Comme le rapporte Courrier International, la une de l’édition du 8 au 14 août de l’hebdomadaire britannique The Economist est consacrée à la « guerre oubliée » du Soudan, un conflit qui dure depuis plus de trois ans et qui semble être largement ignoré par la communauté internationale. Cette guerre civile a déjà provoqué des dégâts considérables et des souffrances humaines importantes.
La couverture de The Economist illustre cette situation dramatique avec une photo poignante : un crâne délaissé au milieu d’un champ de ruines désert à Khartoum, une ville qui comptait 7 millions d’habitants en 2023. Selon The Economist, « il est impossible de trouver un unique lieu qui illustrerait la dévastation causée par la guerre civile soudanaise ».
Ce qu'il faut retenir
- La guerre civile au Soudan dure depuis plus de trois ans.
- Les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (FSR) s’affrontent, avec des crimes de guerre et contre l’humanité.
- La communauté internationale semble ignorer ce conflit, malgré ses conséquences dramatiques.
- Deux minces espoirs de résolution sont entrevus par The Economist : l’Arabie saoudite pourrait recentrer son attention sur la mer Rouge, et l’armée soudanaise a réalisé des avancées significatives face aux FSR.
Le contexte du conflit
Le Soudan est actuellement divisé entre les Forces armées soudanaises (SAF), soutenues par l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, qui contrôlent le nord et l’est du pays, et les Forces de soutien rapide (FSR), soutenues par les Émirats arabes unis, qui ont la main sur l’ouest et le sud du pays. Les deux camps continuent de s’entretuer, commettant des crimes de guerre et contre l’humanité.
Comme le souligne The Economist, « beaucoup de Soudanais se sont résignés à être traités comme une cause perdue et ont commencé à parler d’une ‘Somalia Timeline’ : un conflit long de plusieurs décennies et sans perspective de fin », en référence à la guerre civile qui déchire toujours la Somalie.
Perspectives de résolution
The Economist entrevoit deux minces espoirs de résolution. Le premier est lié à l’Arabie saoudite, dont le regard pourrait se concentrer sur la mer Rouge, où les attaques des houthistes (soutenus par l’Iran) contre des pétroliers liés à Riyad sont de nature à accroître l’importance stratégique du littoral soudanais à ses yeux. Cela pourrait rendre le soutien des Émirats arabes unis aux FSR « plus risqué », et donc favoriser un possible cessez-le-feu.
Le second espoir réside dans le renversement récent de la situation sur le champ de bataille. L’armée soudanaise a réalisé des « avancées significatives » ces dernières semaines, face aux FSR. Une position de force qui pourrait faciliter des négociations, selon The Economist.
Les defis a relever
Alors que la saison des pluies arrive au Soudan, ce qui pourrait entraîner une « accalmie dans les combats », et bien que les chances d’obtenir un cessez-le-feu restent minces, The Economist conclut que « c’est maintenant qu’il faut lancer une offensive diplomatique ».
En conclusion, la « guerre oubliée » du Soudan nécessite une attention urgente de la part de la communauté internationale pour mettre fin aux souffrances humaines et trouver une résolution durable au conflit.