Le 2 mars 2026, le président Emmanuel Macron a prononcé un discours à l’Île-Longue, base navale abritant le cœur de la dissuasion nucléaire française, dans lequel il a présenté une nouvelle doctrine de « dissuasion avancée » européenne, qualifiée par Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, de « la mise à jour la plus significative depuis trente ans ». Cette prise de parole, attendue et inscrite dans la tradition des allocutions des chefs d’État français sur le nucléaire militaire, a été saluée par les analystes militaires et stratégiques, malgré certaines nuances, comme le rapporte Numerama.
Le discours d’Emmanuel Macron a mis en avant l’augmentation historique de l’arsenal nucléaire français, la décision de dissimuler dorénavant le nombre d’ogives en possession de Paris, la coordination accrue avec certains pays alliés, ainsi que la possibilité de disperser les forces aériennes stratégiques sur tout le continent en cas d’extrême nécessité. Cependant, l’intervention du chef de l’État a également été l’occasion d’évoquer des programmes moins connus que la dissuasion nucléaire, regroupés sous la notion « d’épaulement », qui visent à renforcer les capacités conventionnelles de la France.
Ce qu'il faut retenir
- La France renforce sa dissuasion nucléaire avec une nouvelle doctrine « d’épaulement » conventionnel.
- Le missile ASMP-A R sera remplacé par le missile ASN4G, hypersonique et manœuvrant.
- La force océanique stratégique accueillera un nouveau missile mer-sol balistique stratégique, le M51.4.
- Le programme JEWEL vise à donner des capacités souveraines aux Européens pour détecter les missiles qui les viseraient.
- Le SAMP/T NG sera utilisé pour l’interception de menaces hypersoniques.
- Le programme ELSA permettra de frapper très loin et de manière conventionnelle avec un missile de croisière.
La nouvelle doctrine de dissuasion
La nouvelle doctrine de « dissuasion avancée » européenne présentée par Emmanuel Macron vise à renforcer la crédibilité de la menace nucléaire en consolidant les capacités conventionnelles de la France. Le chef de l’État a insisté sur l’urgence de renforcer les moyens dits conventionnels pour garantir la crédibilité de la dissuasion nucléaire. Cette approche est considérée comme une évolution majeure de la politique française de dissuasion nucléaire depuis trente ans.
Le renouvellement des missiles de croisière nucléaires des forces aériennes stratégiques et des forces aéronavales nucléaires, ainsi que la mise au point d’un nouveau missile pour la force sous-marine, font partie des axes forts de cette nouvelle doctrine. Le missile ASMP-A R, qui équipe actuellement les avions de combat Rafale, sera remplacé par le missile ASN4G, qui sera hypersonique et extrêmement manœuvrant.
Les programmes d’épaulement
Les programmes d’épaulement, qui ne sont pas à proprement parler nucléaires, mais qui y contribuent, ont également été mis en avant par Emmanuel Macron. Le président de la République a listé trois enjeux : l’alerte avancée pour détecter les menaces, la défense aérienne élargie pour s’en prémunir, ainsi que la frappe conventionnelle dans la profondeur pour contrer et agir au plan offensif.
Le programme JEWEL, qui vise à donner des capacités souveraines aux Européens pour détecter les missiles qui les viseraient, est l’un des programmes phares de cette nouvelle doctrine. Le SAMP/T NG, qui sera utilisé pour l’interception de menaces hypersoniques, est un autre programme clé. Enfin, le programme ELSA, qui permettra de frapper très loin et de manière conventionnelle avec un missile de croisière, complète ces capacités.
En conclusion, la nouvelle doctrine de dissuasion avancée européenne présentée par Emmanuel Macron marque une évolution majeure de la politique française de dissuasion nucléaire, avec un renforcement des capacités conventionnelles et une consolidation de la crédibilité de la menace nucléaire. Les prochaines échéances attendues seront suivies de près par les analystes et les spécialistes de la défense.
