Selon nos confrères de Franceinfo - Culture, l’archipel des Keys, en Floride, offre l’une des routes les plus spectaculaires des États-Unis. Longue de plus de 80 kilomètres, cette voie mythique relie 47 îles par 47 ponts, transformant un trajet routier en une odyssée maritime entre mangroves et eaux turquoise.
Ce qu'il faut retenir
- La route des Keys s’étend sur 80 km et compte 47 ponts reliant les îles de l’archipel floridien.
- Elle a été construite au début du XXe siècle après l’échec d’un projet ferroviaire, marqué par un ouragan dévastateur en 1905.
- Les épaves sous-marines le long de la route forment aujourd’hui un écosystème unique, peuplé de tortues et de poissons tropicaux.
- Le Seven Mile Bridge, avec ses 11 km de long, est l’un des points d’orgue du parcours, attirant pêcheurs et touristes.
- Key West, terminus de la route, est un village d’artistes influencé par des figures comme Ernest Hemingway.
- Des Français expatriés, comme le couple Lecerf, y organisent des mariages, séduits par ce cadre paradisiaque.
« C’est vraiment complètement délirant de se dire qu’il y a une heure et demie, on était à Miami et que là, on est entre la mangrove, les plages, les eaux turquoise », confie Ségolène Lecerf, gérante de Paris Miami Events. Avec son compagnon Nicolas, elle a fait des Keys son terrain de jeu pour organiser des cérémonies de mariage et de fiançailles, loin de l’agitation urbaine. Leur agence mise sur l’isolement des îles et leurs paysages préservés pour proposer des expériences romantiques aux couples en quête d’originalité.
« On pourrait faire la cérémonie de ce côté avec vraiment l’océan, les îles en fond. Il n’y a personne, c’est très romantique ! », explique Nicolas Lecerf. Leur activité illustre l’attractivité croissante de l’archipel, où le tourisme a pris le relais d’une économie autrefois marginale, voire controversée.
D’une voie ferrée à une route mythique : une histoire marquée par les éléments
Le projet de relier les Keys au continent remonte à 1905, lorsque l’homme d’affaires Henry Flagler, magnat des chemins de fer, envisage une ligne ferroviaire pour désenclaver l’archipel. Mais un ouragan dévastateur balaye la région en 1906, anéantissant le chantier. Pourtant, l’idée ne meurt pas. En 1912, une route remplace le rail, et le destin des Keys bascule : d’îles isolées et méconnues, elles deviennent une destination prisée des voyageurs. Les vestiges de l’ancienne voie ferrée, aujourd’hui submergés, servent désormais de refuge aux poissons et aux plongeurs en quête de sensations.
Pêche, épaves et tortues : l’autre visage des Keys
En plus de son attrait terrestre, l’archipel est réputé pour ses trésors sous-marins. Direction la marina de Key Largo, où l’on découvre une histoire moins reluisante : « Selon les histoires qui se racontent, dès qu’un bateau s’échouait, les habitants des Keys prenaient leurs embarcations et venaient piller tout ce qu’ils pouvaient. C’étaient des sortes de pirates », raconte Dan Dawson, moniteur de plongée et propriétaire d’Horizon Divers. Cette réputation de « naufrageurs » a laissé des traces dans la culture locale, aujourd’hui revisitée pour le tourisme.
Plongeurs et pêcheurs affluent vers les fonds marins pour explorer la route des épaves. « Nous sommes sur une barrière de corail proche de la surface. Il y a cent ans, il n’y avait ni phare ni repère. C’est pourquoi les bateaux s’échouaient souvent à cet endroit », explique un guide. Parmi les vestiges, une épave de plus de 100 mètres, son ancre encore visible dans le sable, abrite désormais une tortue marine. Les eaux cristallines des Keys abritent des milliers de ces reptiles, faisant de l’archipel leur royaume.
Les pêcheurs, eux, misent sur la patience. « Beaucoup de poissons chassent sous ce pont. Ils utilisent des piliers pour embusquer leurs proies », indique Chad, un pêcheur local et influenceur. Une fois la prise faite, il suffit de rouler jusqu’à l’île suivante pour la déguster dans un restaurant, où un chef la prépare au plus frais. Une expérience culinaire qui résume l’esprit des Keys : simple, authentique et gourmand.
Key West, ultime étape : entre art, culture et influences cubaines
Au bout de la route se trouve Key West, un village d’artistes aux palmiers emblématiques. Lieu de prédilection d’Ernest Hemingway, il attire aujourd’hui des visiteurs du monde entier. « Ici, l’ambiance n’est plus tout à fait américaine ; Cuba est à seulement 150 kilomètres, mais il faudra prendre un voilier pour continuer la route », souligne le reportage. La proximité avec l’île de Cuba se ressent dans l’architecture, la cuisine et même l’accent des habitants, un mélange unique qui fascine les touristes.
Les Français expatriés comme Alexandra Bellion, tenancière du Café Moka, y ont trouvé un havre de paix. Avec son mari, elle a quitté le sud de la France il y a 18 ans pour tenter l’aventure américaine. « On avait envie de venir vivre aux États-Unis. On est du sud de la France, donc les Keys, c’était un petit peu l’endroit au milieu quoi. On a ce petit côté village qu’on aime vraiment beaucoup », confie-t-elle. Son établissement, réputé pour ses croissants aux amandes, est devenu une référence aux États-Unis, avec des livraisons jusqu’à New York. « Entre le croustillant des amandes et la douceur du croissant, le mélange est parfait. Je n’ai même plus besoin d’aller en France pour le goûter », témoigne une cliente.
Quatre-vingts kilomètres de route, 47 ponts, et une histoire qui oscille entre aventure humaine et caprices de la nature : la route des Keys est bien plus qu’un simple axe routier. C’est une invitation à découvrir la Floride autrement, entre défis passés et rêves encore à vivre.
Un pêcheur comme Chad commence généralement par repérer les zones propices près des piliers des ponts, où les poissons se regroupent. Il utilise des leurres ou des appâts naturels, puis attend patiemment que le poisson morde. Une fois la prise réalisée, il peut soit la garder pour la cuisiner lui-même, soit la faire préparer dans un restaurant local, où un chef la transforme en plat frais en quelques minutes.