Le Golfe, région riche en biodiversité marine, est actuellement menacé par les conséquences environnementales de la guerre, selon nos confrères de Le Figaro. Les dugongs, tortues marines, coraux et mangroves qui peuplent cette zone sont déjà fragilisés par le réchauffement et le trafic maritime, et risquent d’être encore plus affectés par les bombes et le pétrole du conflit actuel.
Environ 300 incidents comportant des risques environnementaux ont été recensés depuis le début de la guerre par l'Observatoire du conflit et de l'environnement (CEOBS), dont des attaques sur des pétroliers qui créent des risques de marées noires. Le Golfe abrite la deuxième plus grande population mondiale de dugongs, des mammifères marins herbivores classés vulnérables, soit 5 000 à 7 500 individus, ainsi qu'une dizaine d'espèces de mammifères marins dont des baleines à bosse et des requins-baleines.
Ce qu'il faut retenir
- Le Golfe est menacé par les conséquences environnementales de la guerre
- Les dugongs, tortues marines, coraux et mangroves sont déjà fragilisés par le réchauffement et le trafic maritime
- Environ 300 incidents comportant des risques environnementaux ont été recensés depuis le début de la guerre
- Le Golfe abrite la deuxième plus grande population mondiale de dugongs
- La zone abrite plus de 2 000 espèces marines, dont plus de 500 poissons et cinq tortues
Les conséquences environnementales
La guerre du Golfe de 1991 a provoqué l'une des plus importantes pollutions pétrolières marines liées à un conflit armé. Elle a mis des décennies à se résorber : 11 millions de barils de pétrole (1,75 milliard de litres) avaient été déversés, contaminant 640 km de côtes saoudiennes et tuant plus de 30 000 oiseaux marins, selon plusieurs études. Les oiseaux marins sont particulièrement menacés, les hydrocarbures détruisant l'imperméabilité de leur plumage, provoquant hypothermie et noyades.
Les dizaines de navires bloqués dans le Golfe, chargés d'«environ 21 milliards de litres de pétrole», constituent une «bombe à retardement écologique» pour ces écosystèmes déjà fragilisés, s'alarme Greenpeace. « C'est un désastre environnemental annoncé », juge Nina Noelle de Greenpeace Allemagne. Les mines marines et autres engins explosifs peuvent aussi causer des perturbations acoustiques qui affectent les mammifères marins et d'autres animaux.
Les réactions des experts
Doug Weir, directeur du CEOBS, explique à l'AFP que « les guerres des années 1980 et 1990 montrent à quel point les écosystèmes du golfe Persique sont exposés à la pollution liée aux conflits, qu'elle résulte de dommages causés aux installations pétrolières terrestres ou offshore, ou de déversements dus à des attaques contre le trafic maritime ». John Burt, professeur de biologie au Mubadala Arabian Center for Climate and Environmental Sciences, précise que « le pétrole flotte, de sorte que sa dispersion reste à la surface et n'interagit pas vraiment avec les coraux, sauf dans les zones les moins profondes ».
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a qualifié lundi d'«écocide» les frappes israéliennes contre des dépôts pétroliers de Téhéran, dénonçant « la contamination des sols et des nappes phréatiques ». Les oiseaux marins pourraient aussi voir leur migration perturbée par le bruit des explosions et par les colonnes de fumées toxiques, la péninsule arabique se situant au carrefour de nombreuses routes migratoires reliant l'Europe, l'Asie centrale, l'Afrique et l'Asie du Sud.
En conclusion, la guerre dans le Golfe représente une menace significative pour les écosystèmes marins de la région. Les conséquences environnementales pourraient être graves et longues, et il est essentiel que les parties prenantes prennent des mesures pour atténuer les dégâts et protéger la biodiversité marine.
