L’équipage de la goélette scientifique française Tara a été victime d’une attaque de pirates dans la nuit du 20 août 2026 au large de Wewak, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, alors que le navire était au mouillage. Selon Franceinfo - Sciences, cinq à six individus armés sont montés à bord vers 22 heures, menaçant l’équipage et s’emparant d’équipements électroniques avant de fuir rapidement. Si l’incident a marqué les esprits, le chef de pont François Aurat a tenu à souligner, lors d’un entretien accordé à ICI Berry le 25 août 2026, que l’incident s’était « très vite » déroulé et que l’équipage « s’en sortait bien », malgré un sentiment de choc partagé par tous.
Ce qu’il faut retenir
- Une attaque de pirates a eu lieu dans la nuit du 20 août 2026 au large de Wewak, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, alors que la goélette scientifique Tara était au mouillage.
- Cinq à six individus armés de fléchettes, couteaux et armes à feu ont menacé l’équipage avant de s’emparer d’une demi-douzaine d’ordinateurs et d’un smartphone, estimés entre 25 000 et 40 000 euros.
- Un membre de l’équipage a été légèrement blessé par des éclats de plomb tirés par les assaillants, tandis que les pirates ont pris la fuite à bord d’un bateau à moteur.
- L’équipage, « un peu choqué » mais indemne, a pu quitter le pays le lendemain comme prévu, direction l’archipel des Palaos, sans perte de données scientifiques.
- Toutes les données de la mission avaient été sauvegardées, a confirmé Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara Océan.
Une intrusion rapide et violente, mais sans issue tragique
Le récit de l’attaque, tel que rapporté par François Aurat, chef de pont de la goélette Tara, laisse entrevoir la rapidité avec laquelle les événements se sont enchaînés. « Ils étaient cinq ou six, ils sont arrivés vers 22 heures, ils nous ont menacés, ça a été très vite », a-t-il expliqué à ICI Berry. Les assaillants, armés de fléchettes, de couteaux et d’armes à feu, ont agi avec une certaine brutalité, mais leur intervention n’a duré que quelques minutes. « Ils ne s’attendaient pas à voir autant de monde, ils étaient un peu stressés, un peu paniqués, donc c’était d’autant plus dangereux car ils étaient bien armés », a précisé Aurat. Malgré cette tension, l’équipage a évité le pire : un seul membre a été légèrement blessé par des éclats de plomb.
Si les pirates ont réussi à s’emparer d’équipements électroniques d’une valeur estimée entre 25 000 et 40 000 euros, leur butin est resté limité. « On s’en sort bien, on a eu de la chance, avec simplement le vol des ordinateurs et d’un téléphone », a résumé le chef de pont. L’attaque, bien que violente, n’a pas eu de conséquences graves sur le plan humain, ce qui a permis à l’équipage de relativiser l’incident après coup.
Une mission scientifique sauvegardée malgré le choc
La goélette Tara, navire emblématique des expéditions scientifiques océaniques, était en mission dans la région lorsque l’attaque a eu lieu. Selon les déclarations de Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara Océan, « toutes les données de la mission avaient été sauvegardées. On n’a rien perdu ». Cette confirmation rassurante a permis à l’équipage de reprendre la route dès le lendemain, comme prévu initialement, en direction de l’archipel des Palaos. Le voilier a quitté la Papouasie-Nouvelle-Guinée sans délai, comme si de rien n’était, mais l’incident reste gravé dans les mémoires de ceux qui l’ont vécu.
François Aurat a également évoqué le contexte de l’attaque : « C’était la dernière nuit, on partait le lendemain. Je pense qu’ils étaient au courant qu’on partait le lendemain matin ». Cette hypothèse suggère que les pirates avaient pu observer les mouvements du navire avant de passer à l’action. « On est tous un peu choqués. Ça s’est passé assez vite, c’était assez violent », a-t-il ajouté, confirmant ainsi l’état d’esprit de l’équipage après l’incident.
Une région exposée aux risques de piraterie maritime
La Papouasie-Nouvelle-Guinée, où s’est déroulée l’attaque, est une zone connue pour ses risques en matière de piraterie maritime, notamment dans les eaux côtières et autour des ports. Selon les observateurs, les attaques de ce type, bien que moins médiatisées que celles en mer Rouge ou dans le golfe de Guinée, restent fréquentes dans certaines régions d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. La proximité avec des zones côtières densément peuplées et des réseaux criminels organisés expose régulièrement les navires, qu’ils soient commerciaux ou scientifiques, à des risques d’intrusion.
Dans ce contexte, la Fondation Tara Océan, qui gère la goélette, n’a pas communiqué sur d’éventuelles mesures supplémentaires de sécurité mises en place après l’incident. Cependant, l’organisation a confirmé que la mission se poursuivait normalement, avec pour objectif d’atteindre les Palaos comme prévu. « On récupère en mer », a simplement indiqué François Aurat, laissant entendre que l’équipage avait retrouvé une certaine routine malgré l’épisode traumatisant.
En conclusion, si l’attaque de pirates subie par la goélette Tara a laissé des traces psychologiques chez son équipage, elle n’a pas compromis la mission scientifique en cours. Les données recueillies restent intactes, et le navire a pu reprendre sa route sans délai. Cet épisode rappelle cependant les dangers persistants auxquels sont exposés les navires dans certaines régions du monde, même lorsque leurs activités sont à vocation pacifique et scientifique.
La Papouasie-Nouvelle-Guinée, comme d’autres pays de la région Pacifique et d’Asie du Sud-Est, est exposée à la piraterie maritime en raison de ses eaux côtières peu surveillées, de la présence de réseaux criminels organisés et de la proximité avec des zones densément peuplées où se mêlent pêcheurs, commerçants et groupes armés. Les attaques ciblent souvent des navires de faible tonnage ou des voiliers, jugés moins protégés que les cargos ou les pétroliers.