L’Agence spatiale américaine a présenté mardi 29 avril 2026 une innovation majeure dans le domaine de la propulsion spatiale. Selon Futura Sciences, la Nasa a mené avec succès des essais sur un moteur utilisant du lithium sous forme de plasma, promettant une réduction significative du temps de trajet pour les missions habitées vers Mars. Ces tests, réalisés le 24 février 2026 au Jet Propulsion Laboratory (JPL), marquent une avancée technologique qui pourrait bouleverser les plans de colonisation de la Planète rouge.
Ce qu'il faut retenir
- Un moteur à propulsion électromagnétique au lithium a atteint une puissance de 120 kilowatts lors de tests récents, avec des électrodes en tungstène portées à 2 800 °C.
- Ce système consomme jusqu’à 90 % de carburant en moins par rapport aux propulsions chimiques classiques, tout en offrant une poussée bien supérieure.
- La Nasa vise une puissance de 500 kW, voire 1 mégawatt dans les prochains tests, un seuil nécessaire pour les missions habitées vers Mars.
- L’objectif affiché est de réduire la durée du voyage à quelques mois, contre les 6 à 9 mois actuels avec les technologies existantes.
- L’administrateur de la Nasa, Jared Isaacman, a souligné que ces progrès « montrent de réels avancées pour envoyer des astronautes sur Mars ».
Un défi technologique vieux de plusieurs décennies
L’idée d’utiliser du lithium comme carburant pour la propulsion spatiale n’est pas nouvelle. Dès les années 1960, la Nasa explorait déjà cette piste, en s’appuyant sur des moteurs électromagnétiques capables d’accélérer un plasma de lithium grâce à un champ magnétique et un courant électrique. Le principe reste le même aujourd’hui : le gaz ionisé est expulsé à haute vitesse par une tuyère, générant une poussée similaire à celle d’un moteur classique, mais avec une efficacité bien supérieure. « Ce type de moteur offre un avantage majeur par rapport aux propulsions chimiques, car il permet d’obtenir une poussée équivalente avec une consommation de carburant bien moindre », explique un expert cité par Futura Sciences.
Les tests menés en février 2026 au JPL ont permis de valider cette technologie dans des conditions extrêmes. Cinq allumages du moteur ont été réalisés, atteignant une température de 2 800 °C au niveau de l’électrode en tungstène et une puissance électrique de 120 kW. À titre de comparaison, le moteur de la sonde Psyche – actuellement le plus puissant en activité dans l’espace et alimenté par énergie solaire – ne développe que 5 kW. Autrement dit, le nouveau système de la Nasa est 25 fois plus puissant que les meilleures technologies spatiales actuelles.
Vers une révolution dans les voyages interplanétaires
L’un des principaux obstacles à une mission habitée vers Mars réside dans la durée du trajet. Un voyage aller simple de plusieurs mois expose les astronautes à des risques sanitaires majeurs : exposition aux rayonnements cosmiques, isolement psychologique, ou encore gestion des ressources vitales. Une étude publiée le 7 août 2025 par des chercheurs américains avait d’ailleurs souligné que les rayonnements solaires, non filtrés par l’atmosphère martienne, rendraient toute colonisation à long terme extrêmement périlleuse sans une protection adaptée. « Réduire la durée du voyage est donc une priorité absolue pour la Nasa », rappelle Futura Sciences.
Avec le nouveau moteur à lithium, l’agence spatiale américaine espère atteindre une puissance de 500 kW lors des prochains essais, voire 1 mégawatt à plus long terme. Pour une mission habitée vers Mars, une puissance comprise entre 2 et 4 mégawatts serait cependant nécessaire. « Nous sommes encore loin de l’objectif final, mais ces tests constituent une étape cruciale », précise un porte-parole du JPL. À terme, l’objectif est de permettre un voyage vers Mars en quelques mois seulement, contre les six à neuf mois estimés avec les technologies actuelles. Une réduction drastique qui faciliterait grandement la logistique et la sécurité des équipages.
Une avancée qui s’inscrit dans la stratégie globale de la Nasa
Alors que le programme Artémis et la construction d’une base lunaire monopolisent actuellement l’attention médiatique, la Nasa n’a pas oublié Mars. Jared Isaacman, nouveau administrateur de l’agence, a d’ailleurs réaffirmé cet engagement lors d’une conférence de presse. « À la Nasa, nous travaillons sur beaucoup de choses à la fois, et nous n’avons pas perdu Mars de vue. Les bonnes performances de notre moteur dans ce test montrent de réels progrès dans l’envoi d’astronautes américains pour se poser sur la Planète rouge », a-t-il déclaré. Cette déclaration confirme que l’agence spatiale américaine maintient sa feuille de route pour les missions habitées vers Mars, malgré les défis techniques et budgétaires.
Le développement de ce moteur s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les solutions de propulsion. Si le lithium semble aujourd’hui le carburant le plus prometteur, d’autres pistes sont explorées, comme les moteurs à plasma ou les systèmes hybrides. « L’enjeu est de trouver un équilibre entre puissance, efficacité énergétique et fiabilité. Chaque technologie a ses avantages et ses limites, et c’est ce qui rend ce domaine si passionnant », commente un ingénieur du JPL sous couvert d’anonymat.
Quoi qu’il en soit, cette innovation marque une étape supplémentaire dans la course vers Mars. Si les défis techniques sont encore nombreux, les perspectives offertes par cette technologie pourraient bien redéfinir les limites de l’exploration humaine dans l’espace.
Le lithium est un métal léger qui, une fois ionisé sous forme de plasma, permet de générer une poussée très efficace avec une consommation de carburant réduite. Contrairement aux propulsions chimiques classiques, qui nécessitent des quantités importantes de propergol, les moteurs à plasma comme celui testé par la Nasa utilisent un champ magnétique pour accélérer le plasma, offrant ainsi une meilleure efficacité énergétique. Cela se traduit par une réduction jusqu’à 90 % du carburant nécessaire pour une même poussée, un atout majeur pour les missions de longue durée.