage colonial. L'actuelle résidence présidentielle a été construite au début du XVIIIe siècle pour Louis-Henri de La Tour d'Auvergne, comte d'Évreux, grâce à la dot de son épouse, Marie-Anne Crozat, fille d'Antoine Crozat, qui avait bâti une partie de sa fortune dans le commerce colonial et la traite négrière.
La question des réparations reste en suspens, mais le débat sur l'abrogation du "Code noir" devrait permettre d'avancer sur cette question. Les prochaines étapes seront cruciales pour savoir comment la France va rendre hommage à ses victimes de l'esclavage colonial et comment elle va concrétiser ses promesses de réparations.