Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré ce mercredi 28 octobre que la France s'oppose à la nomination de l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán comme secrétaire général de l'ONU, selon BFM - Politique. Cette déclaration intervient dans un contexte où les États-Unis pousseraient pour une candidature de Viktor Orbán pour succéder à António Guterres, dont le deuxième mandat prendra fin le 31 décembre prochain.
« Le poste de Secrétaire général des Nations unies n'a pas vocation à être le lot de consolation d'un dirigeant battu dans les urnes, chassé par son peuple », a souligné Jean-Noël Barrot lors d'une séance de questions au gouvernement devant le Sénat. Il a également rappelé que « la France ne saurait accepter que les Nations unies puissent être dévitalisées et paralysées par des grandes puissances qui souhaitent avoir les coudées franches pour imposer la loi du plus fort ».
Ce qu'il faut retenir
- La France s'oppose à la nomination de Viktor Orbán comme secrétaire général de l'ONU.
- Les États-Unis pousseraient pour une candidature de Viktor Orbán.
- Le deuxième mandat d'António Guterres prendra fin le 31 décembre prochain.
- La France dispose d'un droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité.
Contexte de la nomination
Viktor Orbán, fondateur du parti national conservateur Fidesz, a été défait lors des élections législatives hongroises en avril dernier, mettant fin à seize années passées au pouvoir. Cette défaite a suscité le soutien de personnalités comme Donald Trump et Marine Le Pen. Selon des récentes révélations du Wall Street Journal, les États-Unis voient en Viktor Orbán « le candidat conservateur idéal, dans la lignée du mouvement MAGA ».
Une éventuelle candidature de l'ancien dirigeant hongrois serait très probablement soutenue par la Chine et la Russie, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'avenir du multilatéralisme et de l'ONU. Le multilatéralisme qu’elle promeut est déjà fragilisé, notamment par des pays qui en étaient jusqu’ici les défenseurs, comme les États-Unis.
Position de la France
La France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, dispose d'un droit de veto. Selon le Wall Street Journal, seuls la France et le Royaume-Uni activeraient logiquement leur veto en cas de candidature de Viktor Orbán. Cependant, « ces deux pays font généralement preuve de prudence dans l’utilisation de leur droit de veto », relève le journal.
« Il est illusoire de penser que l'on pourrait protéger les Françaises et les Français contre les risques de la guerre, de l'intelligence artificielle, du dérèglement climatique ou des pandémies, sans la coopération internationale, sans le multilatéralisme permis par les Nations unies », a conclu Jean-Noël Barrot, en soulignant l'importance de l'ONU pour la France et pour le monde.
Enjeux pour l'ONU
L'ONU fait face à une multiplication des conflits dans le monde et à une grave crise financière. La nomination d'un secrétaire général est donc cruciale pour l'avenir de l'organisation et de ses actions. La France attend du futur Secrétaire général qu'il réforme les Nations unies pour mieux les conforter, et certainement pas pour les discréditer pour mieux les enterrer, comme l'a indiqué Jean-Noël Barrot.
La situation reste donc à suivre de près, avec des enjeux importants pour l'avenir du multilatéralisme et de la coopération internationale. La position de la France, ainsi que celle des autres membres permanents du Conseil de sécurité, sera cruciale dans les semaines à venir.