Comme le rapporte Numerama, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé ce mardi 16 juin 2026 que la France allait rompre son contrat avec le géant américain Palantir et opter pour ChapsVision, une entreprise déjà sélectionnée par Berlin pour assurer des missions similaires au profit du renseignement intérieur allemand, le BfV. Cette décision intervient six mois après la reconduction du contrat avec Palantir, qui devait courir jusqu'en 2028.
Cette annonce s'inscrit dans une stratégie systémique de déploiement d'une intelligence artificielle (IA) souveraine au cœur de l'administration française. Sébastien Lecornu a justifié cette décision en déclarant : « Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », et a affirmé la volonté de « construire une véritable autonomie » pour ne « pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables (…) de couper le robinet d'accès » à l'IA.
Ce qu'il faut retenir
- La France rompt son contrat avec Palantir et opte pour ChapsVision.
- Le contrat avec Palantir devait courir jusqu'en 2028.
- La décision s'inscrit dans une stratégie de déploiement d'une IA souveraine.
- Le gouvernement investira 655 millions d'euros supplémentaires dans le développement de l'IA via le programme France 2030.
Le contexte de la décision
Cette décision intervient dans un contexte de crispation autour de la souveraineté numérique, notamment après la coupure de Fable 5 décidée par Washington, qui a remis sur le devant de la scène les craintes liées à un éventuel « kill switch » sur les outils numériques étrangers. La France souhaite ainsi assurer sa résilience numérique et ne pas dépendre de partenaires étrangers pour ses outils de renseignement et de sécurité.
Comme le souligne Sébastien Lecornu, « le temps des expérimentations est terminé » et il est désormais temps de « généraliser » l'IA dans les services publics français. Le gouvernement a également annoncé la généralisation de son outil conversationnel, l'Assistant, à environ un million d'agents publics, après une phase de test menée auprès de 10 000 fonctionnaires des ministères de l'Intérieur, de la Justice et de Bercy.
Les implications de la décision
La décision de rompre le contrat avec Palantir et d'opter pour ChapsVision a des implications importantes pour la souveraineté numérique de la France. Elle marque une étape significative dans la stratégie de déploiement d'une IA souveraine et montre la volonté du gouvernement de prendre le contrôle de ses outils de renseignement et de sécurité.
Le gouvernement a également annoncé un effort budgétaire important pour soutenir le développement de l'IA, avec 655 millions d'euros supplémentaires qui seront consacrés à ce domaine via le programme France 2030. Cet investissement devrait permettre de soutenir les infrastructures, le calcul, la recherche et les filières industrielles liées à l'IA.
En conclusion, la décision de la France de rompre son contrat avec Palantir et d'opter pour ChapsVision marque une étape importante dans sa stratégie de déploiement d'une IA souveraine. Il reste à voir comment cette décision sera mise en œuvre et quels seront les résultats concrets de cette nouvelle orientation.